Remèdes « ringards » contre l’anxiété

Plus la technique avance, plus il semble que le stress, la détresse, l’anxiété deviennent les incontournables compagnons de la « société du progrès ».

Cette société où le « bonheur c’est d’avoir, d’en avoir plein nos armoires » comme dit le chanteur Alain Souchon, est aussi celle des armoires… à pharmacie, bourrées de tranquillisants.

En France, pour la seule année 2010, ce sont 134 millions de boîtes de Valium, Xanax, Lexomil, Lysanxia etc. qui ont été vendues.

Et devant les risques qu’entraîne un tel niveau de consommation, pardon, mais il n’y a aucune raison de rester « tranquille » :

  • Une étude canadienne publiée en 1987 [1] a mis en évidence que l’utilisation de benzodiazépines de façon régulière pendant une période de trois mois ou plus« favorise la dépendance pharmacologique ».
  • Une étude publiée récemment dans le British Medical Journal montre que, chez les plus de 66 ans, une consommation de ces molécules pendant plus de 3 mois augmente de 51 % le risque de développer une maladie d’Alzheimer.

Ces médicaments doivent être normalement utilisés sur une période n’excédant pas 3 mois pour les anxiolytiques et 4 semaines pour les hypnotiques. Or, en France, la durée moyenne de ces traitements est de… 7 mois !

  • Dans une publication de 2016 [2], le Dr Daniel Kripke, de l’Université de Californie (San Diego), s’est appuyé sur les dernières informations relatives à l’épidémie croissante de surdoses aux États-Unis, et huit nouvelles études épidémiologiques. Verdict : « Les hypnotiques semblent être causalement liés à des maladies graves et des décès prématurés du cancer, des infections graves, des troubles de l’humeur, des blessures accidentelles, des suicides et des homicides. »

Pour faire simple, on peut se contenter de citer la conclusion de son étude :

« L’utilisation de médicaments hypnotiques est associée à un risque grandement accru de mortalité toutes causes confondues. »

La consommation de tranquillisants, c’est du très sérieux.
Maintenant, ce n’est pas le tout d’enfoncer des portes ouvertes. Le problème est connu depuis longtemps, mais faisons-nous vraiment tout pour envisager d’autres pistes de soin pour retrouver la sérénité ?

J’ai déjà écrit une lettre sur les remèdes naturels contre l’anxiété (vous pouvez la retrouver ici), mais je voudrais aujourd’hui vous parler d’une étonnante expérience menée en Islande.

Il se peut qu’après l’avoir lue, vous disiez : « mais c’est simple comme bonjour ! »

Et pourtant…

Anxiolytiques pour tous !

Nous voici donc à Reykjavik, la capitale islandaise, à la fin des années 90.

À cette époque, une série d’enquêtes sociales met au jour la dérive des jeunes Islandais : plus de 40 % des ados de 15 et 16 ans déclarent avoir bu au cours du mois précédent, un sur quatre fume et 17 % reconnaissent avoir déjà consommé du cannabis – un des taux les plus élevés d’Europe à l’époque.

L’ambiance dans les rues est apocalyptique, comme le note un témoin :

« Quiconque se promenait dans Reykjavik le vendredi ou le samedi soir aurait eu peur ! Les adolescents déambulaient ivres, agressifs, ils étaient bruyants… Cela semblait même dangereux. Toute la société s’est inquiétée, pas seulement les parents [3]. »

Devant une telle situation, il y avait bien sûr la solution Grosse Bertha : anxiolytiques pour tout le monde, des petites pilules pour aider les jeunes à passer leur crise d’adolescence. Royal au bar, c’est le gouvernement qui régale !

Mais ce n’est pas ce qui s’est passé.

Les autorités ont préféré un programme fondé sur l’exigence et le rétablissement d’une plus grande proximité des parents avec leurs enfants.

D’abord, le gouvernement a commencé à engager des mesures répressives, avec l’instauration d’un couvre-feu pour les mineurs, le report de la majorité de 16 à 18 ans, l’interdiction de vente de tabac et d’alcool aux mineurs etc.

Voilà pour la partie « punition ».

Et dans le même temps, tout a été fait pour que parents et enfants retrouvent le bonheur du temps passé ensemble.

Pour les y inciter, chaque famille s’est vu attribuer une enveloppe annuelle de 35.000 couronnes (environ 300 euros) par enfant de 6 à 18 ans pour l’exercice d’une activité extra-scolaire.

Parents et enfants se sont mis à pratiquer ensemble des activités extérieures (pêche, football, bowling, course etc.). À retrouver le plaisir de vivre ensemble et non plus à côté.

Près de vingt ans après le début de ce programme, le pourcentage des jeunes déclarant avoir bu au cours du mois précédent a chuté à 5 %, les fumeurs réguliers sont seulement 3 % et 7 % avouent avoir consommé du cannabis !

Passer du vrai temps ensemble, voilà tout ce qu’ont fait des pères et des fils, des mères et des filles.

Dérisoire, en apparence ?

Peut-être pas tant que ça, à notre époque où la connexion permanente – à un écran, à un métier, à un réseau social – fragilise la relation avec ceux qui nous sont les plus proches.

Dîner en famille, parler de sa journée, faire de l’exercice physique, cultiver le beau, le dépassement de soi, les amitiés sincères etc., tous ces remèdes tout simples en apparence obtiennent sur l’anxiété, le stress et la confiance en soi des résultats formidables.

Ils permettent de retrouver la présence à sa vie.

Je suis sûr que vous aurez à ce sujet vos propres conseils à partager avec les lecteurs de PureSanté. N’hésitez pas à laisser votre commentaire au bas de cette lettre.

Et pour conclure cette lettre avec (aussi) des remèdes plus concrets, je vous propose un « Top 6 des plantes anti-anxiété » que je viens de dénicher dans l’excellente revue Plantes & Bien-Être.

On y retrouve notamment une de mes plantes préférées, l’éleuthérocoque, qui provoque une sensation de bien-être mental expliqué par un effet inhibiteur de la monoamine-oxydase, une molécule également ciblée par certains antidépresseurs.

Accessoirement, l’éleuthérocoque est aussi excellente pour faire des exercices de prononciation 🙂 !

Top 6

Anxiété

 

Nom botanique Partie Indication Forme Posologie Remarques
Passiflore Passiflora incarnata Sommités aériennes Anxiété

Nervosité

Extrait
sec
1 gélule de 500-1000 mg, 2 fois/j Eviter en cas de grossesse
Valériane Valeriana officinalis Racine, rhizome Anxiété

Sommeil

Extrait
sec
1 gélule de 400-600 mg,
2 à 3 fois/j
Prudence en cas de conduite
Eleuthérocoque Eleutherococcus senticosus Rhizome Stress

Bien-être

Récupération

Extrait
sec
500-700 milligrammes le matin Eviter en cas de tension artérielle élevée
Rhodiole Rhodiola rosea Racine Stress

Fatigue nerveuse

Extrait
sec
1 cp de 150-300 mg matin et midi Éviter la prise en soirée
Lavande vraie Lavandula angustifolia ssp angustifolia Sommités fleuries Anxiété

Stress

HE 5-10 gouttes dans un diffuseur
Orange amère Citrus aurantium ssp aurantium Feuille HE 5-10 gouttes dans un diffuseur

Santé !

Gabriel Combris




Sur le même thème, vous aimerez sans-doute ...


Des cancers du sein chez les HOMMES : merci qui ? Dire que je n’avais RIEN VU ! Malgré un suivi méticuleux de l’actualité de la santé, l’information m’était littéralem...
Sucre : appel à la résistance ! Le sucre peut faire de vous quelqu’un de plus agressif, de plus violent, de plus dangereux. Cela paraît difficile à c...
L’esprit cosaque Aujourd’hui je vais vous donner un conseil de santé un peu spécial. Il ne s’agit pas de vous (re)mettre au sport, d’a...

[1] Blais D, Pharm B, Pharm LP. Benzodiazépines: dépendance et approche thérapeutique pour un retrait graduel. Can Fam Physician. 1987 Nov;33:2545-8.

[2] Kripke DF. Hypnotic drug risks of mortality, infection, depression, and cancer: but lack of benefit [version 1; referees: 2 approved]. F1000Research 2016, 5:918.

[3] Comment l’Islande a-t-elle rendu ses ados « clean » en quelques années ?

7 réponses à “Remèdes « ringards » contre l’anxiété”

  1. CARDOT Élise dit :

    Bonjour,je prends depuis 15 ans 4mg de risperdal par jour en plus je prends du brintellix 20mg :un par jour(antidépresseurs,)et 3 lysanxia, ,10 ,mg par jour.en plus de la simvastatine ,20mg un cachet par jour depuis ,6 ans alors que mon cholestérol n’est pas trop élevé.j’aimerais au moins remplacer ce cachet par de la levure de riz rouge,médicament qui s’appelle actibiota(plus naturel)est_ce possible ?dois_je en parler à mon docteur? Quant au risperdal qu’on m’a prescrit parce que je déprimais,je ne peux plus l’arrêter.j’ai déjà essayé et j’étais perdue.alors que faire?j’ai 55 ans et je vois bien que je n’ai pas la forme escomptée pouvez_vous m,’aider svp car je vois bien que je ne pourrai pas vivre trés longtemps comme ça !

  2. DENIS Josette dit :

    Bonjour, je prends du TEMESTA 2..50mg depuis 6 mois
    Cette molècule ne me convient pas, j’ai de nombreux effetes indèsirables. Je veux cesser d’en prendre .
    Que dois-je faire ? je pense qu’il y à, une pèriode de sevrage.
    Merci de me dire
    Bien cordialement

  3. PERROT dit :

    bonjour,
    j’ai arrêté mon seroplex depuis un mois et demi car marre d’avaler toutes ces bétises mais je sens que suis fragile car j’ai fait l’erreur de tout planter net.
    d’après ce que je lis il faut prendre du safran du millepertuis du griffonia , mais sous quelle forme
    pouvez vous me donner des conseils svp
    merci beaucoup
    Laurence

  4. philippe Faucheux dit :

    Heureux de lire un article Pure Santé court et sans obligation d’achat pour lire quel est le remède au problème abordé.
    Heureux que Mr Chagneux se porte bien;
    Moins heureux que les labos nous innondent de chimie qui va les boues d’épandage des stations d’épuration, que l’on se partage via la nourriture qu’elles font pousser. Ce qui peut nuire à certaines santé fragile … à qui l’on prescrira peut-être des anxiolytiques (et procurera un travail à certains).
    C’est bien le sangsue de sous de notre DEconomie.

  5. Fournier dit :

    Je ne peux qu’approuver se qui s’est passé en Islande et l’importance primordiale de la relation parents/enfants qui n’est pas au top à l’heure actuelle…

  6. alessandra ore dit :

    Bonjour. je lis avec grand plaisir vos lettres et je suis abonnée à beaucoup de vos publications. Je me pose souvent, en lisant, cette question: est-ce que les remèdes et suggestions que vous prodiguez sont applicables aux adolescents? Car, comme catégorie sort de la dichotomie classique adulte/enfant (à laquelle se rajoute parfois celle de « femme enceinte »), paraît être ignorée, et elle est pourtant très besogneuse de conseils et d’accompagnement!!

  7. Chagneux dit :

    Bon pieds bonne oeil et pourtant prends des anxiolitiqes depuis plus de 30 ans,et ne peut m’en passé et j’ai 86 ans’et tout essayé sans resultat voilà, et tout va bien pour le moment

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *