À propos des « hommes-interrupteurs »

Je les appelle les hommes-interrupteurs. Mais dans un souci d’égalité des sexes, je devrais dire que les femmes-interrupteurs existent aussi.

De qui s’agit-il ? De ces personnes qui se perçoivent elles-mêmes comme les interrupteurs de la vie des autres.

Ils n’étaient pas là, le monde était éteint, noir et assoupi. Mais maintenant qu’ils ont déboulé, fiat lux ! Pleine lumière, que la tornade démarre…

Soleil écrasant sur les autres

Ils sont le centre et l’archi-centre. Tout doit venir à eux, et celui qui s’y refuse… n’en vaut pas la peine.

Les hommes-interrupteurs ne vivent pas à la même hauteur que les autres. Ils sont au-dessus. Pas devant, pas à côté, pas en support ou en soutien. Au-dessus. Comme un soleil éclatant qui brille sur le monde, et bien souvent l’écrase.

Avec eux, reproches et remontrances volent en escadrille.

Une petite pincée de « il faut », un zeste de « on doit », une dose appuyée de « mais comment se fait-il que ? » ou encore de « Et vous attendez quoi pour faire ça ? ».

Vous voyez le genre ? On en a tous croisé, des comme ça. Dans les entreprises bien sûr, où plus on monte dans les étages, plus on risque d’en trouver. Mais je crois qu’ils peuplent toute forme d’organisations humaines : des administrations en passant par les associations, les familles ou même le club d’échecs ou de pétanque.

Ce sujet vous paraît éloigné de la santé ? Il ne l’est pas.

Combien de personnes qui se disent « malheureuses au travail », en « burn-out », combien de « gens lavés, hors d’usage » comme dit le chanteur Alain Souchon, qui se précipitent sur les antidépresseurs, les somnifères, les anxiolytiques ou la malbouffe pour compenser leur souffrance quotidienne d’être traités comme s’ils n’existaient pas.

Combien de victimes des hommes-interrupteurs ?

Et surtout, comment réagir lorsqu’on en croise un ?

Car personne ne nie la dure réalité économique de la vie d’aujourd’hui : le stress du chômage, la peur de tout perdre, la boule au ventre en se demandant si l’on sera dans la prochaine charrette ou comment on va faire pour les courses, le crédit, le loyer.

Personne ne nie que tout cela existe. Et qu’il faut affronter l’obstacle avec courage, en le regardant bien en face et en serrant les dents.

Mais il faut se dire que l’obstacle n’est pas la fin de la route. Et c’est cette idée qu’on doit, au maximum du possible, se répéter lorsqu’on est au cœur de la tempête.

Cela ne veut pas dire que ce n’est pas difficile. Mais cela signifie qu’il y aura toujours une route nouvelle.

Et puis il existe certaines choses que l’on peut faire pour se préserver.

Si vous avez le goût du risque – et celui de la provocation – vous pouvez conseiller à votre interlocuteur une tisane à la valériane ou l’exercice de Qi gong « Agiter les mains comme des nuages », histoire qu’il se calme deux minutes.

Le succès n’est pas garanti, mais vous aurez fait votre petit effet… Et puis l’humour, parfois, ça soulage.

Plus sérieusement, face à ceux qui dominent, qui écrasent, qui humilient ou qui blessent, je crois qu’on peut s’en sortir par le haut. Et cela est particulièrement vrai dans le monde du travail.

Coûte que coûte, il faut s’acharner à faire bien, à faire beau. En tout cas à essayer.

C’est la morale de l’artisan, si bien écrite dans les romans provençaux de Jean Giono.

Où celui qui est en apparence le moins libre de tous les hommes, le travailleur journalier, celui qui dépend chaque matin de la volonté d’un patron à lui donner du labeur, réussit à dépasser cette dépendance, et à transformer son travail en œuvre d’art.

Comment ?

Par le soin qu’il met à sa tâche, par son âme qu’il intègre à la matière qu’il touche, par le beau qu’il vise toujours, à chaque instant, par l’intensité qu’il met dans tout ce qu’il fait, il n’est plus un simple « employé » mais devient le vrai propriétaire de son travail.

Comme l’artiste est le vrai propriétaire, toujours, de son œuvre.

Alors c’est lui, et personne d’autre, qui devient le capitaine de sa vie. C’est lui qui l’illumine, et pas Monsieur-interrupteur.

Santé !

Gabriel Combris




Sur le même thème, vous aimerez sans-doute ...


FLASH INFO : INVASION DE TIQUES EN FRANCE Les tiques s'apprêtent à envahir les régions de France. Et les autorités sanitaires ne disent rien ! Lors d'une sim...
Cosmétiques pour bébés : sont-ils devenus fous ? L’emballage des produits, voilà l’ennemi ! Pour les crèmes et laits de toilette pour bébés, les industriels cherchent...
5 plantes méconnues contre l’arthrose Chère lectrice, cher lecteur, Même quelqu’un qui aurait vécu de longues années dans une grotte a déjà entendu parler ...

3 réponses à “À propos des « hommes-interrupteurs »”

  1. avi dit :

    merci pour cet article. c est ce que je vis quotidiennement et je ne suis pas le seul bien sur. un patron qui crie sans arret . mais comme vous le decrivez ca nous incite a faire mieux notre travail mais c est assez epuisant

  2. Kelner Rénald dit :

    Abonné je n’arrive pas à recevoir vos publications. Ce qui m’intéresse, guérir le cancer (myélome) avec les huiles essentielles.
    Merci

  3. Emmanuel Geniez dit :

    Oui bien sûr il y a des comportements ‘toxiques’ ! C’est très juste, mais pour avancer dans cette réflexion, ne pas oublier que le monde n’est pas binaire: il n’y a pas les bons et les méchants, les imbéciles et les intelligents, Chacun peut se comporter de façon odieuse ou idiote à certains moments. Bien sûr il y en a à qui ça arrive plus souvent, voire très régulièrement; il vaut mieux les éviter. Santé !

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *