Alimentation : vive le marketing !

Et aussi : Le diable en blouse blanche, La plante préférée des voleurs, et Une question… embarrassante !

Si seulement les experts en marketing mettaient la même énergie à vendre des légumes plutôt que des sodas, des barres chocolatées ou des yaourts, le monde serait dans une santé éclatante !

Une étude a en effet mesuré l’impact des « astuces » des pros du marketing lorsqu’on les utilise pour favoriser la consommation de légumes [1].

Sexy, le brocoli !

Cette étonnante étude s’est déroulée dans une cafétéria universitaire où des chercheurs ont utilisé quatre « catégories lexicales » pour décrire les plats de légumes :

1 – Catégorie « normale » : une carotte est présentée simplement comme une « carotte », sans qualificatif particulier.

2 – Catégorie « défensive » : des haricots sont décrits comme étant à « faible teneur en glucides ».

3 – Catégorie « positive » : les carottes sont vantées comme « hautement antioxydantes ».

4 – Catégorie « émotionnelle » : les échalotes sont « croustillantes », les haricots « délicieusement épicés » et les carottes, « croquantes à souhait ».

Il s’agissait des mêmes légumes, seule l’appellation changeait.

Verdict : le marketing casse la baraque !

L’appellation « émotionnelle », celle qui fait le plus appel à l’émotion gustative, a entraîné 25 % de consommation en plus par rapport à l’appellation « normale », 35 % par rapport à l’appellation positive, et 41 % de plus par rapport à celle qui insistait sur une vision plus défensive du nutriment.

Et les personnes qui choisissaient le légume à l’appellation « émotionnelle » avaient tendance à davantage remplir leur assiette.

Lorsque les produits sont bons, après tout, quel mal y-a-t-il à leur faire une belle publicité ? Aucun.

Et lorsqu’ils sont désastreux pour la santé, eh bien… il faut le dire aussi ! C’est d’ailleurs le deuxième sujet de notre lettre d’aujourd’hui.

C’est Méphistophélès en blouse blanche !

Je veux en effet vous parler d’un médicament prescrit en injection contre l’ostéoporose, le dénosumab (connu en France sous le nom de Prolia) [2].


Des médecins suisses ont récemment publié un article où ils expliquent avoir observé des fractures « spontanées et multiples » chez des patientes, juste après l’arrêt du médicament.

La perte osseuse, contenue lors du traitement avec le dénosumab, semble rattraper le temps perdu, et même s’accélérer lorsque la prise s’arrête.

En 2016, neuf patientes suivies par le CHUV de Lausanne ont cumulé à elles seules 50 fractures spontanées et multiples, toutes intervenues peu de temps après l’arrêt du traitement, sans qu’il y ait eu ni choc ni accident.

« L’arrêt du dénosumab, écrivent les médecins, s’accompagne d’un effet rebond sévère, caractérisé par une augmentation des marqueurs du remodelage osseux, une diminution rapide des valeurs de densité osseuse et un risque de fractures vertébrales multiples spontanées. »

Les patients auxquels a été prescrit le dénosumab sont condamnés à subir régulièrement des injections, sans quoi leur squelette se détériorera à vitesse grand V.

En une année, leur perte osseuse serait telle que leur colonne vertébrale serait gravement fragilisée !

Mais l’histoire ne s’arrête pas là : puisque les problèmes arrivent avec l’arrêt du médicament, il n’est pas question de le retirer du marché ! Et l’on va donc pouvoir continuer à le prescrire !! Ce n’est plus un cercle vicieux, c’est Méphistophélès en blouse blanche, cette histoire.

Pour une protection osseuse sans effets secondaires, je vous renvoie à ma précédente lettre sur le sujet (cliquer ici), à laquelle s’ajoutent les excellents conseils du Dr Dominique Rueff au sujet de l’association des vitamine D et K2 (ménaquinone-7) pour renforcer les os et les articulations.

« La ménaquinone-7 est utilisée au Japon depuis 1995. Elle régule la production du calcium en activant :

  • Une protéine spécifique responsable de l’optimisation de la liaison du calcium à la structure osseuse indispensable à la construction de l’os par les ostéoblastes qui produisent « l’hormone spécifique du tissu osseux » : l’ostéocalcine.
  • En contribuant à la répartition du calcium au niveau du tissu osseux et des dents.
  • En empêchant le calcium de se déposer sur les parois des vaisseaux sanguins, contribuant ainsi la santé cardiovasculaire.

Attention toutefois, si votre médecin vous a prescrit des anticoagulants de formulation « anti-vitamine K », car la vitamine K (pour koagulation, en allemand) participe à la synthèse de certains facteurs de coagulation dont le facteur II (prothrombine) et sa transformation en thrombine » [3].

Et n’oubliez pas que la meilleure façon de renforcer notre ossature réside dans les différents mouvements que nous effectuons quotidiennement.

Contre l’ostéoporose, rien ne remplace donc… l’activité physique ; elle stimule la minéralisation et accélère la formation osseuse. Pratiquez régulièrement des exercices qui sollicitent au maximum vos membres, comme la musculation, le vélo, le jogging etc.

La légende des quatre voleurs

Connaissez-vous la merveilleuse légende de la sauge et des quatre voleurs ?

Je dis « merveilleuse » parce qu’avec l’histoire de certaines plantes médicinales comme la sauge, on vit, on respire, on s’aventure… En bref, le fabuleux est au coin de la feuille ! C’est autre chose que les lignes sans joie du Vidal, le dictionnaire médical. Mais bref…

Nous voilà donc à Toulouse, vers 1630, époque où frappa une terrible épidémie de peste. Quatre voleurs se lancèrent alors dans le pillage des maisons contaminées et le détroussage de cadavres.

Et le plus stupéfiant est que, malgré les risques, jamais ils ne succombaient au mal. La peste ne pouvait rien contre eux.

Seulement dans notre bas monde, vous le savez, « le crime ne paie pas », et les autorités finirent par leur mettre la main dessus.

Avant de condamner à mort les quatre voleurs, on réussit à leur faire avouer leur secret : ils se frottaient le corps d’un vinaigre où avait macéré de la sauge en compagnie de thym, de lavande, de romarin, plantes dont on découvrira plus tard qu’elles sont effectivement antiseptiques.

Pour la sauge, le naturopathe Nicolas Wirth invite cependant à ne surtout pas se limiter à ces seules vertus.

« La sauge est également intéressante pour traiter toutes sortes d’infections chroniques ou même aiguës, en complément d’autres traitements. »

« À cela s’ajoutent ses bienfaits sur le système hormonal féminin. Elle accompagne la période de ménopause ou régule différents déséquilibres hormonaux. Elle diminue les bouffées de chaleur ou fait venir les règles en cas d’aménorrhée. Chez certaines femmes, elle calmera les douleurs des menstruations et harmonisera les cycles. »

On peut bien sûr consommer la sauge en aromate, mais elle est aussi agréable à boire en tisane. (Précaution : ne pas utiliser la sauge chez la femme enceinte ou allaitante, en cas de terrain épileptique ou d’antécédent de cancer hormonodépendant).

Pour des troubles infectieux ou pour un effet tonique général et sur la digestion, on la prépare avec une concentration de 20 g de plante par litre. Trois tasses par jour après les repas jusqu’à 2 ou 3 semaines.

Pour les bouffées de chaleur, boire une tasse chaque soir jusqu’à disparition. En teinture alcoolique, consommez 5 à 15 gouttes à chaque prise durant les mêmes périodes.

Les bains de sauge (un bouquet dans la baignoire) ont d’excellentes vertus toniques et excitantes, c’est idéal le matin pour les personnes fatiguées ou neurasthéniques.

On comprend mieux cette citation attribuée aux médecins de l’Ecole de Salerne, célèbre au Moyen-Âge : « Pourquoi meurt-il, l’homme dont la sauge pousse dans le jardin ? »

Oui, pourquoi ? À cette question nul n’a encore répondu. Et je dirai que c’est très bien ainsi…

Santé !

Gabriel Combris




Sur le même thème, vous aimerez sans-doute ...


Le jogging inefficace pour perdre du poids Egalement : Vos vrais besoins en calcium, Méthode étonnante contre les mycoses, Une petite réflexion qui nous vient de...
Visite au supermarché, rayon arnaque Il existe dans les supermarchés un rayon invisible et pourtant omniprésent. C’est le rayon « arnaque ». Arnaque sur l...
La santé commence avec l’ail… L’ail, c’est un peu comme un vieil ami dont on est sans nouvelles. Lorsque cela fait trop longtemps qu’il a disparu d...

[1] Bradley P. Turnwald, Danielle Z. Boles, Alia J. Crum. Association Between Indulgent Descriptions and Vegetable Consumption: Twisted Carrots and Dynamite BeetsJAMA Internal Medicine, 2017; DOI: 10.1001/jamainternmed.2017.1637
[2] Dénosumab en routine clinique: précautions à prendre avant, pendant et après
[3] Journal de la Médecine Anti-Âge, N°13

6 réponses à “Alimentation : vive le marketing !”

  1. LAURENT dit :

    je voudrais savoir à propose du Prolia, depuis combien de temps les personnes l’utilisaient ? je n’ai pu accéder qu’au début de l’étude du CHU sur le site de formation du CHU.
    Merci de votre réponse.

  2. Alice HA dit :

    Joyeux Noël et excellentes fêtes à vous, votre grande famille , et votre équipe , Pure Santé !

  3. PROVOST Bernadette dit :

    Mon dicton sur la sauge est différent : Qui possède de la sauge dans son jardin , de médecin n’a nul besoin !

  4. PROVOST Bernadette dit :

    Pour la sauge, mon dicton est différent : Qui dans son jardin a de la sauge, de médecin n’a pas besoin!

  5. Mestr dit :

    Vous oubliez de préciser que la sauge est hypertensive …c est pourtant plus qu important

  6. kuhn dit :

    bonjour, abonnée depuis plusieurs années, est il possible de recevoir gratuitement votre dossier spécial « réussir sa ménopause en 8 semaine » sans devoir se désabonner-réabonne?r
    merci pour votre réponse
    Dr Danielle Kuhn

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *