Sous estimez-vous les Oméga-7 ?

Chère lectrice, cher lecteur,

En 2011, alors qu’ils étudient des souris obèses et diabétiques dans leur laboratoire du Tokyo Innovation Center, trois chercheurs japonais font une découverte intrigante :

Ils remarquent que celles qui reçoivent des doses quotidiennes d’acide palmitoléique (l’acide gras oméga-7 le plus courant) ont une nette amélioration de leur état diabétique après 30 jours : gain de poids réduit, baisse du taux de sucre dans le sang, diminution de la résistance à l’insuline… [1]

Et cette étude n’est pas un cas isolé.

Aux Etats-Unis, des injections, deux fois par jour, d’huile enrichie en oméga-7 améliorent la sensibilité à l’insuline d’un groupe de moutons et permettent de réduire de 77 % leur gain de poids [2] !

Mieux encore, une publication parue dans la revue Annals of Internal Medicine parvient, elle aussi, à des conclusions époustouflantes… mais cette fois-ci chez l’être humain.

En étudiant les données de 3736 personnes, les chercheurs trouvent qu’un taux élevé en oméga-7 est lié à :

  • Un taux plus bas de triglycérides, un marqueur de notre santé cardiaque ;
  • Une diminution de la résistance à l’insuline de 16,7 % ;
  • Une réduction du risque de diabète de type 2 de 28 % ;
  • Moins de graisse dans les tissus cellulaires [3]

En 2014, une étude brésilienne, en plus de confirmer les précédents résultats, montre encore que les oméga-7 atténuent l’inflammation du foie et les dommages causés par un régime trop gras [4].

Mais à ce stade de votre lecture, vous êtes peut-être en train de vous dire : cet animal de Combris s’est trompé avec ses Oméga-7, il veut certainement parler des Oméga-3.

Eh bien : pas du tout !

Le petit cousin de province

C’est simplement que l’oméga 7 est le moins connu de la grande tribu des Oméga. Une sorte de cousin de province qu’on retrouve dans une réunion de famille et dont on découvre qu’il a fait….fortune !

Quoi !!? Lui ! Mais qui aurait parié que…

Comme quoi, on peut se tromper.

Bref. Voyons maintenant à quoi ressemble la famille des acides gras Oméga.

Les acides gras sont des lipides nécessaires au bon fonctionnement de notre organisme.

Ce sont des chaînes de carbone qui sont parfois reliées à des atomes d’hydrogène.

On distingue les acides gras saturés des acides gras insaturés.

Contrairement aux premiers, les seconds possèdent une (monoinsaturé) ou plusieurs (polyinsaturé) doubles liaisons, des sortes de ports d’attache sur lesquels peuvent se fixer des atomes d’hydrogène.

Si l’atome de carbone qui porte la première double liaison est le troisième de la chaîne, on appellera cet acide gras oméga-3. Si la double liaison se trouve sur l’atome de carbone N°6, ce sera un oméga-6, etc.

Ainsi, l’oméga-7 est un acide gras monoinsaturé dont la double liaison se situe sur le septième atome de carbone.

Et on découvre aujourd’hui que cet acide est encore plus prometteur que ce qu’on imaginait.

Il soigne aussi votre cœur

Des scientifiques de la Cleveland Clinic ont en effet cherché à comprendre si les oméga-7 pouvaient aider à prévenir les maladies cardiovasculaires.

Dans une étude en double-aveugle, des patients ont reçu chaque jour pendant un mois soit des capsules de 220 mg d’acide palmitoléique, soit un placebo.

Trois améliorations notables ont été relevées chez les personnes traitées aux oméga-7, par rapport au groupe témoin :

  • Une baisse de 15 % des triglycérides, déjà cités plus haut
  • Une diminution de 8 % du LDL cholestérol
  • Une réduction de 44 % du taux des protéines C-réactives, un marqueur de l’inflammation qui, lorsque sa concentration est élevée, augmente le risque de maladie coronarienne et d’AVC [5].

Ces découvertes montrent que les oméga-7 ont la capacité d’agir de façon globale, et pas seulement sur le diabète et la résistance à l’insuline : inflammation, santé cardiovasculaire, foie… l’action des oméga-7 englobe tout ce qui est généralement associé à un disfonctionnement du métabolisme.

Un monstre à deux têtes ?

Mais le plus étonnant est sans aucun doute le mode d’action de cet acide gras.

Les dernières recherches suggèrent que l’oméga-7 serait en réalité un hybride, un peu comme les créatures fantastiques de la mythologie grecque.

L’oméga-7 serait à la fois un acide gras et… une hormone.

Plus précisément une « lipokine », c’est-à-dire une hormone chargée de réguler le métabolisme de nos graisses.

Il interviendrait ainsi dans la communication entre nos muscles et notre tissu adipeux (graisses) afin d’assurer une bonne utilisation de notre énergie.

Il nous éviterait de stocker trop d’énergie sous forme de graisse et favoriserait son utilisation par les muscles [6].

Grâce à cette double casquette, l’oméga-7 serait donc le premier lipide à s’opposer à l’accumulation… des lipides. Et c’est pour cette raison qu’il serait aussi efficace pour lutter contre le diabète, le surpoids ou encore le syndrome métabolique.

Un remède à portée de tous

Le problème, c’est que les oméga-7 ne se trouvent pas aussi abondamment dans notre alimentation que les oméga-3 (poissons gras, huile de colza et de lin, noix…).

Sa principale source est le fruit de l’argousier, un arbrisseau qu’on trouve principalement dans les hauteurs de l’Himalaya. Si vous avez l’esprit d’escalade et d’authenticité, c’est là-bas qu’il faudra aller chercher vos excellents oméga-7.

Mais je signale tout de même que la culture de l’argousier est en pleine effervescence dans des pays comme le Canada, l’Allemagne ou encore la Finlande.

En France, l’arbrisseau se plaît particulièrement bien dans les Alpes du Sud. Dans la vallée de la Durance, les préparations à base d’argousier sont même considérées comme des produits du terroir – au même titre que la lavande !

Et bien que cette baie soit encore peu accessible en France, on commence peu à peu à voir dans nos rayons des confitures, gelées, jus, et même sorbets à l’argousier.

Sur Internet, de nombreux laboratoires vendent également des compléments alimentaires à l’huile d’argousier, ou même de l’oméga-7 pur.

Plus faciles à trouver (dans les magasins bio par exemple), les noix de macadamia et l’huile d’avocat sont également de très bonnes sources d’oméga-7.

Le petit cousin de province n’a pas fini de faire parler de lui.

Santé !

Gabriel Combris




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[1] Zhi-Hong Yang, Hiroko Miyahara and Akimasa Hatanaka, Chronic administration of palmitoleic acid reduces insulin
resistance and hepatic lipid accumulation in KK-Ay Mice with genetic type 2 diabetes, Lipids Health Dis. 2011; 10: 120.[2] Susan K Duckett, Gabriela Volpi-Lagreca, Mariano Alende, and Nathan M Long, Palmitoleic acid reduces intramuscular lipid and restores insulin sensitivity in obese sheep, Diabetes Metab Syndr Obes. 2014; 7: 553–563.
[3] Dariush Mozaffarian, Haiming Cao, Irena B. King, Rozenn N. Lemaitre, Xiaoling Song, David S. Siscovick, and Gökhan S. Hotamisligil, Trans-Palmitoleic Acid, Metabolic Risk Factors, and New-Onset Diabetes in US Adults, Ann Intern Med. Author manuscript; available in PMC 2011 Dec 21.
[4] Camila O. Souza, Alexandre A. S. Teixeira, Edson A. Lima, Helena A. P. Batatinha, Lara M. Gomes, Milena Carvalho-Silva, Isabella T. Mota, Emilio L. Streck, Sandro M. Hirabara and José C. Rosa Neto, Palmitoleic Acid (N-7) Attenuates the Immunometabolic Disturbances Caused by a High-Fat Diet Independently of PPARα, Mediators Inflamm. 2014; Il2014: 582197.
[5] Bernstein AM, Roizen MF, Martinez L. Purified palmitoleic acid for the reduction of high-sensitivity C-reactive protein and serum lipids: a double-blinded, randomized, placebo controlled study. J Clin Lipidol. 2014;8(6):612-7.
[6] Cao H, Gerhold K, Mayers JR, Wiest MM, Watkins SM, Hotamisligil GS. Identification of a lipokine, a lipid hormone linking adipose tissue to systemic metabolism. Cell. 2008 Sep 19;134(6):933-44.

Une réponse à “Sous estimez-vous les Oméga-7 ?”

  1. Gloria SIBIRIU dit :

    Bonjour,
    Concernant l omega7 est ce qu’il existe des gellule et où en trouver en Belgique

    Cordialement

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