Risque cardiaque : la protéine à surveiller comme le lait sur le feu

Chère lectrice, cher lecteur,

Les Troyens se moquèrent de Cassandre lorsqu’elle voulut détruire avec une hache le cheval que les Grecs leur avaient offert.

Résultat : bim, la chute de Troie !

Eh bien il existe dans notre corps une sorte de Cassandre que nous serions bien inspirés d’écouter : la protéine C-réactive (CRP en anglais pour C-reactive protein).

Car elle a non seulement le « don » de nous prévenir de potentielles inflammations, mais un taux élevé de CRP dans le sang signifie qu’une catastrophe est peut-être sur le point d’arriver…

Mais d’abord, faisons les présentations.

La protéine aux deux visages

Cette petite particule en forme de pentagone est synthétisée par le foie et le tissu adipeux lorsque nous souffrons d’une inflammation.

En cas d’infection par exemple, la CRP soutient la défense de l’organisme en se fixant sur les anticorps pour déclencher certains mécanismes de notre immunité.

Elle est donc présente dans le sang lors de chacune de nos réactions immunitaires, faisant d’elle un excellent marqueur de l’inflammation. En d’autres termes, un taux élevé de CRP dans le sang indique qu’une inflammation est en cours quelque part dans votre corps.

Mais cette protéine sentinelle, en première ligne lorsqu’il s’agit de lutter contre une invasion virale, a aussi un autre visage, plus sombre : quand le bon Dr Jekyll s’implique dans la lutte anti-infections, le cruel Mr Hyde s’attaque à notre cœur.

En fait, comme souvent, tout est question de mesure : bénéfique quand elle est produite ponctuellement pour faire face à un agresseur, la CRP peut avoir des effets désastreux si ses taux restent élevés durablement.

De nombreux essais cliniques ont montré qu’une concentration élevée de cette protéine était liée à un risque plus important de maladies cardiovasculaires.

Une étude portant sur 10 276 personnes a notamment conclu que des taux élevés de CRP pouvaient augmenter la probabilité d’avoir une maladie coronarienne de 32 % et un accident vasculaire cérébral (AVC) de 25 % !

Mais pourquoi ce changement d’ambiance ?

Des chercheurs pensent avoir trouvé comment la CRP affecte notre système sanguin.

En examinant in vitro la réaction de l’endothélium (la paroi interne des vaisseaux sanguins) aux CRP, une équipe du St Michael’s Hospital de Toronto, au Canada, a trouvé que de fortes concentrations de protéines C-réactives diminuaient la production de monoxyde d’azote, un vasodilatateur responsable du maintien du tonus vasculaire.

Or on sait que la diminution de ce gaz joue un rôle central dans l’accélération de l’athérosclérose, principale cause de problèmes cardiovasculaires graves tels que l’infarctus du myocarde, la thrombose, l’embolie, l’anévrisme…

Une gardienne à surveiller

Le contrôle du taux de CRP devrait donc figurer dans le haut de la liste des petits gestes qui peuvent avoir une très grande importance.

En effet, une simple prise de sang suffit à vérifier notre concentration de CRP dans le sang et à déterminer si notre situation est alarmante.

Selon une publication parue dans The New England Journal of Medicine, la quantité de protéines C-Réactives dans le sang devrait, en temps normal, être inférieure à 1 mg/l.

Le risque de maladie cardiovasculaire est considéré comme moyen lorsqu’il est situé entre 1 et 3 mg/l, et comme élevé au-delà de 3 mg/l.

Les experts conseillent cependant d’effectuer 2 tests à 2 semaines d’intervalle, car le taux de CRP dans le sang est très variable.

À noter encore qu’une concentration supérieure à 10 mg/l est le signe d’une sérieuse infection, traumatisme ou maladie chronique requérant des examens supplémentaires.

Empêcher les CRP de proliférer : 2 aliments incontournables

La bonne nouvelle, c’est que votre taux de CRP peut être régulé par le biais de votre alimentation et de votre mode de vie.

Deux aliments se sont d’ailleurs particulièrement distingués auprès de la communauté scientifique, et sans surprise ce sont deux « vieux routiers » de la santé naturelle, le miel et l’ail, dont nous avons déjà parlé à de nombreuses reprises.

Une étude portant sur 55 patients et publiée dans le Scientific World Journal a notamment montré que la consommation quotidienne de 70 g de miel pendant 30 jours diminuait la CRP de 3,3 % ainsi que d’autres facteurs de risques de maladies cardiovasculaires [1].

En 2012, d’autres recherches ont montré qu’un extrait d’ail couplé à de la coenzyme Q10 diminuait également le taux de CRP dans le sang [2]. 24 participants recevaient un mélange d’ail et de coenzyme Q10 tous les jours durant 1 an tandis que 26 autres suivaient un traitement placebo. Les résultats montrent que le premier groupe avait un niveau de CRP significativement plus bas que le groupe témoin.

Plus généralement, tout ce qui favorise l’inflammation est susceptible d’augmenter les concentrations et donc les risques de maladies cardiovasculaires : stress, tabac, viande, friture, sucreries, graisses saturées…

À l’inverse, une diète privilégiant les produits anti-inflammatoires (fruits, légumes, oméga-3…), une pratique régulière de sport et un sommeil suffisant agissent en prévention de ces risques.

Trois compléments alimentaires en cas d’excès de CRP

La vitamine D : prendre de la vitamine D permet de diminuer le taux de CRP dans le sang, comme l’ont attesté de très nombreuses études. Il est conseillé de consommer 2000 UI/jour.

La vitamine C : plusieurs publications mettent également en avant les bienfaits de la vitamine C chez les personnes obèses ou diabétiques pour réduire des niveaux souvent trop élevés de CRP et d’autres marqueurs inflammatoires. Il est recommandé de prendre 250 mg/jour, répartis sur l’ensemble de la journée.

Le magnésium : une méta-analyse incluant les données de 32 918 personnes a conclu qu’un régime riche en magnésium était associé à une concentration plus basse de CRP. Il vaut mieux commencer par 1 sachet de 300 mg/3 fois par jour durant 3 mois, puis diminuer progressivement la dose.

Amicalement,

Florent Cavaler




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[1] https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/18454257

[2] https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pmc/articles/PMC3425023/

Une réponse à “Risque cardiaque : la protéine à surveiller comme le lait sur le feu”

  1. DUPONT dit :

    Merci pour cet article très intéressant. Par contre, sur les prises de sang, le taux de CRP n’est jamais marqué. Il est indiqué uniquement si il est inférieur ou égal à 5 ou supérieur à 5 ! Alors que pour vous c’est à partir de 1 qu’il commence à être préoccupant; comment faire ?

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