Des cancers du sein chez les HOMMES : merci qui ?

Dire que je n’avais RIEN VU !

Malgré un suivi méticuleux de l’actualité de la santé, l’information m’était littéralement passée sous le nez…

Heureusement, les laboratoires Cellinov ont rappelé dans une lettre d’information récente les risques liés à la prise de Finastéride, un médicament utilisé pour soigner l’hypertrophie bénigne de la prostate (HBP) ou encore la calvitie [1].

Le Finastéride peut en effet entraîner :

  • Des troubles psychiatriques sévères : troubles de l’humeur, dépression allant jusqu’aux tendances suicidaires.
  • Des troubles sexuels durables : diminution de la libido, problèmes d’érection, troubles de l’éjaculation.

Mais accrochez-vous bien car il y a encore plus grave.

L’Agence nationale de sécurité du médicament indique que des cas de cancers du sein ont été observés chez des hommes traités au Finastéride.

Des cancers du sein chez l’homme ! Alors là, c’est le pompon, la double peine dans toute sa splendeur : non seulement ce traitement fait pousser les seins des hommes, et comme si ça ne suffisait pas, il les expose à un risque sérieux de développer un cancer !

Bienvenue dans le monde à l’envers.

Du côté de l’agence de sécurité du médicament, on n’a pas l’air de trop s’en inquiéter puisque l’organisme public s’est contenté d’une simple « mise en garde » et que ce médicament reste commercialisé.

Tout juste indique-t-elle que « Le traitement par Finastéride devra être interrompu devant tout symptôme psychiatrique ».
Pour ceux que ce genre de réponse satisfait, vous pouvez arrêter la lecture ici.

Pour les autres, je vais quand même me permettre de rappeler qu’il existe aussi des traitements naturels sans effets secondaires, notamment en cas d’hypertrophie bénigne de la prostate (HBP), et que compte tenu des effets absolument sidérants du Finastéride, on voudra peut-être commencer avec eux…

Soins naturels de la prostate

Pour faire bref, en France, les hommes ne sont peut-être pas égaux devant l’impôt mais devant les problèmes de prostate, là, personne (ou presque) n’est épargné.

D’après l’Association française d’urologie, l’hypertrophie bénigne de la prostate touche à une fréquence de 23 % les hommes de 41 à 50 ans et 82 % les hommes de 71 à 80 ans [2].

Et c’est ainsi qu’on passe d’une prostate qui, à la puberté, a la dimension d’une châtaigne, à une glande qui peut progressivement multiplier sa taille initiale par 3 ou 4, parfois plus [3].

Toutes les raisons de cette évolution qui demeure, selon la Haute autorité de santé, un « état de la nature » plus qu’une pathologie3, ne sont pas établies avec certitude, mais voici les principales :

  • La première est la présence en excès d’une substance appelée dihydrotestostérone (DHT) qui agit comme agent prolifératif des cellules de la prostate [4]. La DHT est produite à partir de la testostérone, grâce à une enzyme nommée 5-alpha réductase. De nombreuses thérapies conventionnelles s’efforcent donc de l’inhiber.
  • Deuxième explication de la croissance des cellules de la prostate : l’insuline [5]. Or, les situations d’hyper insulinémie (taux de sucre trop élevés dans le sang) dues à des repas trop glycémiques sont de plus en plus courantes.
  • La troisième raison est une conversion trop importante de testostérone en œstradiol, hormone présente chez l’homme en petite quantité. Un rapport œstrogène/testostérone trop élevé pourrait être impliqué dans le développement de l’HBP [6]. Une enzyme en particulier favorise la conversion de testostérone en œstrogènes : l’aromatase.

Protéger sa prostate commence, comme presque toujours, par l’alimentation, avec une réduction de la charge glycémique, en supprimant le plus possible féculents et sucres.

Une alimentation riche en légumes réduit les risques d’hypertrophie de la prostate, en particulier si les légumes sont riches en antioxydants – bêta-carotène, lutéine, vitamine C, etc. (5bis).

Mangez une grande variété de légumes et de fruits bio de saison et de couleur variée.

Sur le sujet, le débat sur le soja fait rage.

Plusieurs études ont pourtant montré que les isoflavones du soja, en particulier la génistéine et la daidzéine, sont bénéfiques : ils participent à la diminution des taux de PSA (antigène spécifique de la prostate [7]) et de testostérone libre, et limitent ainsi la croissance des cellules de la prostate [8]. Ils inhibent aussi l’activité de la 5 alpha-réductase [9].

Préférez les produits à base de soja fermenté, mieux tolérés par votre système digestif, et qui sont également les formes traditionnelles consommées par les populations asiatiques : tamari, tempeh, miso et natto.

Les graines de lin, les pépins de courge ou le lycopène (qu’on trouve en abondance dans les délicieuses tomates), réduisent les symptômes urinaires associés à l’HBP, avec des effets similaires aux médicaments inhibiteurs de l’enzyme 5 alpha-réductase.

Des herbes et des épices anti-inflammatoires comme le curcuma, la sariette, l’origan ou le gingembre sont également très utiles pour calmer toute inflammation à bas bruit qui pourrait agir comme facteur de risque sur la prostate.

Elément essentiel pour la prostate

Plus il y a de zinc dans les cellules de la prostate, moins elles grossissent.

Le zinc entraîne un phénomène d’apoptose (suicide des cellules) qui permet de diminuer légèrement le volume de la prostate.

Cet effet apoptotique est dû à l’induction par le zinc d’une autorégulation des gènes de croissance cellulaire dans les mitochondries [10].

À noter que le zinc participe lui aussi à inhiber la transformation de la testostérone en DHT (la substance qui cause la croissance de la prostate).

Par ailleurs, l’huître, qui est l’aliment le plus riche en zinc qu’on trouve dans la nature, est aussi considérée comme « le champion des aphrodisiaques ».

Sans surprise, l’exercice physique est lui aussi un pilier de la prévention.

Une station assise pendant de longues périodes exerce une pression excessive sur le plancher pelvien.

Si vous travaillez assis devant un ordinateur, faites régulièrement des pauses afin de vous dégourdir les jambes, faites une courte marche de 5 minutes autour de votre lieu de travail si vous le pouvez, et prenez les escaliers plutôt que l’ascenseur si vous devez gravir des étages.

Pratiquez un sport d’une manière régulière, ce qui réduira vos facteurs de risque. Attention si vous faites du vélo, sport qui exerce une forte pression sur le plancher pelvien : il faut pratiquer en utilisant une selle spécialement conçue pour soulager la pression sur la prostate.

Le palmier nain réduit les symptômes de 50 % !

Lorsque l’hypertrophie de la prostate est déjà déclarée, le palmier nain, également appelé sabal, est probablement le remède naturel que vous voudrez essayer en tout premier lieu.

Il faut dire que le palmier nain a un long passé d’utilisation clinique – ses premières mentions remontant aux années 1800 – et des études ont montré qu’il avait une meilleure efficacité que le Finastéride [11].

Une étude récente a même démontré que 320 mg d’extrait de palmier nain par jour réduisent les symptômes de HBP de 50 % après 8 semaines d’utilisation [12].

Reste à savoir si cela peut être vrai… pour vous.

Pour cela, faites une cure de palmier nain pendant une période de deux mois et notez la fréquence et l’intensité des symptômes dans un journal (nombre de fois où vous vous levez pendant la nuit, par exemple). Ceci vous permettra de conclure au bout de deux mois sur l’efficacité de la plante dans votre cas.

Pour une meilleure efficacité, je vous conseille de combiner le palmier nain avec la racine d’ortie (240 mg), reconnue par la commission E allemande pour soulager les douleurs urinaires de l’HBP.

Éviter d’aller aux toilettes dix fois dans la nuit

Le prunier d’Afrique (Pygeum africanum), particulièrement populaire en France pour les problèmes de prostate, a fait l’objet de plusieurs études cliniques qui démontrent un soulagement des symptômes urinaires associés à la HBP, notamment une diminution de 19 % de l’urination nocturne grâce à cette plante.

Cela veut dire que si vous vous réveillez cinq fois par nuit, ce sera toujours une fois de moins.

Mais le problème est que cet arbre est classé comme espèce menacée et que la collecte, qui se fait dans le sauvage aujourd’hui au Cameroun, en Guinée Equatoriale et au Kenya, ne pourra pas être soutenue au rythme actuel.

Pour le remplacer, je vous conseille de vous intéresser à une jolie fleur rose, l’épilobe, dont le phytothérapeute allemand Rudolph Fritz-Weiss [13] avait identifié l’effet inhibiteur des prostaglandines, et donc anti-inflammatoire. On peut recommander 30 g par litre d’eau bouillante, à boire pendant la journée [14].

N’en déplaise à l’Agence nationale de sécurité du médicament, voilà quelques-unes des stratégies que l’on peut essayer avant de se risquer au médicament qui transforme les hommes en femmes.

Et pour conclure cette lettre sur une note optimiste, je voudrais souligner l’importance d’hommes comme Fritz-Weiss, dont je viens de vous parler.

C’est parce qu’il y a des amoureux des plantes dans son genre, observateurs, perspicaces, ouverts d’esprit, fondant leurs recherches sur leur intuition autant que sur leur connaissance de la tradition, que la science peut, ensuite, confirmer les propriétés médicales des plantes.

Ce sont des défricheurs, des découvreurs, parfois aussi des lanceurs d’alerte.

Ils permettent au grand public de découvrir en « avant-première » les remèdes que la science validera demain (ou plutôt après-demain) et de profiter au plus vite des bienfaits offerts par la nature.

Dans cette lettre PureSanté, vous savez que je m’efforce le plus possible de les remettre à l’honneur, leur nom ayant souvent, hélas, rejoint les oubliettes de l’histoire.

Vous savez aussi qu’avec un petit groupe de passionnés nous avons créé une revue spéciale, La Pharmacie Secrète de Dame Nature, pour diffuser et faire connaître les découvertes qu’ils nous ont léguées. (Cliquez ici pour en savoir plus).

Je vous invite bien sûr à rejoindre cette marche citoyenne de santé qui a pour but de faire circuler et partager une information qui peut soulager, soigner, que ce soit la prostate ou des dizaines d’autres maladies, et même sauver des vies.

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Merci par avance, et Santé !




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[1] Finastéride : surveiller le risque de dépression et d’idées suicidaires.

[2] Hyperplasie bénigne de la prostate (hbp).

[3] Chute CG, Panser LA, Girman CJ, et al. The prevalence of prostatism: a population-based survey of urinary symptoms. J Urol 1993;150:85-9

[4] Lepor, H. Pathophysiology, epidemiology and natural history of benign prostatic hyperplasia. Reviews in Urology. 2004;6(9):S3-S10.

[5] Vikram A, Jena G, Ramarao P. Insulin-resistance and benign prostatic hyperplasia: the connection. Eur J Pharmacol. 2010 Sep 1;641(2-3):75-81.

[6] Ho CK, Nanda J, Chapman KE, Habib FK. Oestrogen and benign prostatic hyperplasia: effects on stromal cell proliferation and local formation from androgen. The Journal of endocrinology. Jun 2008;197(3):483-491

[7] Dépistage et Diagnostic du cancer de la prostate.

[8] Kumar NB, Cantor A, Allen K, et al. The specific role of isoflavones in reducing prostate cancer risk. Prostate. 2004;59:141-147.

[9] Feng P. et al., Direct effect of zinc on mitochondrial apop- togenesis in prostate cells, Prostate, 2 002 Sep. 1 st, 52 (4) : 311-8.

[10] Chiao JW et al., Ingestion of an isothiocyanate metabolite from cruciferous vegetables inhibits growth of human prostate cancer cell xenografts by apoptosis and cell cycle arrest. Carcinogenesis. 2004 ; 25:1403–1408

[11] Carraro JC, Raynaud JP, Koch G, Chisholm GD, Di Silverio F, Teillac P et al. Comparison of phytotherapy (Permixon) with finasteride in the treatment of benign prostate hyperplasia: a randomized international study of 1,098 patients. Prostate. 1996;29(4):231-242.

[12] Suter A, Saller R, Riedi E, Heinrich M. Improving BPH symptoms and sexual dysfunctions with a saw palmetto preparation? Results from a pilot trial. Phytotherapy Research. 2013; 27(2):218-26.

[13] Rudolf Fritz Weiss wikipedia.

[14] Fournier, Paul-Victor, « Dictionnaire de Plantes Médicinales et Vénéneuses de France », 1947.

8 réponses à “Des cancers du sein chez les HOMMES : merci qui ?”

  1. Vizini dit :

    La finastéride se trouve t-elle dans le médicament CASODEX, que mon frère avait pris après opération de la prostate, il y a 10 ans.Dernièrement, bien qu’il était guér de ce cancer, PSA : 0,18, il est décédé d’un cancer du foie, et insuffisance cardiaque, tout d’un coup, avec au foie une masse de 13,5 cm de diamètre et cela avec un bon appétit et sans vomir, juste une fatigue générale et un amaigrissement terrible. Les médecins n’ont rien pu faire ! Est ce possible ? Merci d’avance pour une réponse de votre part et sincères salutations distinguées..
    Nous aimons Pure Santé et sommes nombreux à vous lire !

  2. clark dit :

    Brigitte Fruchart fait bien de rappeler le problème du soja dans certains cancers du sein. Végétarienne depuis peu, je m’aperçois qu’il y a très souvent du soja dans les produits sans viande; et comme l’agro-alimentaire a trouvé une nouvelle pépite dans le régime végétarien, ils en mettent partout.prudence…

  3. clark dit :

    mon mari commençait à avoir un début de tonsure discrète, mais ne le supportait pas. Il a commencé un traitement: finastéride, En 2 semaines, sa poitrine a commencé à se développer! Il a stoppé net ce médicament et tout est rentré dans l’ordre.

  4. claude dit :

    quand vous parlez d’épilobe , spécifiez laquelle: épilobe à petite fleurs (ni épilobe en épi ni épilobe hirsute, les plus courantes bien sur!); voir « la santé à la pharmacie du bon Dieu » de Maria Treben.

  5. Marie-France Muller dit :

    J’ai vu mes premiers cas de cancer du sein chez des hommes en 1986-87 … donc voici bien longtemps…
    Un traitement naturel méconnu et pourtant tellement efficace: le pollen FRAIS que l’on conserve congelé! A raison de 2-4 cuilerées à soupe par jour à bien laisser fondre en bouche (c’est délicieux, contrairement au, pollen sec), les résultats sont rapides. Mais il convient d’en poursuivre la prise pendant des mois pour un résultat durable en profondeur, en modulant les doses selon les résultats. (Pour plus de détails, voir mon dernier livre « Danse avec les abeilles » aux Editions Trédaniel.)

  6. Véronique Iseli dit :

    Bonjour ! A propos de votre article sur l’HBP, il est dit que le palmier nain est un des premiers recours, pour cette pathologie, dans le domaine de la phytothérapie. Mais qu’en est-il de l’associer à un traitement allopathique déjà prescrit d’anticoagulant, car on peut lire sur d’autres sites internet qu’il y a contre-indication entre la prise de palmier nain (ou saw palmetto) et d’anticoagulant ? Merci de donner votre avis, si possible référencé !

  7. Yves Keruel dit :

    Bonjour
    J’ai 78 ans et je commençais à avoir de l’hypertrophie bénigne de la prostate. Je ne me suis soigné ni avec des médicaments, ni avec des plantes, mais par une séance de fasciathérapie sur le petit bassin ! Incroyable mes vrai ! Cela mériterait une étude plus poussée. Merci.

  8. Brigitte Fruchart dit :

    Bonjour,
    Je tenais juste à vous dire que le soja n’est pas recommandé dans les cas de cancer du sein hormonaux dépendants.
    Il faudrait peut-être aussi le dire dans votre article ?
    Je suis dans ce cas, je n’ai jamais eu le droit de prendre des isoflavones de soja et ma cancérologue m’a même déconseillé de manger des steaks de soja il y a quelques années.
    Bon…cela ne m’empêche toutefois pas d’utiliser de la sauce soja de temps en temps ainsi que des germes de soja.

    Bien cordialement,
    Brigitte Fruchart

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