Le petit bois aglagla

Chère lectrice, cher lecteur,

Quand on était petits, on l’appelait « le petit bois aglagla ».

Non pas qu’il y faisait froid, mais parce qu’il y faisait peur

En hiver les arbres avaient l’air bien vivants, franchement méchants même, allongeant leurs branches nues pour essayer de nous attraper… Mais vu qu’ils n’y arrivaient jamais et qu’on s’en sortait toujours, on aimait bien retourner dans le petit bois aglagla.

Et quand on n’a plus eu peur des arbres, on y est retourné quand même. D’abord en famille pour ramasser des champignons, et puis sans la famille parce qu’on avait grandi et qu’on préférait être tout seul.

On n’était plus vraiment un enfant, mais encore quand même un peu. C’était notre premier « rendez-vous ». On a choisi le petit bois, parce que c’est très pratique pour embrasser une jeune fille quand on n’y connaît rien. Les arbres sont des taiseux, ils voient comme vous vous y prenez mal mais ils gardent le secret…

Il y a quelque temps, je suis repassé dans cette région de mon enfance.

Et j’ai voulu voir ce qu’il était devenu, le petit bois aglagla.

Un Intermarché contact. Avec des Mousquetaires « tous unis contre la vie chère » !!!…

« C’est le progrès, monsieur », je sais bien, mais quand même… ça m’a mis un coup au souvenir.

Alors j’ai sorti ma guitare et j’ai composé une chanson énervée, sur l’air de « Nous n’irons plus au bois » :

Nous n’irons plus au bois
Maintenant c’est interdit.
Des gardiens, nouveaux rois,
Surveillent un Kiabi. 

C’est qu’on a construit 
C’est qu’on a bâti 
Bâti, construit,
Le progrès c’est par ici. 

La belle qui passait là, 
N’la verrons plus danser 
À la place du p’tit bois, 
C’est un Castorama. 

C’est qu’on a construit 
C’est qu’on a bâti 
Bâti, construit,
Le progrès, c’est ça aussi. 

Et la jolie bergère,
Avec son blanc panier,
Est devenue caissière, 

« Passez votre CB… »

C’est qu’on a construit 
C’est qu’on a bâti 
Bâti, construit,
Le progrès c’est leur patrie. 

Cigale, ma cigale,
Allons, il faut se taire.
Dans le centre commercial 

C’est le jour des affaires. 

C’est qu’on a construit 
C’est qu’on a bâti 
Bâti, construit,
Le progrès l’a tout pourri. 

Bon. Je ne suis pas non plus Joe Dassin.

Mais cela m’a rappelé à quel point est fragile ce qu’on peut appeler le Grand Lien.

Celui qui nous unit avec la nature, avec la vie, avec la mémoire de ceux qui nous ont précédés, et qui guide ceux qui nous succèderont.

Et nous-même, aujourd’hui, quel héritage laisserons-nous aux générations qui viennent ?

Qu’est ce qui remplacera tous les autres petits bois ?

La question est un peu effrayante quand on pense aux pesticides, au nucléaire, aux villes tentaculaires, à la nature qu’on balafre, aux industries pharmaceutique ou alimentaires prêtes à sacrifier nos vies pour leur profit.

En faisant quelques recherches rapides sur Internet, on trouve des dizaines de cas où la nature est sacrifiée sur l’autel du Dieu Argent. Près d’Albi, par exemple, c’est une jolie petite ferme datant du XIXème siècle qu’on a trouvé judicieux de démolir pour la remplacer par un Leroy Merlin et 20 hectares de terres agricoles bétonnées. Ce sera, paraît-il, la cinquième enseigne de bricolage à Albi…

Avant Après

J’imagine que vous avez vous aussi, près de chez vous, d’autres exemples à partager.

Mais il me semble qu’une réponse plus optimiste est aussi en train de se dessiner, lorsqu’on constate le regain d’intérêt pour la médecine globale, les méthodes « douces », les plantes médicinales ou encore le retour en grâce de la tradition.

Ce sont comme de nouveaux petits bois qu’on plante et qui grandiront peut-être, si nous sommes des millions à le vouloir.

C’est en tout cas le projet que nous avons formé en créant la revue La Pharmacie Secrète de Dame Nature, dont vous avez peut-être déjà entendu parler.

Elle rassemble déjà 20 000 abonnés qui, eux aussi, ont décidé de protéger leur petit bois.

Et si vous voulez en savoir plus, je vous invite à lire ici la présentation détaillée de cette revue absolument unique en son genre.

Santé !

Gabriel Combris




Sur le même thème, vous aimerez sans-doute ...


Vers la fin du règne de Monsanto ? Chère lectrice, cher lecteur, C’est à la une de tous les journaux depuis le début de la semaine : la firme multinatio...
Jeûne : le secret du manchot empereur M.Macron, alors Ministre de l’Economie, à l’inauguration des soldes d’hiver, début 2016, centre commercial Baugrenelle à...
FLASH INFO : INVASION DE TIQUES EN FRANCE Les tiques s'apprêtent à envahir les régions de France. Et les autorités sanitaires ne disent rien ! Lors d'une sim...

8 réponses à “Le petit bois aglagla”

  1. FRATERNEL dit :

    combien d’années a t’il fallu de luttes pour éviter cette aberration de construction d’un aéroport à notre dames des landes la preuve en est que si nous nous battons pacifiquement on arrive à faire reculer des projets idiots sans interet sauf pour quelques privilégiés que ne veulent surtout pas entendre parler de neige et de froid et de pluie tout çà pour avoir du soleil et après ils se plaignent de ne rien supporter mais bon sang adoptez un chien lui faut le sortir par tous les temps!j’en fait l’expérience depuis bientot 14 ans avec le meme toutou mais quel bonheur de se promener de flaner de respirer meme sous la pluie la neige et cette empathie qu’ont les animaux pour vous remercier!alors pour lutter contre l’obésité marchons humons respirons flanons observons redécouvrons!

  2. Charmouan dit :

    Merci pour cette très belle lettre. Même si le sujet est grave! Vos mots m’on fait rire ! J’ai adoré votre chanson ! Et oui, laissons notre nature en place, il faut arrêter de faire n’importe quoi ! Dame Nature nous protège, à nous de la respecter, de l’aimer, de la chérire …. Merci.

  3. Daniel Goujon dit :

    Bonjour,
    Ces soit disant vidéos, copie de méthodes américaines,
    c’est blablabla, blablabla.
    Et au bout d’un long moment la vidéo s’arrête,.. le centre d’aide… n’est pas en français !
    Mais SVP donnez-nous un texte à lire
    ce sera moins enquiquinant, car je pourrai sauter le blabla
    Je connais des personnes qui ont des problèmes de prostate, mais ce n’est pas avec le blabla qu’on va les aider.
    SVP épargnez-nous ces « vidéos » qui n’en sont pas.
    (Je suis, bien sûr titulaire de plusieurs abonnements)
    Merci d’avance.
    Daniel Goujon

  4. Maya Serein dit :

    Bonjour ! Ici, dans les Landes, certains grands bois de pins, fauchés par la tempête destructrice, ont été défrichés au profit du maîs qui pousse à grands coups d’arrosages de pesticides et avec des tonnes d’engrais !… Hélas! Mon espoir est dans ce remède que l’on extrait des pins : À quand LA RUÉE VERS CE REMÈDE MIRACULEUX SONNANT LE GLAS DU MAÎS ? Nous serons partis avant la fin du maîs pour le bétail ! Maya

  5. clark dit :

    Bravo pour la nouvelle version du « petit bois »! Ce n’était pas évident de résumer l’état de notre société…Réunissons nos forces et nos esprits pour arrêter ce qu’on appelle le progrès avant qu’il n’y ait plus une pincée de terre sur Terre…

  6. Viollet dit :

    J’ai bien apprécié votre petit bois où vous n’irez plus… J’ai le même exemple à Vouvray: un petit réparateur/vendeur d’outillage de jardin (tondeuses, tronçonneuses, etc.) qui avait une belle maison avec un splendide jardin, qui prend sa retraite, et à sa place… il y aura… Une résidence tout confort, avec parking, services, etc…
    mais, plus de fleurs!!! Ah rrrr

  7. BLANCHARD dit :

    Salut l’artiste !!!
    Il y a aussi dans le même genre :
    La maison près de la fontaine de Nino Ferrer
    Le petit jardin de Jacques Dutronc

  8. brigitte alberto dit :

    Chez ma grand’mère, où j’ai grandi, pas une ferme, pas un pavillon mais une maison de maître dont nous n’occupions que la moitié du rez de chaussée, sans confort mais avec tellement d’amour…Celle-ci, au bout d’une toute petite route communale, juste avant les bois et champs….J’y suis retournée la semaine dernière, 50 ans plus tard et, bien sûr, la banlieue a tout grignoté et ce qu’il reste du bois est devenu quasi une décharge mais…mais le hall d’entrée de cette vaste maison est resté inchangé, murs peints de couleurs fanées mais avec style, dans le souci du beau, ça ressemble à e la peinture rupestre, avec ses ocres, ses pastels. On a jamais refait la peinture…Pourquoi ? Je ne vois qu’une raison : le respect du beau. Et ça, ça m’a presque réconcilié avec l’humanité.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *