Scandale, des femmes préfèrent la nature !

Chère lectrice, cher lecteur,

Depuis l’an 2000, les méthodes naturelles de contraception gagnent du terrain alors que les méthodes hormonales ou chimiques reculent.

 

La « pilule », notamment, n’est plus utilisée par 43,4 % des Françaises en 2013, contre 53 % en 2000.

Les méthodes naturelles (retrait, méthodes Billings, symptothermie, etc.) connaissent un regain d’intérêt, passant de 8 à 12 % des Françaises sur la même période.

 

Naïvement, on pourrait se réjouir de cette tendance…

 

 

« Mais vous êtes complètement fous ou quoi !?»

 

« Il s’agit de “méthodes d’un autre âge” qui valaient pour nos grand-mères parce qu’elles n’avaient pas le choix !! »

« Mais des femmes modernes, actuelles, informées, qui préfèrent la nature ? Au secours, on n’est plus au Moyen-Âge ! » 

 

Voilà, en substance, le cri d’alarme poussé par la Fédération nationale des collèges de gynécologie médicale (FNCGM) [1], qui a souhaité « alerter sur le recours massif des femmes aux contraceptions naturelles ».

Bien sûr, vous pouvez compter sur les médias officiels pour relayer ces inquiétudes sans la moindre réserve. Le doigt sur la couture, c’est haro sur le naturel !

 

« Gare aux méthodes naturelles » avertit Le Figaro [2].

« Les méthodes naturelles de contraception ne se sont pas si efficaces », affirme le site pourquoidocteur.fr

 

Le journal Le Point fait dans le même ton que ses confrères, mais vous allez voir qu’il se distingue par une remarquable confusion mentale :

 

« L’efficacité de la contraception “naturelle” est relative », nous dit sa journaliste qui ajoute : « les méthodes naturelles connaissent jusqu’à 25 % d’échecs. À titre de comparaison, le préservatif masculin est efficace à 85 %, la pilule 91 % et le stérilet 99 %. »

 

Autrement dit : « jusqu’à 25 % d’échecs », cela veut dire que les méthodes naturelles sont efficaces au minimum à 75 %, soit juste 10 % de moins que le préservatif, et 16 % seulement par rapport à la pilule.

C’est une différence, certes, mais qui n’a absolument rien de phénoménal.

 

Ce qu’ils « oublient »
à propos de la pilule

 

Surtout, nos journalistes « oublient » de mentionner les effets secondaires liés à la pilule contraceptive.

Et là, les différences sont réelles, notamment pour les les pilules dites « de 3e et 4e génération  [3] » :

En 2007, la Commission de transparence de la Haute autorité de santé écrivait : « Les contraceptifs de 3e génération n’apportent pas d’amélioration par rapport aux contraceptifs de 2e génération. »

Pire, selon la commission, le risque de formation d’un caillot sanguin dans les vaisseaux est 1,5 à 2 fois plus élevé que pour les pilules de 2e génération.

Des risques confirmés par une étude danoise, publiée dans le British Medical Journal fin 2011 [4]

Selon l’ANSM, il y aurait de 20 à 40 décès par an sous pilule de 3e génération, dont « 14 à 28 par embolie pulmonaire ».

Mais l’Association des victimes d’embolie pulmonaire (Avep), créée par le père d’une victime, estime pour sa part que le nombre de décès serait de 589 à 1596 par an.

 

Quand les médecins
préfèrent ne rien dire…

 

Par ailleurs, une autre étude, confidentielle a montré que les médecins ne déclarent pas assez les effets secondaires liés à la pilule [5] !

L’étude a été réalisée par un hôpital universitaire français qui a consulté ses archives des patientes âgées de 15 à 25 ans ayant été victimes d’embolie pulmonaire, thrombose veineuse profonde ou encore AVC.

Les chercheurs ont ensuite comparé leurs résultats aux déclarations d’effets indésirables (c’est ce qu’on appelle la « pharmacovigilance ») liés à la pilule faites par les médecins dans la région.

Or, sur 47 cas d’accidents graves, seuls 3 d’entre eux ont été déclarés aux autorités sanitaires !

Cela paraît incroyable et pourtant il y a de bonnes explications à cela : dans certains cas il s’agit de cacher une prescription inadaptée, dans d’autres les médecins préfèrent rester discrets pour ne pas s’attirer les foudres du laboratoire pharmaceutique qui produit le médicament (oui, oui, ça se passe réellement comme ça : le Dr Chiche, cardiologue marseillais qui avait fait une déclaration d’effets indésirables sur le Médiator a subi les pressions d’un adjoint au maire avant d’être poursuivi en diffamation par le laboratoire Servier…).

Enfin, on sait aujourd’hui que toutes les pilules (y compris la nouvelle pilule aux hormones naturelles QLAIRA [6]) augmentent de manière plus ou moins grande les risques de thrombose, d’accident vasculaire cérébral, d’infarctus [7] ainsi que des cancers du sein, du col de l’utérus et du foie [8].

Alors avant de s’alarmer sur le « retour en grâce » des méthodes naturelles de contraception, je pense qu’il aurait été intéressant de rappeler ces faits.

Parce qu’ils permettent de tirer une conclusion bien différente de celle de nos journalistes : les méthodes naturelles de contraception sont utiles, performantes et sans danger.

Je ne peux bien sûr pas toutes les détailler dans cette lettre, mais je voudrais parler un instant de l’une d’elles, la symptothermie, qui offre une sécurité comparable à celle de la pilule.

Encore une donnée qui a « échappé » à nos médias officiels.

La symptothermie pour les nuls

 

La symptothermie est pourtant reconnue par l’Organisation mondiale de la santé (OMS) pour ses résultats remarquables : pour 900 femmes suivies pendant 20 ans, le taux de grossesse non planifiée s’élève à 0,4 pour 100 femmes par an lorsque la méthode est appliquée sérieusement [9].

La journaliste scientifique Annie Casamayou a consacré à ce sujet un remarquable dossier dans la revue Alternatif Bien-Être, et la première chose sur laquelle elle insiste est la méconnaissance qu’ont les femmes de leur propre corps.

 

« Elle ne repèrent pas autre chose de leur cycle que les règles. »

 

La symptothermie est donc en premier lieu une réappropriation de son corps et de son fonctionnement. Avec cette méthode, la femme réapprend à devenir l’interprète de ses propres sensations corporelles.

Car la méthode demande l’auto-observation de deux signes : la glaire produite au col de l’utérus (sympto) et la température corporelle (thermie), auxquelles s’ajoutent éventuellement les transformations du col de l’utérus :

 

La glaire

 

Durant les premiers jours du cycle (comme après l’ovulation), le col de l’utérus est fermé, aucune glaire n’est fabriquée et les spermatozoïdes ne survivent que quelques heures dans le vagin. Une grossesse n’est pas possible.

Ensuite, sous l’action des œstrogènes, la glaire commence à être produite et sa consistance se modifie au fur et à mesure que le taux d’œstrogènes augmente.

L’impression d’avoir le vagin humide ou l’apparition de la glaire sur la vulve deviennent de plus en plus évidentes de jour en jour.

Les premières sensations marquent le début de la fenêtre de fertilité, et avec un peu d’entraînement toutes les femmes sont capables de reconnaître les différentes qualités de la glaire et de voir comment elle se transforme à l’approche de l’ovulation. Pour faciliter la montée des spermatozoïdes, elle devient plus abondante, plus fluide et plus glissante.

Puis, après l’ovulation, sous l’influence de la progestérone, la glaire coagule et se tarit brusquement, marquant la fin de la période fertile. La hausse de température qui accompagne la montée de la progestérone permet de confirmer de façon sûre le passage en phase post-ovulatoire.

 

La température

 

Le pic de progestérone qui amorce la deuxième phase du cycle est marqué par une augmentation de température de quelques dixièmes de degrés.

À partir du sixième jour du cycle, il faut prendre sa température le matin au réveil et la noter sur un graphique.

La température reste quelques jours à un niveau plus ou moins égal, et quand la courbe thermique se décale vers le haut, c’est que l’ovulation a lieu, et au troisième jour de température haute, la possibilité d’une grossesse est complètement écartée.

Comme la température peut varier en fonction du manque de sommeil ou d’une infection, ces paramètres sont à reporter sur le graphique pour interpréter avec justesse les écarts de température.

Un mystérieux fil tendu

 

Comme le résume Annie Casamayou, « l’expérience d’une bonne trentaine d’années de la symptothermie montre que plus une femme s’observe et plus elle se met à l’écoute de son corps, mieux elle appréhende les signaux, certes parfois subtils mais toujours compréhensibles de son cycle, douleurs dans le ventre, tensions dans les seins, etc. »

Se réapproprier cette subtilité, cette connaissance intime que l’on peut avoir de son corps est évidemment un avantage majeur par rapport à l’absorption mécanique d’une pilule.

Un autre atout de la symptothermie est aussi l’implication de son partenaire, car la femme n’est plus seule à assumer la contraception.

Celle-ci (re)devient une affaire de couple, puisqu’au cours de la période fertile il faut choisir d’éviter les relations sexuelles ou se protéger pour ne pas tomber enceinte.

Ainsi, cette méthode redonne à la sexualité une dimension là aussi très subtile, comme un fil tendu entre la contrainte liée au corps et la liberté du désir.

Un fil qu’on emprunte à deux, dans le mystère sans fin de l’amour et de la vie.

Santé !





[1] http://www.lepoint.fr/sante/la-contraception-naturelle-en-question-26-02-2018-2197867_40.php
[2] http://leparticulier.lefigaro.fr/jcms/p1_1712042/gare-aux-methodes-de-contraception-naturelles
[3] On parle de pilule de 1re, 2e, 3e ou de 4e génération en fonction du type de progestatif contenu dans la pilule. Les contraceptifs oraux combinés dits de 3e génération sont les pilules qui contiennent comme progestatif du Désogestrel, du Gestodène ou du Norgestimate. Elles ont été mises sur le marché à partir de 1984.
Les autres contraceptifs oraux combinés (parfois appelés contraceptifs oraux combinés de 4e génération) contiennent comme progestatif de la Drospirénone, de la Chlormadinone, du Diénogest ou du Nomégestrol. Elles sont apparues en 2001.L’œstrogène, lui, est identique quelle que soit la pilule, l’Ethinyl-Oestradiol.[4] http://www.bmj.com/content/323/7305/131.full
[5] http://sante.lefigaro.fr/actualite/2013/01/14/19693-pilule-47-accidents-graves-dans-region-francaise?page=1
[6] Voir journal Alternatif Bien-Être N°116, mai 2016.
[7] Øvind Lidegaard, Dr. Med. Sci., Ellen Løkkegaard, Ph.D., Aksel Jensen, M.Sc., Charlotte Wessel Skovlund, M.Sc., and Niels Keiding, M.Sc. – Thrombotic Stroke and Myocardial Infarction with Hormonal Contraception – N Engl J Med 2012; 366:2257-2266June 14, 2012DOI: 10.1056/NEJMoa1111840
[8] Cogliano V, Grosse Y, Baan R, Straif K, Secretan B, El Ghissassi F; WHO International Agency for Research on Cancer. Carcinogenicity of combined oestrogen-progestagen contraceptives and menopausal treatment. Lancet Oncol 2005; 6: 552-3.
[9] FRANK-HERRMANN P, HEIL J, GNOTH C, TOLEDO E, BAUR S, PYPER C, JENETZKY E,.STOWITZKI T, FREUNDL G. The effectiveness of a fertility awareness based method to avoid pregnancy in relation to a couple’s sexual behaviour during the fertile time: a prospective longitudinal study. Hum. Reprod, 22, 5 :1310-1319, 2007.

8 réponses à “Scandale, des femmes préfèrent la nature !”

  1. Clausse dit :

    Je viens de lire votre article et je réagis. Avant même d’avoir eu la moindre relation sexuelle (il y a plus de cinquante ans !) j’ai été informée de l’existence de ce qu’on appelait alors la méthode des températures. Pendant des mois, j’ai pris ma température chaque matin : eh bien je peux vous dire que je n’ai jamais observé ce fameux palier après l’ovulation, c’était du n’importe quoi et mes cycles n’ont jamais été réguliers. Heureusement que bientôt la pilule est apparue.

  2. E. A. C. Lenoble dit :

    les filles, on est toujours gagnante à écouter son corps ! la contraception hormonale est un traitement allopathique à très long terme et les conséquences sont gravissimes justement à long terme; il faut avoir à l’esprit que tout médicament – et le traitement contraceptif est un traitement médicamenteux alors que la grossesse n’est pas une maladie !!! – déclenche automatiquement des réactions adverses dans le corps ; le contraceptif hormonal est très ingénieux mais entre en conflit avec le système nerveux qui ne se laisse pas trompé et réagit en modifiant ses messages à tous les autres systèmes fonctionnels du cors (osseux, circulatoire, digestif, immunitaire, etc.,. …. !) lesquels, du coup, vont répondre à un message erroné induit par le contraceptif qui crée une situation illusoire dans le corps … je ne sais pas si vous imaginez un peu le résultat mais les cas d’embolie pulmonaire sont bien réels tout comme l’explosion de cas de cancer du sain, du col de l’utérus, des ovaires ….. et toutes ces  »bénédictions » sont que pour vous, les filles, pas pour l’homme (les hommes ?!) qui profite de l’aspect physique de vos sentiments; j’ai trop souvent entendu cette phrase  »elle lui a fait un enfant dans le dos » que ça me révolte ; comme si ces mecs ne savaient pas que d’une copulation naît un enfant !! hors de question que les filles retournent au foyer pour faire la cuisine, le ménage et le devoir conjugal afin d’agrandir autant que possible la famille mais mettre leur santé en danger voire abréger leur vie, ça non, je ne trouve pas que c’est une avancée , loin de là ! il y a une déresponsabilisation du mâle quasiment d’état depuis cette histoire de contraception ; quand j’entends les discours dans les infirmeries des écoles  »tu as le droit d’avoir des relations intimes avec des garçons si tu veux ! » j’ai l’impression d’halluciner !!! loin de moi l’idée de faire des nones de nos filles mais de laisser cette approche physique qui doit être le couronnement des sentiments réels se transformer presque dans un exercice physique ordinaire qui peut arriver jusqu’à la dégradation morale, franchement, je suis révoltée ! avoir des relations intimes implique d’être un couple, pas de sexes qui se croisent dans une soirée dans l’espace de l’arrière d’une voiture, d’un compartiment de wc ni même d’une chambre d’hôtel si luxueuse soit elle ! je crois que nos filles méritent infiniment mieux ne serait ce que parce que la femme sera toujours l’avenir de l’homme ; il faut mettre le paquet sur l’éducation du mâle pour qu’il prenne sa vraie place d’homme à côté de la femme qu’il désire être à ses côtés toute sa vie, une place complémentaire à celle qui est à elle, ni supérieure ni inférieure !

  3. Perrin dit :

    J’approche les soixante ans. Ma mère m’avait enseigné la méthode de symptothermie, qu’elle avait elle-même utilisée avec succès dès 1952. Elle a eu uniquement les deux enfants désirés par le couple grâce à cette méthode. J’ai également utilisé cette méthode avec succès quand j’ai cessé de prendre une pilule contraceptive, après cinq ans d’utilisation. Il me semble important que les jeunes femmes soient informées de cette méthode afin qu’elles puissent décider de leur choix. Merci d’avoir écrit à ce sujet.

  4. AgisseZ dit :

    « Celle-ci (re)devient une affaire de couple, puisqu’au cours de la période fertile il faut choisir d’éviter les relations sexuelles ou se protéger pour ne pas tomber enceinte. » … TOMBER enceinte … Je suis tomber enceinte … quelle horrible description n’inspirant que la fatalité et la négativité comme tomber malade !!! on ne fait pas exprès de tomber … tomber fait toujours mal (même amoureux !) … Pourquoi ne pas utiliser le verbe « être » tout simplement … « se protéger pour ne pas être enceinte » c’est responsable et positif … comme Je suis enceinte +++ !!!

  5. odile Croysez leflond dit :

    Bonjour, j’ai lu avec beaucoup d’intérêt votre lettre sur la contraception naturelle, nous appelions cette méthode de la température : « Oginot » , et … Il y a eu beaucoup de bébés « Oginot » preuve que cette méthode est très aléatoire, car elle ne tient pas compte a) des fatigues éventuelles de la femme ce qui trouble la courbe de température, b) de la durée de vie des spermatozoïdes dans le conduit vaginal…

  6. Genevièv Houitte dit :

    Bonjour
    Je suis un de ces bienheureux bébé de cette méthode « naturelle »dite à l’époque « ogino ».
    Pas désirée , pas aimée, et surtout pas attendue,arrivée après un fils adoré et une grave septisemie avec perte d’un second enfant , j’ai vraiment bataillé pour avoir une petite place dans la famille. Jusqu’à ce que le jour où j’ai voulu avoir une enfant j’ai découvert ma stérilité. ….alors votre discours est insupportable. J’ai milité pour la contraception et l’avortement alors je pense que toutes les femmes sont libres de leur corps et que là est le combat pour que cela perdure dans tous les pays du monde et qu’elles n’écoutent pas vos conseil de marabouts.

  7. Blanc dit :

    Cette méthode n’est rien d’autre que la méthode Billings enseignée par une association en France depuis belle lurette et dont personne ne parle. Il aurait été honnete de la part de la personne d’y faire référence.
    cordialement : J.F.Blanc

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