Nutrition : croyez-vous encore à cette légende ?

Et aussi : Suggestion pour les voyageurs, et le grand gagnant du prix Top Goujat est…

Dans bien des esprits, le gras est encore associé au mal le plus absolu.

C’est l’ennemi de la ligne, du régime, de la bonne santé.

Pas une communication officielle sans qu’on lui accole les mots qui font peur : le gras, ça veut dire cholestérol, surpoids, accident cardiaque, AVC, mort.

Pour faire court, le gras est à peu près à la nutrition officielle ce que Freddy Krueger (Freddy et ses griffes) est aux nuits douces et paisibles. Pas franchement un ami :

 

Freddy Krueger plus effrayant que le gras

 

Pourtant comme l’histoire de Freddy Krueger, tout ceci est une parfaite légende.

La légende du gras qui fait grossir, histoire qu’on continue pourtant d’enseigner aux enfants dès le plus jeune âge : ils apprennent à l’école que 1 gramme de lipide (gras) apporte 2 fois plus de calories que 1 gramme de glucide (sucre), et que pour réduire son apport de calories, le plus efficace est donc de réduire les graisses.

À la télévision, marteau-thérapie encore : on leur répète jusqu’à la nausée qu’ils ne doivent pas manger « trop gras, trop salé, trop sucré ». La consigne de ne pas manger « trop gras » étant présentée en premier, c’est elle qui est considérée comme la plus importante pour rester en bonne santé.

Les conséquences de ce matraquage ? Des chercheurs en ont dressé (enfin) le bilan. Pas beau à voir.

 

Manger moins gras… fait grossir.

 

De 1965 à 2011, la part des graisses dans l’alimentation a diminué, passant de 45 % à 34 % des apports énergétiques journaliers ; parallèlement, celle des glucides (pain, pâtes, etc.) a augmenté, passant de 39 % à 51 %.
Conséquences :

Le poids moyen de la population a augmenté de 3,6 kg, tandis qu’un Français sur deux (47 %) présente un poids trop élevé, et plus d’un sur trois a trop de graisse abdominale, facteur de risque connu du diabète de type 2 et de maladies cardiaques.

Un Français sur trois aurait ainsi aujourd’hui besoin d’un régime pour diminuer son risque de maladies cardiovasculaires, d’insulinorésistance et de cancers.

Le pourcentage de personnes obèses est passé de 42 % à 66 % sur la même période aux Etats-Unis, et de 8,5 % à 15 % entre 1997 et 2012 en France ! Si la tendance se poursuit, on pourrait compter 30 % d’adultes obèses en 2020.

Une étude encore plus récente, publiée dans le Journal of the American Heart Association va encore plus loin. Son auteur, le Dr Dariush Mozaffarian estime que 50 000 Américains meurent de maladies cardiaques chaque année en raison de leur faible consommation de graisses.

Evidemment, il parle des « bonnes graisses ». Une subtilité qui a semble-t-il échappé à nos autorités sanitaires.

 

Risque de cancer

 

En fait, c’est assez simple, il faut retenir qu’il y a trois types de graisses :

Les acides gras trans, qui peuvent tuer

Les acides gras saturés, qui ne sont pas mauvais, mais à consommer avec un peu de modération

Et les acides gras polyinsaturés (oméga-3 notamment), qui sont excellents pour la santé.

On trouve les acides gras trans dans les biscuits, les pâtisseries et les pains industriels, les margarines, pâtes à tartiner, les crèmes desserts, glaces du commerce, viennoiseries industrielles, les chips.

C’est l’artillerie lourde de la modification chimique parfaitement malsaine, ces acides ayant été modifiés chimiquement pour devenir solides et avoir une plus longue durée de conservation.

Le procédé de fabrication implique une haute pression, une forte température, un catalyseur métallique et du gaz hydrogène. Délicieux, non ? De plus, leur fabrication implique en général les huiles végétales de la plus mauvaise qualité.

Verdict : les margarines, plats préparés ou viennoiseries augmentent aussi bien le risque de maladies cardiaques [2] que le risque de cancers.

À fuir.

 

Idéales pour la cuisson

 

Les graisses saturées ne sont PAS mauvaises pour la santé.

Il y a quelques années, on a déclaré que l’épidémie actuelle de maladies cardiovasculaires était le résultat d’une alimentation trop riche en graisses – surtout en graisses saturées.

Cette idée fausse, fondée sur des études biaisées [3], a été reprise, enseignée et mise à exécution par des décisions politiques à travers le monde, avec des conséquences catastrophiques.

La preuve, selon le PNNS (Programme national nutrition santé), en France, elles ne doivent pas représenter plus de 10 % de l’apport énergétique global.

Or, deux études publiées dans des revues médicales prestigieuses (l’American Journal of Clinical Nutrition [4] et le British Medical Journal [5]) ont passé en revue toutes les données sur ce sujet et sont arrivées à la même conclusion : les graisses saturées ne sont pas dangereuses pour le cœur.

En fait, les graisses saturées sont peu sensibles à l’oxydation, ce qui les rend très stables à la chaleur où elles sont moins susceptibles de produire des composés cancérigènes. Le beurre ou la graisse de coco ou de palmiste sont donc idéales pour la cuisson, surtout à feu vif.

D’ailleurs, si la France continue de mettre la tête dans le sable comme une autruche, d’autres autorités de santé commencent à faire évoluer leur position.

C’est le cas de la Suède : après plus de deux années de travail, les experts du Conseil suédois pour l’évaluation des technologies de la santé ont rendu un rapport intitulé « Traitement nutritionnel de l’obésité » qui réhabilite les régimes pauvres en glucides pour perdre du poids (privilégier ceux à index glycémique bas comme la patate douce, les lentilles, haricots rouges et blancs et le riz basmati en lieu et place du pain et des pommes de terre).

 

Un nouvel ami dans votre vie

 

Pour finir, juste un mot des graisses polyinsaturées (oméga-3 et 6), considérées bonnes pour la santé car certaines études montrent qu’elles réduisent le risque de maladies cardiovasculaires.

Les oméga-3 (qu’on trouve dans des poissons gras comme le saumon d’élevage, les sardines, maquereaux, harengs, anchois mais aussi l’huile d’olive, les graines de chia, le lin, la noix la cameline, le colza etc. ) sont anti-inflammatoires et réduisent votre risque de maladies liées aux inflammations [6].

Nos principales sources d’oméga-6 dans les régimes modernes sont de loin les huiles transformées végétales ou à base de graines (oléagineuses), comme la sauce soja, les huiles de maïs ou de tournesol.

Nous avons besoin d’une quantité équilibrée d’oméga-6 et d’oméga-3. Si la proportion d’oméga-6 est trop élevée, cela peut poser problème, ce qui est le cas aujourd’hui en France [7]  [8].

Finalement tout ceci se résume simplement : les produits pauvres en matières grasses sont la plupart du temps des aliments transformés pleins de sucre, sirop de glucose et édulcorants artificiels.

Le vrai gras, lui, est juste un ami qui vous veut du bien.

 

Moustiques : ils détestent ces répulsifs naturels

 

Si vous voulez mon avis, le Guide du Routard devrait publier un supplément à son édition intitulé le Guide du Routardépargné par les moustiques.

Histoire de donner au voyageur un manuel de survie lorsque citronnelle, serpentins et autres appareils de Défense Anti Moustique ont montré leurs limites.

Lavande vraie (Lavandula vera), palmarosa (Cymbopogon martinii), géranium (Pelargonium asperum), pour ne citer que les principales, peuvent largement tenir les moustiques à distance. Vraiment.

 

Le prix Top goujat…

 

 

La photo de deux femmes souriantes, visiblement épanouies, qu’est-ce que ça devient sur le compte Facebook de Top Santé ?

L’illustration d’un article sur « l’obésité » !!!

Quel goujaterie, quel manque de tact, à moins qu’il ne s’agisse d’une vision vraiment étriquée de la femme, celle que nous inflige la publicité depuis des années : sois rachitique et tais toi !?

Eh bien ! moi je dis que la beauté, ce n’est pas avoir un aspect physique « en phase » avec l’époque.

C’est un trésor qu’il faut chercher, ramasser là où il se trouve, dans les endroits parfois les plus inattendus.

Une musique agréable, un paysage à admirer, un papillon coloré qui se pose sur votre main, une poésie émouvante, ces deux femmes qui nous sourient et qui respirent la bonne humeur

Les choses, comme les gens, n’ont-elles pas aussi la beauté du regard qu’on leur porte ?

Santé !

Gabriel Combris




Sur le même thème, vous aimerez sans-doute ...


Ces plastiques qui rendent gros et fatigués Les phtalates sont des composés qui rendent les plastiques flexibles et faciles à mouler. On en  trouve dans les cadr...
Obésité et diabète : la ruse de Coca-Cola De plus en plus de consommateurs dans le monde commencent à se détourner des sodas produits par Coca-Cola, aussi bien le...
Au supermarché, rayon arnarque – la suite La « brigade des lynx » de PureSanté rentre de sa patrouille dans les rayons des grandes surfaces. Elle en a vu de b...

[1] Evan Cohen. Statistical review of US macronutrient consumption data, 1965–2011: Americans have been following dietary guidelines, coincident with the rise in obesity. Nutrition Volume 31, Issue 5, May 2015, Pages 727–732

[2] Attia-Skhiri N, Fournier N, Pourci ML, Paul JL. Trans fatty acids: effects on lipoprotein metabolism and cardiovascular risk – Ann Biol Clin (Paris). 2009 Sep-Oct;67(5):517-23.

[3] In the face of contradictory evidence: report of the Dietary Guidelines for Americans Committee

[4] Patty W Siri-Tarino, Qi Sun, Frank B Hu, and Ronald M Krauss. Meta-analysis of prospective cohort studies evaluating the association of saturated fat with cardiovascular disease. Am J Clin Nutr January 2010 ajcn.27725

[5] Saturated fat is not the major issue. BMJ 2013;347:f6340.

[6] N-3 polyunsaturated fatty acids in coronary heart disease: a meta-analysis of randomized controlled trials

[7] Rapport oméga-3 de l’AFSSA

[8] Selon des études récentes de consommation alimentaire, il serait compris entre 10 et 15, avec une moyenne à 12. L’AFSSA (Agence française de sécurité sanitaire des aliments) recommande d’augmenter la consommation d’oméga-3 et de diminuer la consommation d’oméga-6 pour atteindre un rapport de 5.

4 réponses à “Nutrition : croyez-vous encore à cette légende ?”

  1. Patricia dit :

    Effectivement pour les graisses, j’ai toujours entendu dire que le beurre était mauvais surtout le beurre cuit. Qu’il fallait préfère la margarine. J’utilise de la margarine bio. Est ce le procédé de fabrication qui rend la margarine mauvaise ou ses composants ?

    • Stone83 dit :

      Bonjour. Le beurre, je l’apprécie cru sur du pain complet. Pour la cuisine, huile de Colza ou huile d’olive uniquement. Surtout pas de tournesol.
      Amicalement

  2. Bernard Brassac dit :

    Excellent article Mr Combris.

    Etant retraité de 72 ans et ayant toujours suivi dans ma vie une bonne hygiène alimentaire et opté pour des remèdes naturels, j’ai eu vent il y a de cela une dizaine d’années que la vitamine B1 prise à une dose d’environ 500 mg par jour se révèle être un puissant répulsif pour les moustiques, midges, et autres petits insectes similaires qui nous pourrissent la vie.

    Et cela marche ! Je suis franco-australien mais habite depuis 4 ans à Tahiti. Je peux vous certifier que je ne suis jamais piqué alors qu’avant de prendre ma B1 ces petites bêtes se régalaient de mon sang.

    Si vous faites les investigations appropriées sur le web, vous apprendrez que les Marines américains durant la guerre au Vietnam prenaient tous de la B1 à haute dose afin d’éviter d’être la proie des moustiques qui prolifèrent dans ce pays et, partant, d’éviter les maladies inhérentes telles que Malaria, Paludisme. Dengue etc..

    De plus la vitamine B1 est excellente sur beaucoup d’autres points et ne comporte aucun effet secondaire néfaste.

    Il serait bon que vous en informiez vos lecteurs.

    Bien cordialement

  3. Lainé dit :

    Très bonnes informations

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *