Avez-vous l’esprit « petit banc » ?

Je lisais récemment l’interview d’un certain Peter Thiel, entrepreneur à succès dans les technologies : il a fondé la société Paypal, investi dans Facebook [1] et dans de nombreuses autres sociétés au développement fulgurant.

Résultat : $$$$$$.

Mais à 48 ans, ce multimilliardaire a un problème. Il est très angoissé par l’idée de la mort (en tout cas de la sienne) et compte bien employer quelques-uns de ses millions pour repousser cette échéance qui demeure, malgré le progrès, obligatoire.

« Pour vivre très vieux et en bonne santé, dit-il, nous avons besoin de technologies et d’innovation ».

Ah ?

…Tant pis si je vous parais un peu présomptueux (après tout je n’ai pas réussi le dixième du centième de ce que cet homme a fait) mais je dois dire que je ne suis PAS DU TOUT d’accord avec lui.

Je crois que pour vivre longtemps et en bonne santé, nous avons déjà toute la technologie dont nous avons besoin.

Elle ressemble à peu près à ça (il y a de nombreuses variantes selon les régions) :

 

petit banc

 

Oui, c’est un petit banc.

Et là, je vois d’ici vos yeux écarquillés : « Gabriel Combris, nous réclamons des explications !!!! »

Alors les voici.

Il se trouve que je connais une « bande » de 5-6 retraités rigolards et gouailleurs qui se retrouvent sur un banc situé à l’entrée d’une plage de Vendée. Je les appelle les amis du petit banc.

Tous les jours après le déjeuner, lorsque le temps n’est pas trop mauvais, ils viennent se serrer les uns à côté des autres comme des oiseaux sur un fil téléphonique, pour admirer la vue, respirer les embruns, sentir le vent et le soleil sur leur visage.

Et surtout rigoler ensemble.

Je viens les saluer quand je suis en vacances. Les années qui passent se lisent (un peu) sur leur visage, mais elles ne semblent pas leur abîmer le moral. Ils sont toujours aussi joyeux, aussi contents de se retrouver sur leur banc.

Et même s’ils n’ont rien demandé à personne, il se trouve que la science leur donne mille fois raison : le petit b(l)anc, c’est excellent ! Voici pourquoi…

Donne confiance dans l’avenir

Dans le milieu de la santé naturelle, on parle souvent de l’île d’Okinawa, « l’île aux centenaires ».

Il est vrai qu’il y a de bonnes raisons à cela. Les habitants de l’archipel d’Okinawa, au Japon, ont 5 fois moins de cancers du sein et de la prostate que nous [2].

Mais ce n’est pas tout :

  • Ils ont un risque 2 fois plus faible de cancer des ovaires et du côlon [3].
  • 3 fois moins de démences que dans le reste du Japon et aux USA [4].
  • 2 fois moins de fractures du col du fémur que les Occidentaux [5].
  • Et un risque 5 fois plus faible d’accident cardiaque [6] !!

Ils détiennent le record mondial du nombre de centenaires, et le record mondial du nombre de centenaires en bonne santé.

C’est leur mode de vie entier, de leur alimentation à l’exercice physique, de leur façon de respirer à celle de « gérer » leurs émotions qui explique ces étonnants résultats.

Mais je voudrais aujourd’hui insister sur un autre élément fondamental qui les caractérise : ils cultivent l’art d’entretenir entre eux de bonnes relations sociales.

À Okinawa, la vie sociale est enrichie par une institution typique, le « moai ». C’est une sorte de « club » dans lequel on est inscrit pour toute la vie, dès le plus jeune âge.

Les membres se rencontrent chaque semaine pour être ensemble, rigoler, chanter ou partager le thé.

L’objectif à l’origine était de régler des problèmes pratiques de la vie en communauté. Mais rapidement, les moai sont devenues des familles étendues, dans lesquelles chaque membre sait qu’il pourra s’appuyer sur les autres en cas de difficulté.

Le chercheur Dan Buettner mentionne le cas de deux femmes qui faisaient partie du même moai depuis 98 ans [7]. À 102 ans, elles continuent à se voir, à boire du saké. Il leur arrive bien sûr de se chamailler, mais elles savent qu’à la moindre difficulté, elles pourront compter l’une sur l’autre.

Et cela change tout ! Cela donne une grande confiance dans la vie et dans sa propre capacité à affronter les épreuves.

Le « yuimaru », la solidarité, est une valeur clé à Okinawa. Pas simplement un slogan de politicien en manque d’inspiration (suivez mon regard…)

Il s’agit d’un système dans lequel chacun partage et aide les autres (Yuimaru signifie littéralement : s’entraider). Ce soutien est moral mais aussi matériel : dans le cas où une famille se trouverait dans le besoin, une cagnotte du village, à laquelle tout le monde cotise, peut être cassée pour aider.

Sur l’île d’Okinawa, on peut lire ce dicton gravé sur de vieilles stèles : « quand tu as 90 ans et que la mort vient te chercher, renvoie-la, dis-lui que c’est trop tôt. »

Alors qu’en France, c’est vrai, nous n’avons pas le « moai ». Mais nous avons des petits bancs.

Asseyez-vous dessus, éteignez votre portable. Si quelqu’un vous rejoint, lancez la conversation.

Ainsi démarrent parfois les amitiés sincères, désintéressées. Des relations qui, comme des pierres jetées dans l’eau, déclenchent une succession d’ondes positives.

Le plus efficace des antidouleurs

Des mots, tout ça ? Non. Des chercheurs de l’Université d’Oxford ont voulu par exemple comprendre ce qui déterminait notre seuil de résistance à la douleur.

Leur conclusion ? Il ne s’agit ni de notre âge, ni de notre constitution, encore moins de notre niveau de revenus… mais de l’étendue de notre cercle d’amis.

« Plus on est entouré d’amis, mieux on résiste à la douleur » déclare Katerina Johnson, qui a mené l’étude [8].

Et cela est dû à un mécanisme chimique : le fait de voir des amis permettrait au cerveau de sécréter de l’endorphine, l’hormone du plaisir, également efficace pour combattre la douleur. Si efficace, en réalité, qu’elle serait plus performante à ce niveau que la morphine, la molécule considérée comme l’antidouleur par excellence.

À l’inverse, les gens ayant peu d’amis sont plus sujets au stress. Et n’essayez pas les réseaux sociaux sur Internet : le production d’endorphines ne fonctionne qu’en situation réelle !

Surtout, ils se marrent !

Être bien ensemble, c’est le premier secret de longévité des amis du petit banc. Mais ils ont aussi une autre qualité essentielle : ils rient, et c’est excellent pour la santé !

Mais savez-vous qu’il existe deux sortes de sourire ?

Le premier est appelé par les psychologues le « sourire Duchêne », du nom de Guillaume Duchêne, le premier à l’avoir observé.

Les coins de votre bouche remontent et la peau autour de vos yeux se plisse, comme une « patte d’oie ».

Les muscles qui font cela, appelés orbicularis oculi et zygomaticus, sont extrêmement difficiles à contrôler de façon consciente. Le sourire Duchêne est le vrai sourire, celui que vous faites quand vous êtes authentiquement heureux.

L’autre sourire est appelé par les psychologues « sourire Pan American », du nom de la défunte compagnie aérienne américaine. Le sourire Pan American est le sourire figé de certaines hôtesses de l’air. Ou des présentateurs de télévision (suivez mon regard…)

Avec de la pratique, les psychologues peuvent distinguer d’un coup d’œil, sur les photos, les sourires Duchêne des sourires Pan American. Deux chercheurs de l’Université de Berkeley, en Californie, ont étudié les photos de 141 classes d’élèves des années 1950.

Environ la moitié d’entre eux avaient le sourire Duchêne (le vrai sourire). En enquêtant sur ces personnes des décennies plus tard (à l’âge de 43 et 52 ans), ils se sont aperçus que les personnes qui avaient un sourire Duchêne avaient, en moyenne, plus de chances de s’être mariées, d’être restées mariées, et d’avoir connu des périodes prolongées de bonheur sur la période de trente ans après leur photo de classe !

Très intéressant aussi, ils se sont aperçus que ces personnes n’étaient pas plus jolies en moyenne que les autres. C’était bien le fait d’être souriant, et non d’avoir un beau visage, qui annonçait les plus grandes chances de se marier et d’être heureuses dans leur couple [9] !

Sourire relaxe l’organisme, réduit les hormones du stress, abaisse la tension artérielle et protège contre les maladies cardiaques.

Mieux : le sourire renforce le système immunitaire. Il aide même votre corps à produire les lymphocytes T qui attaquent les cellules cancéreuses [10]. À tel point que l’hôpital chinois de Guangzhou a incorporé la thérapie du sourire dans son protocole de lutte contre le cancer !

La prochaine fois que vous asseyez sur un banc, pensez-y. Je suis sûr que ça vous fera sourire !

Santé !

Gabriel Combris




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4 réponses à “Avez-vous l’esprit « petit banc » ?”

  1. thomas bernadette dit :

    merci pour le conseil
    Il n’est pas suffisamment utilisé dans le monde …

    Moi,j’essaye de le pratiquer,et j’ai 80 ans

  2. DUCHET dit :

    Bonjour Mr Combris
    Merci pour ce sujet  » le petit banc  » , je partage votre avis totalement MAIS …..Je dois ajouter pour en avoir fait l’expérience que 9 fois sur 10 j’attends vainement qu’une personne vienne s’asseoir auprés de moi …elle cherche plutôt un autre banc VIDE …..
    Quand à sourire , je pense le faire facilement mais rares sont ceux qui y répondent .
    Les femmes me détaillent d’un air dubitatif , les hommes pensent que je drague !!!!
    Voilà cher Monsieur c’était juste quelques mots …
    Merci pour vos lettres pleines de bon sens et d’amour aussi
    Suzanne

  3. Roger FERON dit :

    Binjour Gabriel,
    Et merci pour ce mail par lequel je me sens particulièrement concerné. En effet, je travaille depuis un an à l’accueil d’une administration qui reçoit des gens en difficulté professionnelle et, parfois, en grande détresse. Mon travail consiste à les accueillir et à les orienter. Je m’efforce de le faire avec le sourire, bien sûr. Un sourire Duchêne, plutôt que PanAm ; je n’ai vraiment pas un look d’hôtesse de l’air !
    Je rencontre ainsi tous les jours des gens que je trouve formidables, selon mes critères à moi, et que je m’efforce d’aider le mieux et le plus efficacement possible. Et je suis entouré de collègues formidables, également.
    Les usagers que je reçois me remercient régulièrement pour la qualité de mon accueil et ma gentillesse. Le mot qui revient le plus souvent dans leurs remerciements est « sourire ».
    Je souris donc tous les jours à des gens que je ne connais pas mais que je suis content de voir.
    Et bien je n’ai souffert d’aucune maladie de saison depuis que j’ai commencé, en septembre 2015.
    Merci, donc, pour ces explications qui me permettront de sourire donc avec encore plus de plaisir puisque c’est bon pour la santé !
    Très sincèrement.
    Roger

  4. Sylva Jog dit :

    Super article. Je partage votre analyse. Ma maman n’a pas de petit banc…plus d’amies, ni de contacts extérieurs et je vois bien qu’elle laisse sa vie partir car elle n’a plus la joie et les échanges qu’on peut avoir quand on a des copines avec qui discuter… Si seulement il y avait un petit banc pour elle aussi !

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