Génial, j’ai une fièvre de cheval !

Tel l’avocat se levant pour aller plaider en faveur d’un accusé à tort, je voudrais aujourd’hui prendre la défense de la fièvre, victime d’une erreur judiciaire qui n’a que trop duré.

Car oui, monsieur le président, oui mesdames et messieurs les jurés, on fait porter à la fièvre le chapeau infâmant de la maladie, alors que la fièvre peut être en réalité un de nos meilleurs alliés contre cette maladie !

Heureusement qu’il se dresse encore quelques vaillants défenseurs pour rétablir la vérité. Ainsi, le Dr Dominique Rueff qui écrit :

La fièvre peut être « belle » quand elle n’est qu’une réaction de l’organisme et de son système immunitaire à une attaque infectieuse passagère virale ou bactérienne.

Elle devrait dans ce cas être considérée comme une alliée, non comme un danger, non comme une maladie mais comme une réaction à la maladie, une réaction potentiellement curatrice qui va faciliter l’éradication des bactéries ou des virus.

Et je suis sûr que vous aussi, après avoir lu cette lettre, vous aurez à cœur de rétablir l’honneur de la fièvre, d’apprendre à l’accueillir et à l’accompagner !

Les patrouilleurs l’ont repérée !

Mais d’abord, voici comment tout commence :

Une bactérie ou un virus pénètre le corps, en général au travers de notre système respiratoire, surtout en hiver.

Fidèles patrouilleurs, les globules blancs déclenchent l’alarme et démarrent la contre-attaque. Ils libèrent des substances dites « pyrogènes » qui vont déclencher le processus de fièvre.

Dans un premier temps, on assiste à une montée de la température. Les pores de la peau se referment. Il y a constriction (pression qui diminue le diamètre) des vaisseaux sanguins en périphérie du corps, à l’endroit où se produit le plus de perte de chaleur.

La température élevée va contribuer à la destruction de l’intrus. Une fois que la température souhaitée est atteinte, la production de substances pyrogènes diminue.

La température du corps baisse ensuite. Pour bien évacuer la chaleur, le sang est renvoyé vers la surface. La personne va devenir rouge et avoir chaud, elle va se découvrir. Les pores de la peau s’ouvrent pour faciliter la température.

Une fois la fièvre redescendue à une température normale, l’infection est en général résolue.

Alors oui, la fièvre peut être gênante, désagréable, mais elle retarde la croissance et la reproduction des bactéries et des virus, elle augmente la production et la prolifération des globules blancs, ainsi que la production d’anticorps. Surtout, elle contribuerait à nous remettre sur pied plus rapidement [1].

Ce qu’on devrait lui dire, c’est : « merci, la fièvre ! »

D’autant que certaines expériences, connues par les médecins depuis plus de 50 ans, montrent les conséquences parfois graves lorsqu’on fait baisser la fièvre avec des médicaments (antibiotiques, aspirine etc.) pour de simples raisons de confort.

Un virus aussi dangereux que celui de la poliomyélite, qui provoque des handicaps à vie, voit sa vitesse de reproduction diminuer de 99 % lorsque la température passe de 38,5°C à 39°C [2] !

Avant les années 60, tout le monde attrapait à un moment ou à un autre le virus de la poliomyélite. 90 à 95 % des personnes ne s’en apercevaient même pas, car il était éliminé par leurs défenses naturelles avant même d’avoir provoqué des symptômes de maladie. Une minorité tombait malade, mais la plupart faisaient alors une poussée de fièvre qui détruisait le virus.

Toutefois, si par malheur quelqu’un leur donnait à ce moment-là un cachet d’aspirine pour « faire baisser la fièvre », c’était la catastrophe : le virus attaquait la moelle épinière, pouvant provoquer la paralysie des jambes.

C’est pourquoi donner un simple cachet d’aspirine ou de doliprane à une personne infectée par un virus peut avoir des conséquences désastreuses : en faisant baisser l’inflammation et la température, un énorme « coup de fouet » est donné au virus. Votre organisme est dépouillé de ses protections naturelles et n’a plus aucun moyen d’empêcher la prolifération du virus et la maladie.

Une autre étude, menée sur des lapins nains, a eu des conclusions sans appel :

Lorsqu’on prend des lapins sains et qu’on les met dans une atmosphère à 20°C, leur température est de 39°C. Lorsqu’on les met dans une atmosphère à 36°C, leur température est de 40°C. Si on leur inocule à ce moment-là le virus de la myxomatose, 63 % meurent dans le groupe basse température, contre seulement 30 % dans le groupe haute température.

En injectant aux lapins malades un produit empêchant la fièvre (comme l’aspirine ou le paracétamol), on multiplie par deux le nombre de décès.

Alors certes, ce sont « que » des lapins nains, mais cela fait quand même réfléchir.

La fièvre chez les enfants

Bien sûr, c’est surtout chez les enfants que la fièvre inquiète. Mais là aussi c’est souvent à tort.

L’Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM) donne par exemple une indication rassurante : Il n’est pas nécessaire de traiter systématiquement la fièvre, surtout si elle est bien supportée par l’enfant [3].

Aux Etats-Unis, l’hôpital et le Centre de recherche pour les enfants de Seattle vont même plus loin en expliquant qu’une fièvre normale, comprise entre 37,8°C et 40°C, est bénéfique pour un enfant malade [4].

En définitive, c’est la réaction de la personne plus que la lecture d’un chiffre sur un thermomètre qui est le meilleur indicateur de la conduite à tenir.

Si la personne a l’air de mal tolérer la fièvre, n’attendez pas, même si la fièvre est modérée. Consultez votre médecin, en particulier lorsqu’elle touche les nourrissons ou les personnes âgées.

Aviva Romm, médecin et herbaliste américaine travaillant beaucoup avec les enfants, recommande de consulter un médecin dans les situations suivantes :

  • Chez le bébé de moins de 1 mois. Ceci peut être une urgence médicale.
  • Chez le bébé de moins de 3 mois avec une forte fièvre.
  • Lorsque l’enfant ne veut pas boire, n’urine pas d’une manière normale, ou ne se comporte pas normalement.
  • Chez l’enfant se plaignant d’un mal de cou ou d’un cou raide, d’un mal de tête aigu, ou souffrant de vomissements persistants.
  • Chez l’enfant souffrant de douleurs aiguës au ventre ou à l’oreille.
  • Chez l’enfant léthargique qui n’arrive pas à se réveiller complètement, semble faible, sans vie, et n’établissant pas de contact visuel direct.
  • Lorsque la fièvre reste élevée pendant plus de 3 à 5 jours.

Et concernant les enfants fiévreux, inutile de les torturer en les plongeant dans un bain gelé pour faire baisser leur température. Un gant mouillé, une compresse sur le front et sur la nuque seront bien suffisants.

Soulager une fièvre

Lorsqu’on observe les animaux qui ont de la fièvre, on remarque qu’ils recherchent des endroits aérés, qu’ils s’allongent à l’ombre, et qu’ils mangent peu pendant l’épisode fiévreux.

Mon conseil, faites comme eux : gardez la chambre relativement fraîche (moins de 20 degrés), ne vous forcez pas à manger si vous n’avez pas faim. Si vous êtes couvert comme un oignon, enlevez quelques épaisseurs lorsque vous commencez à avoir trop chaud, buvez régulièrement de l’eau (et des infusions).

Et plutôt que de chercher à éliminer la fièvre, préférez la méthode douce, l’accompagnement.

Je reproduis ici quelques conseils de l’herbaliste Christophe Bernard, animateur de l’Atelier des Plantes, qui distingue pour sa part les plantes utiles pour accompagner la fièvre en fonction de la phase : température montante, ou descendante.

Lorsque la température monte, on peut boire une infusion d’une plante réchauffante et circulatoire. La meilleure est la racine fraîche de gingembre (Zingiber officinale). À boire seul ou accompagné de plantes aromatiques adaptées à la situation :

 – Le thym si vous avez une bronchite

 – La sauge si vous avez une angine

Vous pouvez aussi utiliser la cannelle (Cinnamomum zeylanicum) en rouleaux. Placez un rouleau de cannelle dans 200 ml d’eau, faites frémir pendant 2 minutes à couvert, puis laissez reposer pendant 10 minutes (4 ou 5 rouleaux pour 1 litre). On peut aussi rajouter un peu de miel.

Si vous aimez les épices et que vous désirez une stimulation supplémentaire, essayez 2 ou 3 gouttes de teinture-mère de piment (Capsicum spp.), ou une pincée de piment en poudre dans une tasse d’infusion de thym par exemple. À réserver aux adultes.

Pour les enfants, l’infusion de thym au miel est un classique qu’on ne présente plus.

En phase descendante, la personne a trop chaud, transpire et se découvre. Les infusions seront donc prises tièdes ou froides.

Les meilleures utilisent les parties aériennes de l’achillée millefeuille ou les fleurs du sureau.

L’infusion de sureau noir favorise en effet la transpiration pendant un épisode fébrile et donc sa résolution. Elle est aussi légèrement sédative et analgésique.

Infusez 30 g de fleurs de sureau pour 1 litre d’eau et buvez 3 bols par jour durant une semaine ou plus si besoin.

Si vous avez une âme de cueilleur, vous pouvez récolter le sureau noir dans la nature (les feuilles se récoltent en période d’épanouissement, aux alentours de juin).

Mais attention à ne pas le confondre avec le sureau hièble qui est toxique (on le reconnaît grâce à ses tiges vertes et sans écorce). Choisissez donc un sureau à écorce grisâtre, vous serez sûr qu’il s’agit bien du sureau noir.

Après la fièvre

Après l’épisode fiévreux, il faut se remettre d’aplomb.

Si l’appétit ne revient pas, une plante amère comme la gentiane (20 gouttes de teinture-mère dans de l’eau 10 minutes avant le repas) peut aider à faire repartir le système digestif.

En cas de fatigue, des plantes énergisantes comme le ginseng (20 à 30 gouttes le matin), l’éleuthérocoque (40 à 60 gouttes 2 fois par jour) ou l’aswhaganda (30 à 60 gouttes 2 fois par jour) peuvent donner un vrai coup de main pour redémarrer.

Et c’est reparti pour un tour (de chauffe )…

Amicalement,

Florent Cavaler

PS. Je ne voulais pas faire trop long alors je n’ai pas parlé des nombreux remèdes homéopathiques : Belladonna (transpiration et peau chaude), Aconit (frissons), Gelsemium (fièvre avec vertiges), etc.





11 réponses à “Génial, j’ai une fièvre de cheval !”

  1. cholley dit :

    vos articles sont intéressants ce que je déplore c’est que vous parliez dans cet article d’expérience sur les animaux, votre façon de dire que ce n’est que des lapins nains, peut être que vous ne savez pas que les animaux sont sensibles et on droit au respect et ce genre d’expériences à notre époque ne devrait plus être d’actualité, je suis contre l’expérimentation animale il y a bien d’autres alternatives sans envoyer des animaux à la mort, je suis déçue de vos propos.

  2. JACQUES GIRARD dit :

    Je lis toujours vos articles avec intérêt. J’aime beaucoup l’infusion de fleurs de sureu si délicatement parfumée. Pourquoi parlez-vous des feuilles que l’on récolte en plein épanouissement ?
    Continuez votre bon travail. Merci

  3. Etienne-Xavier UGEUX dit :

    Dans ce message, vous prêchez le convaincu que je suis.

    Voici une dizaine d’années, un matin par une journée d’hiver en Belgique où je vivais alors, je me suis senti mal.
    La fièvre envahissait mon corps et elle a monté jusqu’à 40°
    Je me suis couché, me contentant de boire.
    A un moment donné, simplement remuer une jambe était hyper douloureux.
    J’ai laissé faire la nature, sans paniquer.
    Le lendemain, j’étais frais et dispo comme si de rien n’était.

    Dix ans auparavant, j’avais connu une attaque semblable mais sans les douleurs musculaire qui n’avait pas duré plus longtemps.

    En 1981, j’ai rencontré non pas un médecin mais un ‘’thérapeute’’ qui m’a fait découvrir l’homéopathie. Cette année-là j’ai aussi connu l’argile verte, si miraculeuse.
    Depuis lors, je n’ai plus avalé une aspirine ou autre antidouleur chimique.
    Et j’ai bien dû avoir recours 2 ou 3 fois à des antibiotiques qu’avec mes connaissances d’aujourd’hui, je peux éviter grâce aux huiles essentielles.

    J’aurais beaucoup à raconter.

    En résumé, j’ai appris à écouter mon corps qui me parle et me permet de me soigner de manière instinctive.

    Lors de mes bilans de santé annuels, l’année dernière en Belgique, mon médecin que je vois une fois par an m’a dit que les résultats de mes analyses étaient ceux d’un jeune homme et un autre, que je consultais pour un examen plus approfondi, que la pureté de mon sang était rare.

    J’ai 71 ans, je vis en Afrique (Rwanda), et mes ‘’médicaments quotidiens ‘’ sont les fruits et légumes muris sous le soleil plus quelques compléments alimentaires et des noix variées.
    A 5h30, à l’aube, je fais ma marche rapide de 30’ et j’ai des activités professionnelles comme si j’avais 45 ans.
    Et je lis beaucoup de lettres et revues ‘’santé’’.
    Je partage mon expérience avec un maximum de gens.

    Merci pour vos bons conseils,

    EXU
    Kigali, le 6 janvier 2019

  4. Biondi dit :

    Merci pour vos précieux conseils

  5. CARRE dit :

    D’accord à 100%.,,
    Malheureusement, il ne sert à rien de le dire et l’écrire.
    Je l’ai fait à plusieurs reprises sans réponse, et surtout sans changement dans la présentation des articles : trop de publicité, trop catastrophiste, trop complotiste etc.

  6. Chantal dit :

    Bonjour, Merci pour cet article intéressant Mais n’y a-t-il pas une contradiction entre ces deux paragraphes : « Lorsqu’on prend des lapins sains et qu’on les met dans une atmosphère à 20°C, leur température est de 39°C. Lorsqu’on les met dans une atmosphère à 36°C, leur température est de 40°C. Si on leur inocule à ce moment-là le virus de la myxomatose, 63 % meurent dans le groupe basse température, contre seulement 30 % dans le groupe haute température. » et « Mon conseil : gardez la chambre relativement fraîche (moins de 20 degrés) » ?Biencordialement

  7. Rennesson Jean-Jacques dit :

    Bonjour. Votre article sur la fièvre est intéressant et utile. J’ajouterais en cas de maladie virale, du magnésium et pour notamment augmenter la transpiration, des tisanes de bourrache, sans oublier de l’eucalyptus.
    . Cordialement

  8. benoite vidali dit :

    Bonjour, Un jour que je commençais une grosse grippe une amie coréenne m’a préparé une boisson en faisant bouillir du gingembre frais, de la cannelle en rouleau et des dattes pour adoucir le goût. Piquant mais efficace! Je me suis mise au lit, sous un tas de couvertures, j’ai bien transpiré mais ensuite j’allais vraiment beaucoup mieux!

  9. Morenville Liliane dit :

    Je viens de lire que vous avez été retiré d’internet????
    vous pouvez m’en dire plus?

  10. Bernard Brassac dit :

    Monsieur Combris, vous devriez lire la note de l’excellent Xavier Bazin sur les effets extraordinaires des huiles essentielles :  » Huiles essentielles : un délicieux vent de révolte » accompagnée de centaines de témoignages dont le mien.

    Vous avez raison pour la fièvre mais sachez que vous n’aurez jamais besoin d’infusions de plantes – dont d’ailleurs les effets curatifs sont très faibles – si en amont vous détruisez les microbes et virus par l’action formidable et garantie des huiles essentielles.

    Je vais d’ailleurs, comme bon nombre de personnes que je connais m’abonner aux lettres de ce Monsieur Xavier Bazin dont les conseils sont pleins de bon sens.

  11. Samuel Halfon dit :

    Bonjour,

    Je trouve très dommage que Pure Santé utilise autant de titres d’articles ou d’emails aussi alarmistes, sensationnels, alors que vos articles ont une vraie valeur informative, car ce sont les mêmes méthodes de communication que les charlatans. Selon moi cela fait perdre beaucoup de crédibilité et d’intérêt aux yeux du lecteur, car ce que les gens recherchent avant tout, c’est de l’information, pas nécessairement à acheter un produit ou se mettre à lire grâce à un titre choc… bref, à mon avis vous gagneriez beaucoup à adopter un mode de communication plus sobre, vous auriez un taux de churn plus faible.

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