Ce message est à lire… aux toilettes

Chère lectrice, cher lecteur,
 
Si vous ouvrez ce message alors que vous êtes assis sur la cuvette, on peut dire qu’il tombe à pic.
 
En revanche, refermez-le si vous êtes en train de manger. J’y aborde un sujet peu ragoûtant mais essentiel : les selles.
 
C’est un sujet tabou qu’il est difficile d’aborder avec son entourage. Pourtant, les selles sont un très bon indicateur de la santé, une sorte de baromètre de votre santé intestinale.
Bien sûr, « lire dans la cuvette de vos toilettes » ne dispense pas de consulter un gastro-entérologue lorsqu’on souffre de troubles digestifs récurrents et douloureux, mais c’est déjà une première étape vers une meilleure santé intestinale.

Ce que vos selles disent de vous

Contrairement à ce que l’on pense, les selles rejetées ne proviennent pas uniquement de l’alimentation.
 
La matière fécale est majoritairement composée d’eau et de substances produites par l’organisme comme la bile, les sucs du pancréas, les cellules mortes du sang, etc.
 
Des selles saines sont généralement brunes à cause de la présence de bile et de bilirubine, mais peuvent varier du marron clair au jaune, en passant par le gris ou le vert lorsque le système digestif est perturbé.
 
Dans la lettre d’aujourd’hui, j’aimerais cependant m’arrêter sur la consistance des selles rejetées. Ne vous inquiétez pas, vous n’aurez pas besoin de les malaxer pour faire un diagnostic.
 
Un simple coup d’œil suffira.
 
Sachez premièrement qu’un aliment, depuis la bouche jusqu’à l’anus, passe une dizaine d’heures dans le tube digestif et cela peut fortement varier (jusqu’à une centaine d’heures si vous êtes constipé !).
 
C’est d’ailleurs la vitesse à laquelle la matière traverse l’intestin qui déterminera la consistance de vos selles. (Plus elle passe rapidement, plus elle sera liquide).

7 types de selles que vous laissez dans la cuvette

Vous connaissez l’échelle de Richter, qui permet de mesurer la magnitude d’un tremblement de terre ?

Eh bien c’est exactement la même chose pour l’échelle de Bristol, mais pour mesurer l’état de vos selles.

L’échelle de Bristol a été créée en 1997 par l’Université de Bristol (qui lui a donné son nom). Si l’on pense aux milliers d’années où l’homme a fait ses besoins sans se soucier de l’état de sa matière fécale, il s’agit d’une découverte relativement récente.

Celle-ci classe les selles en 7 types. Si vous vous approchez du type 3 ou du type 4, c’est un indicateur d’une bonne digestion.

Comme il n’est pas toujours facile de mémoriser de longues listes, j’ai un petit moyen mnémotechnique pour vous aider à vous souvenir de ces 7 types. Je les ai associés aux formes de différents aliments :

 Type 1 : en forme de noisettes
 
Elles ressemblent à de petites boules, dont la texture est dure et compacte. C’est le signe qu’elles ont passé beaucoup de temps dans le gros intestin et indiquent une constipation lourde.
 
Type 2 : en forme de saucisses grumeleuses
 
Elles ressemblent à un assemblage de petites boules sous forme de saucisse. Ces selles indiquent aussi que vous êtes constipé.
 
Type 3 : en forme de saucisses
 
Elles ressemblent aussi à une saucisse, mais seulement avec de légers reliefs à la surface. C’est un signe que votre digestion est bonne ou que vous souffrez d’une constipation très légère.
 
Type 4 : en forme de serpentin bien lisse
 
C’est la forme parfaite et cela indique une très bonne digestion. Tout est lisse et doux et il est très facile de les évacuer.
 
Type 5 : en forme de petits chocolats fondus
 
Elles ressemblent à des petits morceaux de chocolat fondus. C’est à surveiller car cela indique un dysfonctionnement intestinal.
 
Type 6 : en forme de « hachis »
 
Elles ont à une texture très molle, presque liquide avec des morceaux très mous. Cela indique un début de diarrhée.
 
Type 7 : liquide
 
Ce sont des selles liquides qui ne comportent presque aucun morceau. C’est le signe évident d’une diarrhée.
La prochaine fois que vous allez aux toilettes, essayez donc de déterminer le type de vos selles. Si vous parvenez à identifier la catégorie 3 ou 4, c’est le signe que tout va bien. Sinon, des mesures sont conseillées.

Si vous souffrez de constipation

Il se trouve que la nature nous offre le plus efficace des remèdes pour un retour rapide à un transit agréable.

Mais contrairement au pruneau, à l’huile de ricin ou au pissenlit qui vous sont certainement familiers, il est probable que vous n’ayez jamais entendu parler de ce remède.

Cette plante est pourtant notre meilleur allié pour soulager la constipation : le séné.

Après une infusion de séné, il suffit en effet de quelques heures pour que les muscles intestinaux se contractent et poussent les selles vers la sortie. C’est le temps que ses actifs soient transformés au contact de notre flore intestinale.

Cet effet est expliqué par deux des constituants du séné :

  • Les sennosides, qui modifient l’équilibre des cellules intestinales en sodium/potassium et limitent l’absorption de l’eau contenue dans les aliments en phase d’être digérés.
  • Les mucilages, qui retiennent également cette eau nécessaire à un bon transit. Les selles deviennent plus molles et sont ainsi plus facilement évacuées.

L’autre très bonne nouvelle est que cet effet n’a absolument rien d’irritant.

Mais alors quoi ? Si cette plante pousse vraiment « tout le monde dehors » sans douleur, pourquoi l’utilise-t-on si peu ?

C’est que l’infusion de séné suppose un dosage subtil. Il suffit d’abuser pour que la situation dérape en diarrhée. Et une vraie !

Vous comprenez mieux maintenant pourquoi le séné fait rarement partie des traitements qu’on préconise en cas de constipation.

Pour éviter ce genre de « dérapage », ne dépassez pas 3 à 4 g par jour et limitez son usage à 10 jours maximum.

Si aucun résultat n’apparaît dans les quatre premiers jours, une consultation médicale s’impose. Ses seules contre-indications seront pour les femmes enceintes et pour les enfants de moins de 12 ans.

En pharmacie, vous trouverez le séné sous forme de comprimés ou en vrac pour faire des infusions. Dans ce cas, mettez 2 à 6 gousses ou quelques folioles par tasse, à boire 1 à 2 fois par jour.

Commencez a minima et augmentez progressivement au besoin.

Pour adoucir et accompagner ses effets, vous pouvez associer le séné à des fleurs de bourrache, de mauve et des graines de fenouil que vous mélangerez à parts égales à raison de 1 cuillerée à café par tasse.

Si vous souffrez de diarrhée

Une diarrhée ne doit jamais être prise à la légère. Il faut commencer par boire beaucoup d’eau pour compenser les pertes de liquides et de sels minéraux.
 
Puis vous pouvez tenter de résoudre le problème par l’alimentation ; privilégiez les aliments riches en fibres solubles qui ont la capacité à former un gel dans le tube digestif et permettre donc aux selles liquides de devenir plus consistantes.
 
Voici une liste non exhaustive : riz, carottes cuites, choux de Bruxelles, asperges, navets, brocoli, etc.
 
Si la diarrhée persiste pendant plus de 48 heures, il vaut mieux consulter un médecin.
 
Amicalement,
 
Florent Cavaler





5 réponses à “Ce message est à lire… aux toilettes”

  1. CHRISTINE YVE-LECLERCQ dit :

    Et le psyllium blond? si pratique et doux pour tout réguler, aussi bien les constipations que les diarrhées?

  2. Martine Malatino dit :

    En ce qui concerne les odeurs des selles
    Est ce selon les aliments que l on mange ( choux haricots blanc etc …)
    ainsi que des boissons ( lait etc…)
    Que la fermentation dans les intestins est + ou moins fortes ?
    Vous n ‘en parler pas ?
    Merci de nous éclairer ….

  3. Daria dit :

    Je désirai juste apporter une précision : concernant le séné qui est très efficace en cas de constipation, il me parait essentiel de préciser que cette plante est abortive, donc prudence pour les futures jeunes mamans qui sont souvent constipée en tout debut de grossesse, sans le savoir. J en ais fais malheureusement l expérience.
    Cordialement à vous.

  4. Liliane Vittoz dit :

    Bonjour, merci pour votre article, mais vous ne parlez pas du psyllium blond bien plus simple d’utilisation et super régularisant.

    • Daria dit :

      Oui le psyllum blond mais aussi en homéopathie l opium 9ch 3x/j voir 4x dans les cas de constipation dues justement aux opiacées. Ca parait contradictoire mais ça fonctionne ! Je l ais expérimenté car le cancer dont je suis atteinte est un cancer buccal donc des douleurs qui limite certaines prises orales. Ceci dit, je continue à utiliser opium 9ch même hors traitement anti douleur et ça fonctionne aussi

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