Justice pour une héroïne oubliée !

Et aussi : Piste anti-âge, Tisane splendide pour ventre apaisé, La plante qui soulage le fibrome utérin, Féculents et dépression et Réflexion sur la paix…

Ce matin, j’aimerais rendre hommage à une figure oubliée de la santé naturelle, une petite ouvrière discrète qui a fait progresser la recherche médicale comme personne d’autre, sans jamais rien réclamer en échange, ni gloire, ni honneurs, ni argent.

La souris.

Je sais le sujet sensible car les défenseurs des animaux s’insurgeront contre le sort réservé à ce petit mammifère qui n’a rien demandé à personne et qui finit souvent sacrifié sur l’autel de la science, de la médecine et du progrès.

Il faudrait probablement une encyclopédie entière pour détailler les avancées thérapeutiques formidables qui furent d’abord testées sur la souris, mais il suffit d’un exemple pour prendre la mesure de ce que nous devons à ce petit animal de laboratoire.

Cet exemple, c’est celui du surpoids.

Dans un numéro récent de la revue Révélations Santé Bien-Être, le Dr Luc Bodin expliquait que les chercheurs sont en ce moment même en train d’explorer des pistes radicalement neuves sur le surpoids, avec des conséquences qui intéresseront toutes les personnes qui veulent durablement maigrir.

Et à l’origine de toute cette affaire, il y a la souris… notre petite héroïne oubliée.

Elles doublent de poids en quinze jours

Dans les années 2000, des chercheurs ont en effet observé que les souris obèses avaient un microbiote différent des souris normales [1].

Voulant savoir s’il pouvait y avoir une relation entre la flore intestinale et l’obésité, les scientifiques ont alors opéré une transplantation fécale de ces souris obèses vers des souris minces.

Résultat : ces dernières ont doublé de poids en quinze jours !!!

Mais l’inverse s’est aussi révélé vrai : si l’on transplante la flore de souris minces à des souris obèses [2], ces dernières réduisent alors leur surpoids et leur tolérance au glucose s’améliore.

Le lien entre flore intestinale et surpoids était établi.

Il restait à le confirmer chez l’homme, ce qui fut fait en 2006 par une équipe de l’université de Saint-Louis, aux Etats-Unis.

On retrouve ainsi une flore appauvrie chez 30 % des personnes en surpoids et 75 % des personnes obèses. En particulier, le microbiote des personnes en surpoids est appauvri dans sa diversité au profit de la famille Bactéroïdes et au détriment des familles Prevotella et Ruminococcus.

Derrière cette découverte, les chercheurs pensent avoir identifié la principale raison pour laquelle 90 % des personnes qui ont fait un régime retrouvent immanquablement leur poids d’avant.

Car, comme l’écrit le Dr Jean-Paul Curtay dans un dossier consacré au microbiote (cliquez ici pour en savoir plus), une flore intestinale déséquilibrée :

  • Métabolise plus de calories
  • Produit peu d’acides organiques comme le propionate, lequel réduit l’appétit et ralentit la vidange gastrique (la vidange gastrique accélérée est facteur d’intolérance au glucose), et le butyrate anti-inflammatoire.
  • Réduit l’épaisseur du mucus qui protège des endotoxines très inflammatoires – le surpoids est maintenant reconnu comme une pathologie inflammatoire
  • Altère des précurseurs de neurotransmetteurs comme la tyrosine et le tryptophane, ce qui contribue à un mauvais contrôle pulsionnel et à une tendance dépressive, conduisant à des prises alimentaires excessives, traits très souvent retrouvés dans le profil psychologique des personnes en surpoids.

Tous ces phénomènes contribuent à une évolution vers un surpoids, avec les complications inflammatoires qu’il implique comme le diabète et les maladies cardiovasculaires.

Et cette connaissance si essentielle, nous la devons à une toute petite souris de laboratoire !

Alors, en attendant de lui trouver un(e) remplaçant(e), il m’a semblé qu’on lui devait bien un chaleureux hommage, avec cette morale de fin :

Qu’importe le nom, le statut, la puissance,

Ministre, milliardaire ou bandit,

 

C’est fou ce que les grands de ce monde doivent aux tout petits !

Également dans l’actualité aujourd’hui :

Anti-âge : une piste très intéressante

L’oligo-élément lithium fait l’objet de nombreuses recherches scientifiques, avec des résultats prometteurs contre les maladies où le système nerveux central est attaqué : sclérose en plaques, accident vasculaire cérébral ou maladies plus rares comme celle de Huntington.

Récemment, des chercheurs ont aussi découvert que le lithium allongerait la vie des drosophiles de 16 à 18 % [3].

Ces mouches à fruit sont utilisées comme modèle dans toutes les études sur le vieillissement car elles partagent avec les humains 75 % des gènes liés à l’apparition de maladies.

Le lithium boosterait les défenses des cellules contre le stress oxydatif et stimulerait la croissance et la survie des neurones. Ces résultats confirment les effets positifs du lithium à petite dose (1 à 2 mg par jour) sur la santé.

Tisane d’artiste pour ventre apaisé

Depuis des générations, les herboristes élaborent la « tisane carminative » (qui permet l’expulsion des gaz et limite leur émission) à partir d’un mélange de sept graines à base d’anis vert, d’aneth, de carvi, de cumin, de coriandre, d’angélique et bien sûr de fenouil.

Et en y regardant de plus près, il faut voir la splendide ingéniosité, la subtilité si bien maîtrisée que recèle ce mélange.

Les semences sont toutes issues de la même famille des Apiacées (anciennement appelées Ombellifères) et elles possèdent toutes des propriétés digestives et carminatives.

Pour croître, ces plantes ont besoin de chaleur et d’un rayonnement solaire important, ce qui leur permet d’élaborer des huiles essentielles. Cette chaleur est retransmise à notre ventre, d’où l’effet de détente.

Mais le fenouil joue un rôle à part.

Une douce chaleur gagne vos intestins

Comme ses « collègues » du mélange carminatif, le fenouil aime la chaleur et les terrains secs, mais l’humidité et le froid ne lui font pas peur. Une contradiction ? Pas si l’on croit que cela lui vaut ses vertus équilibrantes.

Il est réchauffant comme les autres graines mais jamais en excès.

Par exemple l’anis, pourtant un proche cousin du fenouil, ne peut agir de manière si douce : l’anéthole qu’il contient peut être toxique pour le système nerveux s’il est pris à haute dose. Il est d’ailleurs contre-indiqué chez la femme enceinte et le jeune enfant.

En revanche, le fenouil contient très peu de cette substance et peut être donné à un nouveau-né ou à une femme enceinte ou allaitante, chez qui il stimule d’ailleurs la lactation.

Pour préparer une tisane carminative, mélangez les sept graines à parts égales (30 g chacune).

Le fenouil peut être pris seul également.

Dans tous les cas, on procédera en infusant une cuillerée à soupe de graines, seules ou mélangées, par bol d’eau froide. On fera chauffer jusqu’au frémissement, puis on coupera le feu et on infusera durant 10 à 15 minutes.

C’est ce qui s’appelle l’art de faire une tisane.

Auquel s’ajoute évidemment le plaisir de la boire.

++ Flash ++ Fibrome utérin : la plante qui soulage deux fois plus qu’un médicament. 

70 % des femmes de plus de 50 ans sont concernées par cette tumeur bénigne, située sur la paroi de l’utérus, qui entraîne des douleurs et une fréquente envie d’uriner. L’étude [4], randomisée en double-aveugle, a montré que la prise d’extrait de colosh noir (40 mg/j pendant 12 semaines) permettait une réduction des symptômes de la ménopause et réduisait la taille des fibromes les plus gros avec deux fois plus d’efficacité que chez les femmes traitées avec un médicament comme le Livial. +++ Le jus de grenade efficace contre l’hypertension. Une méta-analyse portant sur 8 essais randomisés contre placebo vient de souligner que le jus de grenade abaisse la pression artérielle systolique et diastolique [5]. Sans doute en raison de sa richesse en polyphénols antioxydants, qui augmentent la production de facteurs dilatateurs comme le monoxyde d’azote, générant ainsi un effet hypotenseur. La dose conseillée est de 250 ml par jour. +++ Féculents et dépression. Des chercheurs qui ont conduit une étude sur 4000 adultes ont conclu que les aliments contenant des glucides digérés rapidement (pain, pomme de terre, riz blanc, etc.), provoquaient aussi des variations du sucre sanguin dans le cerveau, provoquant de l’inflammation et facilitant ainsi l’apparition de symptômes dépressifs [6]. À l’inverse, les aliments dont les sucres sont digérés plus lentement (fruits, riz basmati, légumineuses, patates douces etc.) ne présentaient pas ce risque.

+++ Et comme dit le proverbe, « la paix avec un gourdin dans la main, c’est la guerre ».

Amicalement,

Florent Cavaler





[1] Dossiers de Santé & Nutrition, janvier 2017.
[2] Ces souris ont également reçu la bactérie Akkermansia muciniphila,
[3] Castillo-Quan JI, Li L, Kinghorn KJ and al. Lithium Promotes Longevity through GSK3/NRF2-Dependent Hormesis. Cell Rep. 2016 Apr 19;15(3):638-50.
[4] Xi S, Liske E, Wang S, et al. Effect of isopropanolic Cimicifuga racemosa extract on uterine fibroids in comparison with tibolone among patients of a recent randomized, double blind, parallel-controlled study in Chinese women with menopausal symptoms. Evid Based Complement Alternat Med. 2014;2014:717686. doi: 10.1155/2014/717686.
[5] Amirhossein Sahebkara, b, , Claudio Ferric, Paolo Giorginic, Simona Bod,
Effects of pomegranate juice on blood pressure: A systematic review and meta-analysis of randomized controlled trials. Pharmacological Research. Volume 115, January 2017, Pages 149–161[6] Bamini Gopinath, Victoria M. Flood, George Burlutksy & al. Association between carbohydrate nutrition and prevalence of depressive symptoms in older adults. BJN Volume 116, Issue 12 . December 2016, pp. 2109-2114

2 réponses à “Justice pour une héroïne oubliée !”

  1. pivoine dit :

    IMPOSSIBLE de supporter la moindre petite dose de Lithium. Même en oligo-élément.
    Pas compris pourquoi

  2. Louis dit :

    j’ai entendu dernièrement que le lithium mettait à mal la thyroïde. Depuis la catastrophe de Tchernobyl beaucoup de personnes ont des problèmes à ce sujet, d’autre part il est largement prescrit aux dépressifs. Faudrait peut être chercher les contre indications à sa prescription.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *