Longévité : avez-vous des télomères trop courts ?

Chère lectrice, cher lecteur,

Êtes-vous sérieux en ce qui concerne le rallongement de vos télomères ?

La question peut vous surprendre, mais l’enjeu est crucial. Il en va de l’augmentation de votre durée de vie en bonne santé.

Je m’explique.

Les télomères sont les extrémités terminales des chromosomes (en rose sur ce schéma) :

Pour faire simple, c’est un peu comme le petit morceau de plastique au bout d’un lacet de chaussures.

Les télomères raccourcissent à chaque fois qu’une cellule se divise, et lorsqu’ils deviennent trop courts, c’est la cellule tout entière qui est détériorée, ce qui favorise l’apparition de nombreuses maladies liées à l’âge.

Le vieillissement prématuré dû à un raccourcissement des télomères a été observé sur les souris transgéniques par la lauréate du prix Nobel de médecine 2009, Carol Greider [1] :

« Ces souris vieillissent prématurément, subissent des changements dévastateurs de leurs organes, simplement parce que l’enzyme télomérase leur a été retirée et qu’elles sont désormais génétiquement programmées pour avoir une activité de la télomérase extrêmement faible dans leurs cellules qui présentent des télomères plus courts. »

On a fait le même constat chez les êtres humains :

Les personnes ayant un nombre élevé de télomères courts dans les chromosomes de leurs globules blancs (les cellules dans lesquelles la longueur des télomères est généralement vérifiée) vieillissent généralement de façon prématurée et présentent une atrophie et une défaillance des tissus.

Une étude précédente avait montré que les personnes de 60 ans possédant des télomères raccourcis ont 3 fois plus de risques de mourir d’une maladie cardiaque et 8,5 fois plus de risques de mourir d’une maladie infectieuse que leurs semblables aux télomères plus longs [2].

Autre observation frappante : les personnes jeunes frappées par un infarctus du myocarde ont une longueur de télomères équivalente à celle de personnes âgées d’environ 10 ans de plus [3].

La longueur des télomères, c’est du TRÈS sérieux !

Je me base, pour vous écrire cette lettre, sur l’excellent travail réalisé par le Journal de la Médecine Anti-âge qui a compilé toute une série d’études sur les télomères et la façon dont on peut efficacement agir sur leur taille [4].

Il faut savoir que parmi les maladies qui pourraient être favorisées par le raccourcissement des télomères, on trouve l’athérosclérose, l’hypertension artérielle, les maladies cardiovasculaires, les maladies dégénératives ou les maladies chroniques [5].

Les personnes avec des télomères dans la longueur moyenne ont 2 fois plus de risques de développer un cancer relativement à celles dont les télomères sont plus longs !

Une étude a montré chez les personnes âgées de moins de 73 ans que chaque raccourcissement des télomères de 1 kilopaire de bases (l’unité de mesure des télomères) multiplie environ par 3 le risque d’infarctus du myocarde et d’accident vasculaire cérébral.

Étant donné que la longueur moyenne des télomères est comprise entre 2 et 10 kilopaires de bases, posséder des télomères qui ont en moyenne 1 kilopaire de bases de plus fait une énorme différence !

Avez-vous des télomères trop courts ? (Réponse ici)

Le tableau suivant liste les paramètres qui peuvent réduire la longueur de vos télomères. Il vous aide à évaluer votre risque d’avoir des télomères trop courts.

Questions Non Parfois Régulièrement Souvent Constamment Résultat
Je souffre de stress 0 1 2 3 4
Je me relaxe et/ou médite 4 3 2 1 0
Je fume 0 1 2 3 4
Je mange des aliments grillés, cuits dans de l’huile, etc. 0 1 2 3 4
Je mange des aliments cuits à la vapeur, bouillis à l’eau, etc. 4 3 2 1 0
Je mange des légumes et/ou fruits 4 3 2 1 0
Je mange du (des) sucre(ries) 0 1 2 3 4
Je prends un supplément de vitamine C et/ou de vitamine B5 4 3 2 1 0
Je prends un supplément d’acide folique et/ou de méthionine 4 3 2 1 0
Je prends des multivitamines et/ou des antioxydants 4 3 2 1 0
Je souffre de maladie cardiaque et/ou vasculaire 0 1 2 3 4
 Je souffre de diabète et/ou d’obésité 0 1 2 3 4
 Je souffre de maladie respiratoire (bronchite, asthme…) et/ou de rhumatisme  0 1 2 3 4
 Je souffre de maladie d’alzheimer et/ou de Parkinson 0 1 2 3 4
Je souffre de cancer ou j’ai eu un cancer  0 1 2 3 4
Je souffre d’une maladie importante non mentionnée ci-dessus  0 1 2 3 4
 Je suis en bonne santé 4 3 2 1 0
 Je prends un activateur de la télomérase de type astragale 4 3 2 1 0
 Je prends l’épithalon, un activateur de la télomérase de type astragale 4 3 2 1 0
Je suis un traitement aux hormones sexuelles (œstrogènes et/ou testostérone)  4 3 2 1 0
 Je prends un traitement à l’IGF-1 et/ou à l’hormone de croissance 4 3 2 1 0
TOTAL 

Si votre score total est inférieur à 20, vous avez probablement des télomères d’une taille satisfaisante.

Entre 20 et 40, on conseille la prise de suppléments nutritionnels (multivitamines, vitamine C, B5, méthionine).

Au-delà de 40, il faut sans doute ajouter la prise d’un activateur de la télomérase (extrait d’astragale ou épithalon).

Maintenant que vous savez où vous en êtes, la bonne nouvelle est que certains remèdes naturels sont capables de stimuler l’activité de la télomérase.

Autrement dit, ils permettent de s’opposer directement au vieillissement de vos cellules.

Mais comme souvent, cela suppose d’agir.

La seule « pilule miracle » pour rallonger vos télomères, c’est vous.

Le gang anti-télomères

Le premier ennemi des télomères, c’est le stress (eh oui, encore lui !!!)

Des chercheurs ont notamment suivi pendant un an 239 participantes en post-ménopause, non fumeuses et en bonne santé, sur une période d’un an.

Les résultats montrent que l’accumulation des événements stressants au cours de l’année de l’étude provoque une diminution significative de la longueur des télomères.

Cet effet est atténué par des comportements « sains » comme la pratique d’une activité physique, de bonnes habitudes alimentaires et un sommeil de qualité. Les femmes qui ont un mode de vie très sain semblent « protégées » des effets du stress sur la longueur de leurs télomères [6].

Petite précision sur ce sujet du stress : je trouve qu’il n’y a rien de plus agaçant que les « il suffit de faire ci ou ça » qu’on assène à la personne stressée, avec pour seul résultat de la stresser plus encore.

Tout ce qu’on peut proposer, ce sont des pistes qui ont déjà obtenu de bons résultats. Mais il faut avoir en tête que « la gestion du stress » est un véritable mode de vie, un marathon bien plus qu’un sprint.

Je vous renvoie à une lettre détaillée que j’ai consacrée au sujet et qui rappelle les cinq piliers essentiels de la gestion du stress (le lien est dans les notes de ce message [7]) :

  • La méditation
  • Une activité physique (l’étude américaine Nurses’ Health Study a montré que les femmes qui pratiquent la gymnastique suédoise et l’aérobic pendant 1 à 2 heures ½ par semaine ont des télomères significativement plus longs que les femmes qui ne font pas d’exercice).
  • Une alimentation équilibrée
  • Un sommeil de qualité
  • Un protocole à base de plantes antistress (ginseng, éleuthérocoque, mélisse, matricaire, agripaume, etc.).

Deuxième ennemi, le tabac.

Les fumeurs ont 3 fois plus de risques d’avoir des télomères significativement plus courts que les non-fumeurs !

Pour arrêter de fumer, vous pouvez essayer l’hypnose, l’aromathérapie, l’acupuncture, etc. Si vous cherchez une plante pour vous soutenir dans l’épreuve, je vous conseille le plantain, utile dès le sevrage.

Les vertus dépuratives et diurétiques du plantain favoriseront l’élimination de la nicotine par le foie et les reins. Il aide aussi à une meilleure respiration et à augmenter la sensation de bien-être générée par l’arrêt du tabac.

Enfin, le plantain apporte un effet réparateur aux atteintes pulmonaires de la cigarette.

On le prend en infusion à raison de 1 cuillerée à soupe par tasse. De 2 bols à 1 litre par jour, 2 semaines avant l’arrêt complet du tabac ou dès le début d’une diminution progressive de la consommation de tabac.

On peut aussi le boire en synergie avec des plantes qui agissent sur le système nerveux, comme l’aubépine ou le mélilot.

L’alimentation pro-télomère

Vous ne serez pas surpris d’apprendre que les personnes qui mangent beaucoup de légumes ont des télomères plus longs.

L’effet protecteur des légumes semble être dû à leur richesse en micronutriments antioxydants, surtout des légumes riches en vitamines A, C, E et en acide folique, et en particulier le bêta-carotène.

Les légumes riches en bêta-carotène sont les choux, les épinards, les poivrons et les légumes-racines comme les carottes.

Le statut en oméga-3 et en oméga-6, deux familles d’acides gras essentiels, jouerait un rôle important dans la préservation de la longueur des télomères.

Des chercheurs américains ont montré que les personnes qui ont plus d’oméga-6 dans le sang que d’oméga-3 ont des télomères plus courts. Il semble que les oméga-3 aient le pouvoir non seulement de préserver les télomères mais aussi de les augmenter [8].

Pour améliorer le ratio oméga-6/oméga-3, on peut réduire les sources d’oméga-6 dans son alimentation (produits céréaliers, viande et œufs d’animaux nourris au maïs, huiles et margarines de tournesol, maïs, pépins de raisin) et veiller à augmenter ses apports en oméga-3 : noix, graines de lin, huiles de colza et de lin, poissons gras, coquillages, crustacés, œufs de poules élevées en liberté ou nourries au lin.

Les compléments nutritionnels utiles (voire indispensables)

Des concentrations sanguines plus élevées en acide folique sont associées à des télomères plus longs :

« À de faibles concentrations d’acide folique chez les humains, l’incorporation de composants essentiels de l’ADN tels que l’uracile et les groupes méthyle est plus faible. Or ces composants doivent aussi être incorporés dans les télomères, par exemple ceux des lymphocytes B (cellules immunitaires qui produisent les anticorps), ce qui triple le nombre de délétions dans les télomères (la délétion est la disparition de certaines parties). [9] »

Les études chez l’homme montrent que les dommages de l’ADN sont minimisés lorsque la concentration en acide folique des globules rouges est supérieure à 700 nmol/l.

Ces concentrations sont atteintes à des niveaux d’apport supérieurs ou égaux aux apports alimentaires actuellement recommandés pour le folate (soit > 400 μg/jour) et la vitamine B12 (soit > 2 μg/jour).

Plusieurs études ont montré que des taux élevés d’antioxydants dans le corps réduisent sensiblement la production de radicaux libres et du stress oxydatif, et préservent l’activité de la télomérase.

Pour ces raisons, les hommes âgés qui ont dans le sang des taux élevés d’albumine et d’acide urique, qui sont des antioxydants, ont des télomères plus longs dans les globules blancs.

Dès que la production de glutathion dans notre organisme est inhibée, les niveaux de stress oxydatif augmentent, ce qui compromet l’intégrité des télomères et accélère la sénescence dans les cellules endothéliales, les cellules qui recouvrent la surface interne des vaisseaux sanguins.

La vitamine C est un autre antioxydant, principalement lorsqu’elle est prise sous une forme qui résiste à l’oxydation, notamment l’acide ascorbique-2-O-phosphate et l’acide ascorbique-2-O-alpha-glucoside :

« Ces deux formes pourraient augmenter le nombre de divisions qu’une cellule peut subir de 150 % de plus que la moyenne, augmentant par conséquent la durée de vie des kératinocytes, les cellules de la peau les plus superficielles. »

La vitamine E est également un micronutriment qui protège les télomères.

« Sous forme de gamma-tocotriénol par exemple, la vitamine E empêche le raccourcissement des télomères qui se produit en cas de stress oxydatif excessif dans les cultures de fibroblastes humains. »

« La vitamine E, sous sa forme alpha-tocophérol, empêche le raccourcissement des télomères en réduisant les dégâts causés à l’ADN par le peroxyde d’hydrogène (H202, aussi appelé eau oxygénée). »

« Elle le fait en restaurant l’activité de la télomérase dans les fibroblastes humains. »

Cet effet protecteur de la vitamine E sur l’activité de la télomérase n’a toutefois été démontré que chez les personnes âgées, et non pas chez les personnes plus jeunes.

Une étude a également montré que la prise quotidienne de multivitamines se traduisait par des télomères en moyenne plus longs de 5,1 % que chez ceux qui n’en prenaient pas.

Enfin, un acide aminé semble se distinguer pour son effet protecteur des télomères : la méthionine.

« La méthionine protège contre la dépression, les allergies et l’accumulation de toxines. Une étude a montré que quand des rats reçoivent un régime alimentaire pauvre en acides aminés et en protéines, mais suffisamment de méthionine, ils parviennent à avoir au fil du temps des télomères plus longs que les rats qui suivent le même régime mais d’où la méthionine a été exclue de l’alimentation. »

Voilà. C’était une lettre un peu « technique ».

J’espère ne pas vous avoir ennuyé avec trop de noms compliqués, mais vous l’avez compris, l’enjeu est absolument déterminant.

Santé !

Gabriel Combris




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[1] Site NCBI : Telomere dysfunction triggers developmentally regulated germ cell apoptosis
[2] Cawthon RM et al. Association between telomere length in blood and mortality in people aged 60 years or older. Lancet. 2003 Feb 1;361(9355):393-5.
[3] Brouilette S et al. White cell telomere length and risk of premature myocardial infarction. Arterioscler Thromb Vasc Biol. 2003 May 1; 23(5):842-6.
[4] Journal de La médecine Anti-Âge, mars 2014.
[5] Source : FEBS J. 2013 Jul;280(14):3180-93. doi: 10.1111/febs.12326. Epub 2013 Jun 24. Telomere shortening in human diseases. Kong CM1, Lee XW, Wang X.
[6] Puterman E, Lin J, Krauss J, Blackburn EH, Epel ES. Determinants of telomere attrition over 1 year in healthy older women: stress and health behaviors matter. Mol Psychiatry. 2014 Jul 29. doi: 10.1038/mp.2014.70
[7] Pure-Santé : Diminue votre espérance de vie de 33 ans
[8]Kiecolt-Glaser JK. Omega-3 fatty acids, oxidative stress, and leukocyte telomere length: A randomized controlled trial. Brain Behav Immun. 2013 Feb;28:16-24
[9] Journal de la Médecine Anti-âge. Op cit.

Une réponse à “Longévité : avez-vous des télomères trop courts ?”

  1. Kaiser dit :

    Comment lutter contre un herpès gravement récurant un énorme sur la fesse gauche ou droite toutes les semaines un s en va un autre arrive , je suis épuisée j ai 73 ans et ça dure depuis 40ans . Merci

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