Santé : excellent poisson d’avril

Chère lectrice, cher lecteur,

À moins d’avoir vécu les dernières décennies dans une grotte sans wifi, il est difficile d’ignorer que la sardine (Sardina pilchardus) est le petit trésor que la mer nous offre pour la santé du cœur et du cerveau.

  • C’est une excellente source de coenzyme Q10, un antioxydant puissant capable de protéger le cerveau et tout l’organisme contre les radicaux libres, et d’optimiser la production de l’énergie cellulaire.
  • La sardine contient également du zinc, autre antioxydant indispensable au développement cérébral et qui participe à la transmission de l’influx nerveux.
  • C’est un poisson gras riche en oméga-3, en DHA ou « acide docosahexaénoïque » et EPA ou « acide eicosapentaénoïque ».
  • Or, nos structures neuronales (membrane et gaine de myéline) sont riches en DHA qui améliore le fonctionnement des récepteurs, fluidifie et accélère la transmission nerveuse.

Mais vous savez tout ça par cœur.

Seulement une lettre récente de mon estimé collègue Xavier Bazin au sujet du poisson, a semé quelques doutes sérieux quant aux bienfaits de notre sardine [1].

Il évoque notamment le problème bien connu de la contamination des océans par le mercure, un métal lourd particulièrement nocif pour le système nerveux.

Lorsqu’il pénètre dans votre corps (par le tube digestif ou par la peau), le mercure se fixe dans vos tissus adipeux (gras) – notamment dans votre cerveau qui est constitué à 80 % de graisses.

Il exerce alors des effets délétères en bloquant nos enzymes, entraînant des problèmes neurologiques. Il est particulièrement dangereux sur le cerveau du fœtus et a récemment été associé à l’hyperactivité [2] et à un risque accru de maladie auto-immune [3].

Le mercure se concentre et s’accumule dans les tissus des organismes vivants tout au long de la chaîne alimentaire.

C’est ce qu’on appelle la bioaccumulation. Et c’est ce qui explique pourquoi la concentration de mercure est plus importante chez les gros prédateurs de la mer : thon, requin, espadon, mérou, etc. dont on déconseille la consommation.

Et là, vous allez me dire « Mais justement, on croyait les petits poissons comme la sardine épargnés par ce danger ?! »

Absolument ! Sardine 1/ Mercure 0.

Seulement Xavier Bazin pointe une autre menace, moins connue, et qui tient en trois lettres celle-là : BPC (pour biphényles polychlorés), des perturbateurs endocriniens interdits depuis 1987, mais qui continuent malgré tout de polluer car ils sont très peu biodégradables.

Or il se trouve cette fois que ce sont les poissons des rivières et des côtes – et notamment les sardines – qui sont le plus touchés par les BPC.

D’après l’Agence française de sécurité alimentaire (ANSES), les sardines seraient même le plus gros contributeur de BPC dans notre alimentation.

BPC 1/ Sardine 0… 

🙁 🙁 🙁 🙁 🙁 🙁 🙁 (Arghhhhh !)

Franchement, c’est à désespérer.

Un jour la sardine nous est présentée comme le Trésor de Rackham le Rouge, et le lendemain, Bam ! C’est « arrière toute », haro sur Sardina pilchardus.

Alors on fait quoi ?

On se calme et on boit frais, répondrait le réalisateur Max Pécas. On peut aussi se préparer une petite tisane détente (recette ici)…

Surtout, on ouvre le Journal de la Médecine Anti-Âge pour faire la connaissance du Dr Rose Razafimbelo (cliquez ici pour en savoir plus sur le Dr Razafimbelo et sa cuisine anti-âge).

Cette nutritionniste s’est rendue célèbre dès 1997 en publiant le guide La Nouvelle façon de se nourrir. En 2005, elle a publié le grand guide Tout sur les compléments alimentaires qui sert de référence aujourd’hui sur le sujet.

Et s’il y a UN poisson qu’elle recommande de mettre dans l’assiette, c’est bien la sardine.

N’en déplaise aux BPC.

Le tout est d’être mesuré.

Les apports recommandés en oméga-3 correspondent à environ 3 poissons gras par semaine.

Eh bien, le Dr Razafimbelo conseille tout simplement de réduire la consommation à un seul par semaine, complété par 2 cuillerées à soupe de d’huile de colza par jour, des graines de chia et de lin broyées.

Je signale au passage qu’il existe une algue, la chlorella, qui a la capacité de se lier aux métaux lourds dans votre alimentation et de les entraîner hors du corps, en douceur.

Accessoirement, elle est aussi riche en vitamine B, en GABA (apaise et diminue l’anxiété), folate, en vitamine B12 et en fer… Mais je n’en dis pas plus sur la question sous peine de voir réapparaître dans mes cauchemars mon professeur de français, le sévère Monsieur R. me fixant de ses petits yeux tout ronds et tout noirs et me disant : « Vous êtes encore hors sujet, Combris »… 

Restons sardine, donc, avec cette délicieuse recette que j’emprunte au Dr Rose Razafimbelo, parce qu’elle est excellente pour la santé !

Sardines marinées fruitées

Ingrédients (pour 2 personnes)

  • 4 petites sardines
  • 2 c. à s. de ciboulette finement hachée
  • 1 c. à s. de tamari (à teneur réduite en sel)
  • 2 c. à s. d’huile de colza bio
  • 1 c. à s. de poudre de gingembre
  • 2 kiwis fermes
  • 1 avocat mûr
  • 2 c. à s. d’huile d’olive extra vierge
  • 1 petit verre de jus de citron bio fraîchement pressé
  • 1 c. à c. de zeste de citron

Préparation

  1. Retirez les écailles des sardines et videz-les. Rincez-les, retirez les têtes. Découpez-les en deux filets, retirez l’arête centrale et déposez dans un plat creux.
  2. Saupoudrez le gingembre et le zeste, arrosez du jus de citron, du tamari, de l’huile de colza ; conservez au frais, à couvert, au moins une heure.
  3. Faites chauffer à feu doux dans l’huile d’olive la pulpe de l’avocat escalopée pour la servir tiède.
  4. Disposez-les dans une assiette plate chaude de manière concentrique ainsi que les kiwis découpés en fines rondelles, et déposez-y les filets de sardines marinées.
  5. Une pincée de ciboulette et voilà.

C’est quand même plus simple que de s’affoler sur la sardine !

Santé !

Gabriel Combris




Sur le même thème, vous aimerez sans-doute ...


« À la soupe de légumes, la France reconnaissante… » La France, disait Alexandre Dumas, est une « nation soupière ». Mais alors quoi ? L’audace de nos grands militaires, ...
Connu comme le loup blanc Elles sont « connues comme le loup blanc » , les 16 règles du Dr Tal-Schaller pour être sûr de tomber malade. Mais je cr...
Diabète : ne finissez pas avec les deux jambes amputées Je vous présente Richard Doughty, 59 ans. Il est fin comme une allumette, sportif, court très régulièrement et joue ...

[1] site : Santé Corps Esprit : Arrêtez de manger du poisson (sérieusement) 
[2] Arch Pediatr Adolesc Med. 2012;():1-9.
[3]  Somers ECGanser MAWarren JSBasu NWang LZick SMPark SK. Mercury Exposure and Antinuclear Antibodies among Females of Reproductive Age in the United States: NHANES. Environ Health Perspect. 2015 Feb 10.

7 réponses à “Santé : excellent poisson d’avril”

  1. Tim Sanders dit :

    Bonjour.
    Je n’arrive pas à retrouver la lettre de Xavier Bazin à laquelle vous faites référence (poisson), pourriez-vous me la renvoyer svp?
    Merci d’avance.
    Cdt
    Tim Sanders

  2. sureting jacqueline dit :

    je suis deja abonnee mais je voudrais savoir comment recevoir tout les livres que vous proposez lors de l inscription,

  3. Blanc dit :

    Le flou est total qu’attendez vous pour faire analyser les taux de mercure et de PCB dans des échantillons de sardine de l »océan et de Méditerranée?

  4. Malika Belaggoun dit :

    Bonjour Monsieur Combris
    Excellent
    Merci pour ces informations utiles
    Bien à vous

  5. Francq dit :

    Les meilleures sardines, celles de Tunisie, et non pas les sardines hors de prix et mauvaises de la belle iîloise, tunisie, et en particulier si du daoud, et les sardines du cap bon.

  6. Plée Dominique dit :

    Mais quid des sardines en conserve ?

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *