Plus dangereuse que virus et bactéries réunis

Il existe, pour la médecine chinoise, quelque chose de beaucoup plus dangereux que tous les virus et toutes les bactéries réunis.

Une super maladie ? Un hyper-virus ? Une méga-épidémie ?

Non. Il s’agit de nos émotions

Voulez-vous dormir sur un lit d’orties ?

Pour bien le comprendre, il faut savoir que la médecine chinoise considère nos émotions comme des substances produites par le corps, exactement au même titre que le sang.

Lorsque ces émotions qui circulent en nous sont « contaminées », il est alors logique qu’elles affectent directement notre santé.

Logique aussi que l’une d’elles, particulièrement négative, représente un des plus graves dangers qui nous menace. La colère.

La preuve, lorsqu’on est en colère, les conséquences physiques sont immédiates : le cœur s’accélère, les muscles des bras et des mains se crispent, les joues sont en feu…

Lorsqu’elle est occasionnelle et de courte durée, les effets physiologiques de la colère s’estompent rapidement. Mais lorsqu’elle revient trop souvent, aie… « Les hommes coléreux se font à eux-mêmes un lit d’orties », disait l’écrivain anglais du XVIIIe siècle Samuel Richardson. Et ce n’est pas la science qui le contredit :

  • Parmi les études les plus récentes, des chercheurs américains ont montré en 2014 qu’un tempérament colérique et des accès de colère augmentent le risque de crise cardiaque ou d’AVC [1].
  • Une autre étude australienne a confirmé que la crise cardiaque peut être déclenchée par un accès de colère intense. Les chercheurs concluent même qu’une grosse colère multiplie par 8,5 le risque de crise cardiaque dans les deux heures qui suivent [2].

Sans en arriver là, posons-nous cette question : que sommes-nous capables de faire de bien, d’utile, sous l’emprise de la colère ?

Solutions de « décontamination » des émotions

La médecine chinoise a répondu à cette question il y a plus de 2000 ans, et elle a mis au point des solutions efficaces pour « fluidifier nos émotions », les décontaminer en quelque sorte.

Elle a dessiné une cartographie précise du lien entre le corps et les émotions qui lui permet d’agir non seulement sur la conséquence (un visage rougi par la colère, un estomac noué par l’angoisse), mais surtout sur la cause.

Chacune des grandes aires émotionnelles est « hébergée » par un organe, qui va à la fois l’influencer et subir son influence :

  • le Cœur est associé à la joie et au plaisir
  • la Rate-Pancréas à la méditation et à la réflexion
  • le Poumon à l’anxiété
  • les Reins à la peur

Pour la colère, c’est le Foie.

Cette relation se fait dans les deux sens : l’excès de colère va favoriser des pathologies hépatiques, des douleurs dans les hypochondres (sous le diaphragme), des dysménorrhées chez les femmes… tandis que les dysfonctionnements du Foie nous rendent plus sensibles aux excès de susceptibilité, d’irritabilité, etc.

Pour « fluidifier ses émotions » l’approche de la médecine repose en premier lieu sur l’acupuncture. On peut citer quelques points actifs sur la colère :

  • Le point 21 du méridien de la Vésicule biliaire, Jianjing (puits de l’épaule)
  • Le point 23 du méridien de la Vésicule biliaire, Zhejin (tendons des flancs)
  • Le point 2 du méridien du Foie, Xingjian (séparation mobile)
  • Le point 13 du méridien du Foie, Zhangmen (porte du règlement)
  • Le point 12 du méridien du Vaisseau Conception, Zhangwan (cavité du centre)
  • Le point 14 du méridien du Vaisseau Conception, Juque (grand portail)
  • Le point 8 du méridien du Vaisseau Gouverneur, Jinsuo (spasme du tendon) [3]

L’immense pharmacopée chinoise, ensuite, est riche de formules adaptées en traitement préventif et curatif. Parmi les plantes que l’on trouve en Europe, il y a les feuilles de menthe (Bo He), ou les fruits de l’evodia (wu zhu yu). Tous deux à boire en infusion : entre 5 et 10 g dans 25 cl d’eau que l’on porte à ébullition sans faire bouillir.

Je ne peux détailler ici l’intégralité des solutions que propose la médecine chinoise pour apaiser la colère, et vous renvoie à la revue de référence Les Secrets de la Médecine chinoise pour en savoir plus. (Cliquez ici pour découvrir Les Secrets de la Médecine chinoise).

Mais j’ai voulu commencer cette lettre avec cette approche originale qui voit la colère comme un fluide qui peut abîmer notre vie entière, car il me semble qu’elle est particulièrement convaincante pour… agir et ne plus se laisser déborder !

Arsenal naturel contre la colère

Voyons maintenant l’immense éventail de solutions naturelles qui existent pour « redescendre sur terre » lorsque la colère prend le contrôle.

Si vous avez des techniques particulières, des remèdes secrets, des expériences utiles, partagez-les avec la communauté des lecteurs de PureSanté en cliquant ici. Sur ce sujet, je crois vraiment que l’union fait la force.

Respirer

Se concentrer sur sa respiration est un moyen de calmer le corps et l’esprit, chasser les idées noires et recentrer ses idées sur le présent.

L’important est de focaliser toujours son attention sur sa respiration. Soyez attentif aux mouvements de votre corps lorsque vous respirez.

Suivre sa respiration

Lorsque vous inspirez, comptez mentalement : 1 en inspirant, 1 en expirant. Ensuite 2 en inspirant, 2 en expirant.

Et ainsi de suite, jusqu’à 10.Si vous perdez le compte, revenez à 1.

Grâce à cet exercice, vous vous concentrez sur votre respiration. Outre le fait de vous relaxer, cela va vous permettre de ne pas vous disperser mentalement ou de ne pas vous laisser constamment solliciter par tout ce qui est autour de vous.

La respiration abdominale

La plupart d’entre nous ne respirent pas avec le diaphragme, mais inspirent depuis le thorax de manière courte et irrégulière.

Le problème, c’est que lorsque nous sommes stressés ou angoissés, nous n’insufflons pas suffisamment d’oxygène dans nos poumons, ce qui nous stresse davantage et nous rend à bout de souffle.

En pratiquant la respiration abdominale, nous insufflons une plus grande quantité d’oxygène dans nos poumons.Si vous vous sentez stressé(e), prenez quelques minutes pour faire cet exercice :

  • Asseyez-vous le dos bien droit, posez une main sur votre poitrine et l’autre sur votre estomac.
  • Inspirez par le nez. La main sur votre estomac va monter et celle qui est sur votre poitrine ne va presque pas bouger.
  • Expirez maintenant par la bouche, tout doucement, en faisant sortir le maximum d’air tout en contractant vos abdominaux. La main posée sur votre estomac va bouger alors que vous expirez tandis que l’autre va rester presque immobile.

Continuez ainsi pendant 10 respirations, toujours en inspirant par le nez et en expirant par la bouche.


La respiration marchée

Lorsque vous marchez, observez, en respirant normalement, sur combien de pas vous inspirez et sur combien vous expirez (par exemple, vous inspirez sur 5 pas et expirez sur 3).

Marchez lentement et tranquillement et respirez normalement.

Continuez ainsi pendant quelques minutes puis allongez votre expiration d’un pas. Laissez votre inspiration s’établir naturellement, mais observez-la soigneusement pour voir si vous éprouvez le besoin de l’allonger.

Poursuivez jusqu’à 10 respirations.

Ensuite, allongez votre expiration d’un autre pas. Observez l’inspiration pour voir si elle ne s’allonge pas aussi d’un pas et ne l’allongez que si vous sentez que cela vous procurera du bien-être.

Après 20 respirations, revenez à la respiration normale.

Poser son esprit

Maîtriser sa colère ne veut pas dire qu’il faut la refouler.

Cela signifie que nous devons apprendre à développer des façons « non-explosives » d’exprimer notre ressentiment.

La pratique régulière de l’exercice physique, la sophrologie, la relaxation ou le yoga [4] peuvent aider à une meilleure maîtrise de soi.

Autre technique, celle qui consiste à poser son esprit ici et maintenant. C’est ce qu’on appelle la méditation pleine conscience.

Plusieurs fois par jour, on peut arrêter de faire des choses, et se concentrer sur ce que nous sommes à l’instant présent. Cela consiste à :

  • Ecouter son cœur battre
  • Sentir sa respiration
  • Sentir ses membres, ce qu’ils font (mon bras est étendu le long de mon corps, les doigts de ma main caressent ma hanche etc.)
  • Regarder vraiment ce qu’il y a autour de soi
  • Ecouter les sons, les détailler
  • Etc.

Les études ont montré que ces petits décrochages, qui ne durent que quelques minutes, nous familiarisent avec notre monde intérieur et diminuent le risque de chute (ou rechute) dépressive ou anxieuse.

Kit spécial urgence

Maintenant, que faire quand ça déborde vraiment dans tous les sens ?

Huiles essentielles

Certaines huiles essentielles bien sélectionnées peuvent jouer le rôle de « grand frère », comme on dit aujourd’hui, pour calmer les ardeurs incontrôlées de la colère.

En cas de brusque bouffée de colère : masser 1 goutte d’huile essentielle de lavande vraie, Lavandula angustifolia, diluée dans un peu d’huile végétale, par exemple de l’huile d’amande douce, au niveau de la face inférieure du poignet pour faire retomber la pression.

S’il s’agit d’une colère sourde, en lien avec une sensation de frustration et de vengeance : masser 1 goutte d’huile essentielle de camomille noble, Chamaemelum nobile, au niveau du dos de la main entre le pouce et l’index, pour aider à lâcher la rage intérieure.

À l’hôpital de Poitiers, par exemple, une aromathérapeute passe chaque matin dans les chambres des malades pour leur proposer des huiles essentielles pendant leurs traitements de chimiothérapie. On leur suggère de l’huile essentielle de marjolaine s’ils ressentent de la colère face à la maladie.

Fleurs de Bach

Il faut préciser ici que l’utilisation des fleurs de Bach ne repose sur aucune validation scientifique mais sur l’expérience d’un médecin anglais, le Dr Edward Bach (1886-1936).

Celui-ci a établi une liste de 38 fleurs et plantes correspondant aux émotions et aux sentiments perturbateurs de notre équilibre intérieur.

Les fleurs de Bach sont des élixirs floraux utilisés pour leur action contre les états émotionnels perturbateurs.Parmi elles, Holly (houx) convient en cas de colère extériorisée (on hurle, on frappe du poing sur la table) tandis que Willow (saule) est plus adaptée aux colères rentrées (ruminations, pensées obsessionnelles).

  • Contre la montée ponctuelle de colère : 4 gouttes de Holly sous la langue. Recommencez 15 minutes plus tard tant que le besoin s’en fait sentir.
  • En cas de ruminations : 2 gouttes de Willow diluées dans un verre d’eau à boire par petites gorgées, 4 fois par jour, en cure d’environ 3 semaines.

Il existe également le Remède d’urgence ou Rescue Remedy, le seul remède à être composé de plusieurs fleurs (Rock rose, pour les paniques, Impatiens pour les souffrances, Cherry Plum pour rester maître de soi, etc.). Verser quelques gouttes directement dans la bouche ou dans un fond d’eau lorsque vous sentez que la colère va déborder.

Et aussi

En traitement homéopathique de fond : Nux vomica 15 CH, 5 granules par jour, à laisser fondre sous la langue, en cure de 3 mois.

Du côté des plantes : la valériane diminue la nervosité et l’irritabilité et permet de lutter contre les troubles du sommeil. Pour une tasse de tisane : laisser infuser pendant 10 minutes 1 cuillerée à café (3 g environ) de racines de valériane dans 150 ml d’eau bouillante. Boire 3 à 5 tasses par jour.

Ma décontamination personnelle

Enfin, pour finir, j’ajoute une idée un peu plus personnelle, mais je crois que la beauté, la vraie, celle qui pénètre en une seconde au fond de l’âme et du cœur, est une arme d’une puissance absolue lorsque le vent de la colère menace notre paysage intérieur.

Et cette beauté, il faut aller la chercher. Coûte que coûte, sans faire de quartier. Opération Beauté d’abord !!!

Je ne vous fais ici que quelques suggestions mais là aussi il y en a dix, cent mille autres, et j’attends de découvrir vos pépites avec impatience. En attendant, vous pouvez aller admirer ça, par exemple, si vous passez par Rennes :

Le Nouveau-né, de Georges de La Tour, au Musée des Beaux-Arts de Rennes

 

Le Nouveau-né, de Georges de La Tour, au Musée des Beaux-Arts de Rennes

Ou ça (bon, là, il faut voyager un peu plus loin), jusqu’en République Tchèque :

Bibliothèque Clémentinum, Prague.

 

Bibliothèque Clémentinum, Prague.

Vous pouvez aller vous perdre (un peu) par ici :

Forêt de Brocéliande, Bretagne.

 

Forêt de Brocéliande, Bretagne.

Ou aussi par là :

Ruines des châteaux de Lastours, dans le pays cathare

 

Ruines des châteaux de Lastours, dans le pays cathare

Vous pouvez simplement aller respirer les embruns, lire un poème, plonger vos yeux dans le regard d’un tout petit bébé, vous pouvez marcher devant vous, courir de toute vos forces, lever les bras vers le ciel, et ressentir la plénitude d’être là, conscient de la chance que vous avez d’être bien vivant et d’avoir le cœur… en joie !

Amicalement,

Florent Cavaler





Sources :

[1]European Heart Journal, 3 mars 2014

[2] Acute Cardiovascular Care, 23 février 23 2015

[3] Revue Les Secrets de la Médecine chinoise, 2015.

[4] Une posture anti-colère intéressante à découvrir ici : https://www.youtube.com/watch?v=Au_wCqSgy58

24 réponses à “Plus dangereuse que virus et bactéries réunis”

  1. Rosa dit :

    Contre la colère, le ressentiment, la rancune je fais comme le Christ nous à demander de pardonner. Lui qui a créé le ciel et la terre Lui qui nous a créé pour l’amour. Il sait ce qui faut pour nous. Quand ça ne va pas j’invoque la Sainte Vierge Marie la Mère de Dieu pour me secourir ainsi que le meilleur ami que Dieu m’a donné après sa Sainte Mère, c’est à dire mon ange gardien.

  2. […] les dangers des émotions négatives ne s’arrêtent pas là. D’après le portail Pure santé, se référant aux chercheurs australiens, une crise cardiaque peut être déclenchée par un […]

  3. Françoise DIRASSOUIAN dit :

    Merci pour tout ce que vous écrivez, mon intérêt pour ces médecines depuis près de 40 ans augmente! Je suis inscrite à la revue papier de révélation santé bien être depuis Janvier . Puis je recevoir le livre guide secret des remèdes naturels gratuitement?
    Si oui, un grand merci à vous.
    Françoise Dirassouian

  4. meunier dit :

    selon un grand yogi indien:10 respirations complètes uniquement par la narine GAUCHE

  5. Françoise Ecken dit :

    Bonjour,
    J’ai beaucoup aimé votre lettre sur les émotions qui, comme j’ai pu le constater dans ma pratique professionnelle sont un poison.
    Pour les accepter, il faut les comprendre.
    j’ai visionné il y a peu une vidéo où les émotions sont bien expliquées, voici le lien :
    https://www.youtube.com/watch?v=_DakEvdZWLk
    Je pense qu’il faut utiliser toutes les « armes » à notre disposition pour les apprivoiser et les connaître m’apparaît être une arme efficace.

  6. André dit :

    Je pratique régulièrement la marche afghane et de ce fait je m’autorise, dans ces moments, à vivre des émotions et des ressentis très positifs.
    Cultiver régulièrement la joie, la sérénité, ….. c’est certainement un bon moyen de se prémunir d’émotions négatives et du stress.
    En quelques mots, la marche afghane est un ensemble de techniques de respiration en synchronisation avec le rythme des pas qui permet de se régénérer et de se revitaliser par une sur-oxygénation de l’organisme.
    Pour en savoir plus :
    http://www.histoires-de-guerisons.com/2017/04/yalla-par-la-marche-afghane/
    Bien à vous
    André

  7. Deepti dit :

    Le meilleur remède pour se débarrasser de la colère réprimé c’est la Méditation Dynamique ..un vrai cadeau qui peut changer notre vie!

  8. Josée Fleurent dit :

    Bonjour! Pour libérer la colère ou les émotions négatives, j’utilise l’EFT. Une technique de libération émotionnelle. Voici un site qui explique bien le tout : https://technique-eft.com/

    Il y a justement le congrès d’une semaine qui commence cette semaine pour ceux que ça l’intéresse voici le lien. Il va y avoir deux conférences gratuites par jour. Tout est gratuit pour ceux que ça l’intéresse!

    https://lecongreseft.com/weblg.asp?i_id=108938

  9. Fleury dit :

    Il y a les fleurs de bach. Et pour gérer ses émotions les omegas 3 et dha. Plus erbasit . C est l équilibre du système nerveux. Donc forcément pas de colère.

  10. pâquerette dit :

    MERCI pour votre article et MERCI au témoignage
    du DAMMA DE LA FORET : merveilleux enseignement
    à mettre en pratique , si nous voulons vivre la PAIX
    et la SERENITE sur cette planète!
    Ainsi que la santé qui dépend de notre état d’ esprit !

  11. R dit :

    Merci, cher Monsieur, pour ces photographies,la symbolique suggestive qu’elles transmettent et le partage spontané de cette récupération mentale.
    D’une manière générale,vos articles sont généreux et agréables à lire.
    Bien à vous.
    Laurence.

  12. EVITALABRUNETTE dit :

    La fréquentation des arts et de la nature, végétale et animale, sont les meilleurs consolateurs, régulateurs, réconciliateurs…

  13. Chantal dit :

    Bonjour, votre lettre sur la colère m’a beaucoup intéressée. Merci pour tous ces bons conseils ! J’ai réussi à faire disparaître une colère dirigée contre une personne grâce à une séance d’hypnose. Il me reste quand même un bon taux d’agressivité et je vais retenter Nux vomica car j’ai remarqué que cela m’avait fait du bien.

  14. Yettou dit :

    Bonjour,
    J’ai expérimenté l’écoute d’une douce musique, au moins un quart d’heure ( la musique que l’on préfère) , sur casque bien sûr, se détachant du monde extérieur. C’est très efficace.
    Bien à vous.
    Tahar

  15. moudjar allaeddine dit :

    pour le bien etre il faux chassé tonesprit avec un ju.. de betrave

  16. Claire dit :

    Cher Monsieur,
    Quelle belle lettre !
    Oui la Beauté. La beauté rejoint l’amour.
    Merci pour ces suggestions. Le coeur est nourri.
    En toute sympathie

  17. Herrmann-Auclair dit :

    Merciiiiiii pour cette super séance de yoga anti colère arrivée miraculeusement alors que j’étais envahie par cette émotion négative! La synchronicité de votre lettre avec mon état émotionnel m’a scotchée!
    Je voudrais suivre des cours de yoga avec Alba, comment dois-je faire svp?
    Merci encore,
    Catherine Herrmann-Auclair

  18. Theryca dit :

    Le Dhamma de la Forêt

    Comment se libérer de la colère

    Vénérable K. Piyatissa Thera1, 1994
    Traduit par Jeanne Schut
    http://www.dhammadelaforet.org/

    Le but ultime du bouddhisme est un état au-delà de la mort, le nibbāna, la seule réalité. Par conséquent, celui qui aspire à cet état est censé renoncer à la poursuite du succès et des attachements éphémères du monde pour se consacrer à cette réalité. Cependant, rares sont les personnes suffisamment mûres pour travailler sur elles-mêmes et atteindre cet état dans cette vie. C’est pourquoi le Bouddha ne pousse pas au renoncement ceux qui n’ont pas la capacité spirituelle de s’engager dans une vie plus élevée.
    Dans ce cas, on suit la voie du monde ordinaire qui présente deux types d’avantages : les bienfaits que l’on peut obtenir dans cette vie et ceux que l’on peut obtenir dans les vies futures, comme des étapes sur la voie spirituelle. Tout en appréciant les plaisirs de la vie, on doit toutefois considérer son corps comme un instrument servant à pratiquer la vertu pour son propre bien et pour celui d’autrui. En bref, il s’agit de mener une vie d’intégrité morale et de simplicité, et de savoir se contenter de peu. Concernant les biens matériels, le Bouddha a dit qu’il fallait être « diligent et énergique » pour les acquérir, et « attentif et économe » pour les protéger.
    Cependant, même en se comportant ainsi, il n’est pas impossible que l’on soit, d’une manière ou d’une autre, perturbé ou tourmenté à cause des faits et gestes de personnes désagréables ou mauvaises. Il peut arriver que, dans une telle situation, on soit tenté d’abandonner le chemin vertueux que l’on a choisi. Pourtant, c’est dans des moments pareils qu’il faut se souvenir des enseignements qui permettent de retrouver la paix. Voici ce que nous dit le Bouddha à ce propos : « Les autres feront peut-être du mal mais moi, je ne causerai aucun mal. C’est ainsi que je m’entraîne ». Nous ne devons pas oublier que l’esprit tout entier du bouddhisme est orienté vers la pacification. Dans le climat calme et serein de l’enseignement du Bouddha, nous avons toutes les chances, toutes les possibilités, d’effacer de notre esprit haine, jalousie et violence.
    Il n’y a rien d’étonnant au fait que, dans notre quotidien, il nous arrive d’être en colère contre quelqu’un à propos d’une chose ou d’une autre. Cependant, nous ne devons pas permettre à ce sentiment de demeurer en nous. Nous devons essayer de le juguler dès l’instant où il apparaît. Généralement, on dit qu’il y a huit manières de brider ou de maîtriser la colère.
    (1) La première méthode consiste à se remémorer les enseignements du Bouddha qui, à de nombreuses occasions, a exposé les désavantages d’un tempérament colérique. Voici l’une de ses leçons : « Supposez que des bandits attrapent l’un de vous et lui coupent bras et jambes avec une scie à deux manches. Si, de ce fait, il ressent de la colère, même à ce moment-là, il ne fait pas partie de mes disciples ». (Kakacupama Sutta, Majjhima Nikaya 21).
    Et, à une autre occasion : « Un homme en colère est comme une bûche brûlée des deux côtés et souillée au milieu après avoir été utilisée dans un bûcher funéraire ; elle ne peut servir ni de bois de chauffage au village ni de bois de construction dans la forêt. » (Anguttara Nikaya II, 95).
    Nous pouvons aussi bénéficier des nombreux conseils du Bouddha dispensés dans le Dhammapada :
    « ‘On m’a insulté, on m’a frappé ! On m’a battu, on m’a volé !’ Ceux qui entretiennent de telles pensées ne verront jamais la fin de l’hostilité. » (Dhp, verset 4)
    « Jamais les rancœurs ne seront apaisées par l’hostilité. Ce n’est qu’en s’abstenant de toute hostilité que les rancœurs seront apaisées. C’est une loi de tous les temps. » (Dhp, verset 5)
    « Ne parle à personne avec violence car on pourrait te répondre de même. Ceux que tes paroles ont blessés peuvent te blesser à leur tour. » (Dhp, verset 133)
    « Savoir tout supporter patiemment et maintenir le cap sur la libération, telles sont les vertus suprêmes selon les Êtres Éveillés. » (Dhp, verset 184)
    « Abandonne la colère, finis-en avec l’orgueil, dépasse tous les obstacles et les empêchements. Quand tu es libre de tout attachement au corps et à l’esprit, entièrement libre, aucune souffrance ne jaillit. » (Dhp, verset 221)
    « Vaincs les colériques par le calme, les méchants par la bonté, les avares par la générosité, les menteurs par la vérité. » (Dhp, verset 223)
    « Veille à ce que la colère ne s’exprime pas en pensées, sache maîtriser tes pensées. Ayant cessé toute mauvaise conduite mentale, pratique une bonne conduite mentale. » (Dhp, verset 233)
    (2) Si la contemplation de ces conseils du Bouddha ne réussit pas à apaiser la colère, on devra essayer la seconde méthode. Bien évidemment, toute personne, aussi mauvaise soit-elle, possède certaines qualités. Certains sont mauvais en esprit mais leurs paroles sont trompeuses ; ils agissent mal mais de manière sournoise, sans que l’on s’en doute. D’autres s’expriment de manière dure ou grossière mais ce n’est pas ainsi qu’ils agissent et qu’ils pensent. Certains sont grossiers et cruels en action mais leurs paroles et leurs pensées sont différentes. D’autres encore sont doux et bons en esprit, en parole et en action.
    Lorsque nous sommes en colère contre quelqu’un, nous devons essayer de voir ce qui est bon en lui, que ce soit dans sa façon de penser, de parler ou d’agir. Si nous trouvons une qualité rédemptrice en lui, nous devons l’apprécier à sa juste valeur et ignorer ses défauts en les considérant comme des faiblesses naturelles que l’on peut trouver en chacun. Tandis que nous réfléchissons ainsi, notre esprit va s’adoucir et nous pourrons même ressentir de la bienveillance envers cette personne. Si nous développons cette façon de penser, nous parviendrons à réduire ou à éliminer notre colère envers elle.
    Il arrive que cette méthode ne fonctionne pas. Nous devrons alors essayer un autre type de réflexion comme :
    (3) « Il m’a fait du tort et, ce faisant, il a pollué son esprit. Alors pourquoi devrais-je polluer ou nuire à mon propre esprit à cause de la mauvaise action d’un autre ? Il a agi ainsi sous l’effet de la colère. Dois-je moi aussi le suivre sur cette voie en soulevant la colère dans mon propre esprit ? N’est-il pas stupide de l’imiter ? En nourrissant sa colère, il se détruit intérieurement. Pourquoi, à cause de lui, devrais-je détruire ma réputation ? »
    (4) « Il m’arrive d’ignorer le soutien ou l’aide que m’offrent mes proches ; il m’arrive même de les faire pleurer à cause de ce que j’ai dit ou fait. Étant moi-même cette sorte de personne, pourquoi ne pourrais-je pas ignorer ce que cet homme m’a fait ? »
    (5) « Tout change tout le temps. L’esprit et le corps changent sans arrêt eux aussi. Les pensées et le corps avec lesquelles ce tort m’a été fait n’existent plus en cet instant. Ce que je prends pour le même homme est en réalité un amalgame de pensées et de parties physiques différentes de celles qui m’ont fait du mal, même si elles appartiennent au même processus psycho-physique. Ainsi, une pensée associée à une masse de parties physiques m’ont fait du mal puis ont disparu sur-le-champ, laissant la place à d’autres pensées et d’autres parties physiques. Alors, avec lesquelles suis-je fâché ? Avec les pensées et les parties physiques qui sont parties et disparues ou avec les pensées et les parties physiques qui ne me causent aucun tort en cet instant ? Dois-je me mettre en colère contre une chose qui est innocente alors que c’est une autre chose qui m’a causé du tort et qui a maintenant disparu ?
    « Le soi-disant ‘moi’ n’est pas le même d’un instant à l’autre. Au moment où le tort a été commis, il y avait une autre pensée et une autre masse de molécules que je considérais comme ‘moi’, tandis que ce que j’appelle ‘moi’ en cet instant, c’est une pensée et un ensemble de molécules différentes, même si elles appartiennent au même processus. C’est donc un autre être qui a causé du tort à quelqu’un d’autre et un autre qui se met en colère contre un autre. N’est-ce pas une situation ridicule ? »
    Si nous observons ainsi, de très près, la nature exacte de notre vie et des événements qui se produisent, il est fort possible que notre colère s’apaise ou disparaisse sur-le-champ.
    (6) Il existe une autre façon d’éliminer une colère montante. Supposons que nous pensions à quelqu’un qui nous a fait du mal. À de telles occasions, nous devons nous souvenir que, lorsque nous souffrons d’un tort que l’on nous a causé ou d’une perte, il s’agit du résultat de nos actions antérieures (karma). Même si des personnes sont en colère contre nous, elles ne pourraient pas nous blesser s’il n’y avait pas une force latente de karma passé négatif commis par nous qui profite de cette occasion pour provoquer notre adversaire. « C’est donc moi qui suis responsable de ce tort ou de cette perte, et personne d’autre. En même temps, tandis que je suis en train de subir le résultat d’un karma passé, si je me mets en colère et que je réponds à mon adversaire, je ne fais qu’accumuler encore plus de karma négatif, ce qui engendrera des résultats négatifs en conséquence. » Si nous nous rappelons cette loi du karma, il est possible que notre colère tombe immédiatement.
    (7) Nous pouvons également voir une telle situation sous un autre angle : en tant que disciples du Bouddha, nous savons qu’avant d’atteindre l’Éveil total, tandis qu’il était encore Bodhisatta, il est passé par d’innombrables vies au cours desquelles il a perfectionné la vertu. Il a lui-même raconté l’histoire de certaines de ses vies passées pour illustrer son enseignement sur la pratique de certaines de ces vertus. La vie du prince Dhammapala et celle de l’ascète Khantivadi sont suffisamment marquantes pour attirer notre attention.
    À une certaine époque, le Bodhisatta naquit dans ce monde en tant que fils du roi Mahapatapa. Il s’appelait Culla Dhammapala. Un jour, tandis que la reine était assise sur une chaise à caresser son enfant, elle ne remarqua pas le roi qui passait près d’elle. Le roi crut qu’elle était si fière de son enfant qu’elle ne se levait même pas pour le saluer en le voyant passer. Cela le mit en fureur et il fit aussitôt venir le bourreau à qui il ordonna d’arracher l’enfant des bras de la reine et de lui couper les mains, les pieds et la tête – ce que le bourreau fit sur-le-champ. L’enfant subit tout cela avec une patience extrême ; il ne montra aucune colère et ne retira son amour inconditionnel ni à son père cruel, ni à sa mère désespérée, ni au bourreau car il avait déjà parfaitement développé la pratique de l’indulgence et de l’amour inconditionnel.
    À une autre époque, le Bodhisatta était un ascète réputé pour sa tolérance et sa patience et, pour cette raison, les gens l’appelaient Khantivadi – « celui qui prêche la patience / l’indulgence / le pardon ». Un jour, il arriva à Bénarès et s’installa dans le jardin des plaisirs du roi. Lorsque celui-ci passa par là avec son harem et qu’il vit l’ascète assis sous un arbre, il lui demanda quelle vertu il pratiquait. Khantivadi répondit qu’il pratiquait la patience. Le roi était un matérialiste pour qui la pratique de la vertu était du charlatanisme. Alors, en entendant la réponse de l’ascète, il envoya chercher son bourreau et lui ordonna de couper les mains et les pieds de l’homme, après quoi il lui demanda : « Peux-tu maintenir ta patience maintenant que l’on t’a coupé mains et pieds ? » L’ascète n’était pas en colère. Même à ce moment-là, couché sur le sol, il étendit sa bienveillance en gardant toute sa sérénité et répondit au roi : « La patience et toutes les autres vertus ne sont pas dans les membres mais dans le cœur et l’esprit ». Le roi, vexé de n’avoir pas pu atteindre l’homme, entra dans une colère encore plus grande. Il lui donna un violent coup de pied dans l’estomac et s’en alla. Le ministre du roi s’approcha de l’ascète mourant et s’inclina devant lui en le suppliant : « Vénérable, aucun de nous n’approuve ce geste cruel du roi ; nous sommes tous très peinés de ce que vous a fait subir cet homme démoniaque. Nous vous demandons de maudire le roi mais pas nous. » L’ascète répondit : « Puisse ce roi qui m’a fait couper les mains et les pieds, de même que vous, vivre longtemps et connaître le bonheur. Ceux qui, comme moi, pratiquent la vertu, ne sont jamais en colère. » Après avoir prononcé ces paroles, il exhala un dernier soupir.
    Puisque le Bouddha, dans ses vies passées, alors qu’il était encore imparfait comme nous, a pratiqué la patience et la bienveillance jusque dans ces situations extrêmes, pourquoi ne pouvons-nous pas suivre son exemple ?
    Lorsque nous évoquons et que nous réfléchissons au noble caractère de telles grandes âmes, nous devrions être capables de supporter toutes sortes de situations difficiles sans être touchés par la colère.
    (8) Ou bien, si nous considérons la nature du cycle des renaissances dans cet univers sans début ni fin, nous serons capables d’arrêter la colère au moment où elle apparaît en nous car le Bouddha a dit : « Il n’est pas facile de trouver un être qui n’a pas été votre mère, votre père, votre frère ou votre sœur, votre fils ou votre fille. » Par conséquent, lorsque nous évoquons la personne que nous considérons en ce moment comme notre ennemi, nous devons nous dire : « Cette personne, dans le passé, a été ma mère, elle m’a porté pendant neuf mois, m’a donné naissance, m’a nourri et lavé, m’a protégé contre sa poitrine, m’a porté sur ses hanches et m’a élevé. Cet homme a été mon père dans une autre vie, il a dépensé temps et énergie à travailler pour me nourrir, il a même sacrifié sa vie par amour pour moi » et ainsi de suite. Lorsque nous réfléchissons à ces faits, nous pouvons espérer que la colère qui monte contre notre ennemi va s’apaiser.
    Et, pour aller plus loin, nous devons réfléchir aux avantages du développement de l’esprit par la pratique de Mettā, la bienveillance pour tous les êtres. En effet, le Bouddha nous a révélé onze avantages pour la personne qui développe pleinement la bienveillance inconditionnelle. Quels sont-ils ?
    1 – La personne a un sommeil bienfaisant.
    2 – Elle se réveille heureuse.
    3 – Elle ne fait pas de cauchemars.
    4 – Elle est aimée de tous.
    5 – Elle est même aimée des êtres non humains.
    6 – Elle est protégée par les dévas.
    7 – Elle n’est atteinte ni par le feu, ni par le poison, ni par les armes.
    8 – Son esprit s’apaise rapidement.
    9 – Son teint est frais.
    10 – Au moment de la mort, elle s’éteint en paix.
    11 – Si elle n’a pas atteint la pleine réalisation de l’Éveil, elle renaîtra au moins dans la sphère céleste des Brahma Dévas.
    Alors, par tous les moyens possibles, nous devons faire de notre mieux pour éteindre notre colère et être enfin capables d’offrir toute notre bienveillance à tous les êtres de ce monde, sans discrimination.
    Lorsque nous sommes capables de lâcher la colère et de maîtriser notre esprit, nous rayonnons, à partir du cœur, un amour infini aussi loin que nous pouvons l’imaginer, dans toutes les directions, pour qu’il touche tous les êtres vivants et les imprègne d’amitié bienveillante. Nous devons pratiquer cette méditation tous les jours, sans exception, à heures régulières. Le résultat de cette pratique est qu’un jour nous serons en mesure d’atteindre les jhāna ou absorptions méditatives dont les quatre premiers niveaux incluent la maîtrise des sens, de l’aversion et de nombreuses autres émotions négatives, apportant simultanément pureté, sérénité et paix de l’esprit.

  19. pioch dit :

    MERCI pour votre article clair,net et précis  » Arsenal naturel contre la colère » !
    Je pense qu’il aidera des millions de personnes qui comme moi sont très en colère contre les dernières élections calamiteuses que nous venons de subir !!
    Cordialement
    Maryse PIioch

  20. Isoardi Sandrine dit :

    Parce que apprivoiser la colère et les émotions ça s’apprend dès l’enfance, voici un site http://apprendreaeduquer.fr/?s=col%C3%A8re+%C3%A9motions où chacun trouvera le choix de réflexions et techniques/astuces/pratiques… c’est une véritable mine d’or, tout comme les lettres de Pure santé!! 😉

  21. Aude dit :

    Pour lutter contre la colère, quand on est en colère et avant qu’on ne perde son calme: il suffit juste d’imaginer que (son) sa meilleure ami(e) entre dans la pièce! Et hop! Par miracle il se passe quelque chose de magique; chez moi la colère diminue nettement, voir disparait et j’arrive à verbaliser mon émotion et à trouver une solution pour résoudre le problème.

  22. […] Plus dangereuse que virus et bactéries réunis, par Gabriel Combris sur le site PureSanté […]

    • Kautzmann dit :

      en tant que croyante, quand je suis contrariée, je soumets
      mon âme à mon esprit et mon esprit à l’Esprit de Dieu et
      je reçois la paix.

  23. Heiniger dit :

    Bonjour 🙂 mon remède contre la colère et contre tout ce qui me contrarie : je ferme les yeux et visualise ce qui me met en colère, et je visualise que j’amène cette colère dans mon coeur, et ça fait pschitt ! je remercie mon coeur et lui envoie tout plein d’amour. Essayez, ça marche; bien à vous 🙂

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