Diabète : l’expérience des peuples marocains

Chère lectrice, cher lecteur,

Dans la région d’Izarène, au nord du Maroc, le taux de diabète est extrêmement faible.

Et ce n’est sans doute pas un hasard, car les habitants ont bien compris l’importance des plantes qui les entourent.

Parmi les espèces locales, 40 plantes sont employées contre le diabète, 30 contre l’hypertension et 13 contre les deux maladies[1].

Certaines de ces plantes, comme le cyprès de l’Atlas, le câprier, le cresson alénois ou encore l’inule visqueuse, poussent principalement sur le bassin méditerranéen[1].

Il n’est donc pas toujours facile de s’en procurer en France.

D’autres, heureusement, se trouvent dans la plupart des supermarchés européens (vous les connaissez d’ailleurs sans doute).

Le secret des Marocains contre le diabète

C’est le cas par exemple du figuier (Ficus carica). Le figuier est utilisé par la population marocaine et algérienne pour traiter le diabète depuis de longues années. Plusieurs études ont montré que la consommation de figues réduisait la glycémie lorsque celle-ci était trop élevée[2].

On pourrait aussi citer le cumin (Cuminum cyminum). Une étude a montré qu’il améliore la tolérance au glucose et réduit l’hyperglycémie[3]. Si vous assaisonnez vos plats avec du cumin, vous limitez donc le pic de glycémie qui survient après les repas.

Et n’oublions pas l’oignon (Allium cepa). Considéré comme un légume de pauvre dans nos régions, il fait pleinement partie de la pharmacopée marocaine.

Une insuline végétale

On déconseille généralement l’oignon aux diabétiques pour son contenu élevé en glucides. Pourtant des études ont trouvé qu’il possédait bien un pouvoir hypoglycémiant[4] grâce à l’hormone naturelle qu’il contient : la glucokinine.

La glucokinine stimule le pancréas et permet de jouer le même rôle que l’insuline.

Si ses effets sont plus lents que l’insuline médicamenteuse, ils sont plus durables et non toxiques. Attention, il ne faut cependant pas considérer l’oignon comme un substitut, mais plus comme un stimulant.

Le mieux est de l’utiliser pour agrémenter vos plats, mais vous pouvez aussi le préparer en teinture, ou le consommer en gélules.

Si vous ne digérez pas bien l’oignon, évitez d’en consommer dans un but thérapeutique.

Mais ce n’est pas tout.

La nature abrite encore de nombreux remèdes pour lutter contre le diabète.

Les antidiabétiques de nos sous-bois

En recueillant des informations ethnobotaniques du monde entier, les scientifiques ont répertorié les plantes utiles en cas de diabète. Et ils ont dénombré très exactement… 1 123 espèces végétales (dont plus de 725 genres appartenant à 183 familles)[5] !

En attendant que nos médecins ouvrent enfin les yeux sur cet immense arsenal thérapeutique, je vous propose de découvrir les meilleures plantes contre le diabète.

Si certaines relèvent surtout de la pratique traditionnelle, vous allez voir que d’autres sont documentées par de nombreuses recherches scientifiques.

Des scientifiques redécouvrent un vieux remède

L’olivier (Olea europoea) est utilisé depuis des millénaires, pour ses fruits bien sûr, et aussi pour ses feuilles, qui servaient à désinfecter les blessures…

Mais ce n’est que récemment que ses vertus antidiabétiques ont été découvertes[6]. Les feuilles d’olivier sont en effet un excellent hypoglycémiant, permettant de réguler le taux de sucre dans le sang.

Si vous décidez de les collecter vous-mêmes, notez bien que les feuilles d’olivier perdent leurs bienfaits au séchage. Il est donc primordial de les utiliser fraîches.

Posologie : 1 gélule titrée à 20 % en oleuropéine avant les 3 repas.

Gâteau anti-diabète

Le fenugrec (Trigonella foenum graecum) est une plante herbacée, originaire d’Asie Mineure, appartenant à la famille des fabacées, comme le trèfle. Ses fruits sont des gousses renfermant des graines très dures. Ce sont ces graines qui sont utilisées à des fins thérapeutiques.

Selon plusieurs études, celles-ci sont très efficaces chez les personnes atteintes de diabète de type 2 : elles améliorent l’action de l’insuline et diminuent l’absorption des sucres[7].

Posologie : pour le consommer, vous pouvez le préparer en infusion ou en poudre (moulu), ajouté aux préparations à pains et gâteaux.

Contre-indications : les graines sont déconseillées aux femmes enceintes ou allaitantes. Les personnes traitées par un anticoagulant oral doivent adapter le traitement anticoagulant en fonction des données biologiques. Quelques cas d’allergie et d’asthme, induits par le fenugrec, ont aussi été signalés. Enfin les personnes allergiques ou intolérantes à l’arachide doivent se méfier du fenugrec.

Une rebelle au grand cœur

L’ortie (Urtica dioica) possède une bien mauvaise réputation à cause des douloureuses réactions que produisent ses feuilles au toucher. C’est dommage, car des recherches ont montré qu’elle possède une très grande capacité antioxydante et de régulation du stress oxydatif [8] causé par le diabète.

Or c’est justement le stress oxydatif qui est responsable des effets destructeurs du diabète sur l’organisme. On utilisera donc l’ortie non pas pour traiter le diabète, mais pour réduire ses effets, parfois dramatiques, sur la santé.

Posologie : 3 fois 20 à 30 gouttes par jour de teinture mère, dans un verre d’eau.

Contre-indications : l’ortie est incompatible avec un certain nombre de traitements médicamenteux : diurétiques, anti-inflammatoires, anticoagulants, sédatifs, digitaline et traitements contre l’hypertension.

La plus sainte de toutes les plantes

Le basilic sacré (Ocimum sanctum) est considéré comme la plus sainte de toutes les plantes dans l’Ayurvéda.

Il améliore la libération d’insuline chez les personnes diabétiques de type 2. De plus, il régule la glycémie à jeun et après les repas.

Il vous aidera aussi à perdre du poids, en réduisant la quantité de l’hormone de stress, le cortisol, dans votre corps[9].

Tous ces bienfaits viennent enrayer le cercle vicieux de la prise de poids et du diabète. N’hésitez donc pas à en mettre dans vos salades ou autres plats.

Vous pouvez également le consommer sous forme d’infusion ou d’huile essentielle (sauf femmes enceintes et jeunes enfants).

Plus efficace que la Metformine

La berbérine est un alcaloïde tiré des baies de l’épine-vinette. Elle améliore la sensibilité à l’insuline et facilite le transport du glucose dans les cellules.

En fait, elle agit exactement comme la Metformine, le médicament de référence contre le diabète, mais sans ses effets secondaires[10].

Posologie : 500 mg 2 à 3 fois par jour avant les repas (contre-indiqué chez les femmes enceintes et les enfants).

On ne le répétera jamais assez…

On ne le répétera jamais assez : faites du sport. Plus vous bougerez, plus votre risque de diabète diminuera[11]. En contractant vos muscles, vous obligez vos cellules à puiser le sucre présent dans le sang, ce qui augmente la sensibilité à l’insuline. L’activité physique a aussi tendance à faire fondre les graisses viscérales qui sont facteurs d’inflammation et qui aggravent la résistance à l’insuline.

N’hésitez pas à commencer en douceur, l’activité physique est bénéfique même à faible dose.

Amicalement,

Florent Cavaler





[1] Orch H, Douira A et Zidane L, Étude ethnobotanique des plantes médicinales utilisées dans le traitement du diabète et des maladies cardiaques dans la région d’Izarène (nord du Maroc), Journal of Applied Biosciences, 86:7940– 7956 ISSN, 1997–5902.

[2] El-Shobaki FA et al., Effect of fig fruit and its leaves on hypoglycemia in Alloxan diabetic rats, World Journal of Dairy and Food Sciences, 5(1):47-57.

[3] Roman Ramos R, Florez Saenz JL, Alarcon Aguilar FJ, Antihyperglycemic effect of some edible plants, J of Ethnopharmacol, 48: 25-32.

[4] Imad M. Taj Eldin, Elhadi M. Ahmed and Abd Elwahab H.M, Preliminary Study of the Clinical Hypoglycemic Effects of Allium cepa(Red Onion) in Type 1 and Type 2 Diabetic Patients, Us National Library of Medecine, 2010.

[5] Boussaid I, Bouzenir D, Boulaiche S, Diabète de type 2 et phytothérapie : plantes hypoglycémiantes les plus utilisées par des sujets diabétiques, Université Constantine 1 (2014).

[6] Gonzalez M1, Zarzuelo A, Gamez MJ, Utrilla MP, Jimenez J, Osuna I, Hypoglycemic activity of olive leaf, US National Library of MedicineNational Institutes of Health, 1992.

[7] Gupta A1, Gupta R, Lal B., Effect of Trigonella foenum-graecum (fenugreek) seeds on glycaemic control and insulin resistance in type 2 diabetes mellitus: a double blind placebo controlled study, US National Library of Medecine, 2001.

[8] Alidad Amiri Behzadi, Hamid Kalalian-Moghaddam and Amir Hossein Ahmadi, Effects of Urtica dioica supplementation on blood lipids, hepatic enzymes and nitric oxide levels in type 2 diabetic patients: A double blind, randomized clinical trial, US National Library of Medecine, 2016.

[9] Marc Maurice Cohen, Tulsi – Ocimum sanctum: A herb for all reasons, J Ayurveda Integr Med., 2014 Oct-Dec.

[10] Jun Yin, Huili Xing, and Jianping Ye, Efficacy of Berberine in Patients with Type 2 Diabetes, Metabolism, 2008 May, 57(5): 712–717. Dong, Nan Wang, Li Zhao and Fuer Lu, Berberine in the Treatment of Type 2 Diabetes Mellitus: A Systemic Review and Meta-Analysis, Evid Based Complement Alternat Med. 2012

[11] Radzevičienė L, Ostrauskas R, Fast eating and the risk of type 2 diabetes mellitus: A case-control study, Clinical nutrition, Edinburgh, Scotland, 5 July 2012.

5 réponses à “Diabète : l’expérience des peuples marocains”

  1. bernadette dit :

    Bonjour,
    merci pour les précieux conseils,
    En effet j ‘essaie de baisser mon taux de sucre dans le sang afin arreté mes medicaments.
    vos conseils sont les biens venus.
    Merci.
    Bernadette.

  2. Lisa O'Sullivan dit :

    Bonjour
    Merci pour cet article très intéressant et très informatif.
    J’habite au milieu des oliviersites alors je me demandais (je vous demande☺)
    comment peut-on utiliser ses feuilles fraîches et en quelles proportions?
    Concernant l’onion est-ce que ses bénéfices sont valables aussi bien cuits que crus?
    Avec mes sincères remerciements.
    Lisa

  3. Anne dit :

    Bonjour,
    Lorsque vous parlez de diabète, vous ne précisez pas toujours s’il s’agit de diabète de type 2 ou de diabète de type 1 (ou des deux). De ce fait, ayant un diabète d’origine auto-immun (donc de type 1), je ne sais pas ce qui s’applique à mon cas. Merci de le préciser.

  4. Esteban Carmen dit :

    J’ai de meilleurs résultats avec une marche matin et après-midi dans l’amélioration de la glycémie(insulines).Par contre,je suis très surprise par la consommation des figues précaunisée:2 à la fin d’un repas occasionnellement me paraît raisonnable…plus c’est une catastrophe pour moi et pour les personnes diabétiques que je connais(ainsi que plus de 6à8cerises).Une expérience sur35 ans!

  5. BEHLING dit :

    Bonjour Monsieur Cavaler,
    je vous remercie beaucoup pour l’article des plantes contre le diabète. Il est très intéressant.
    Personnellement, j’ai fait un très bon expérience avec
    le CURCUMA qui me permet de baisser ma glycémie de
    +/- 30 points lors de la vérification de la glycémie. (J’ai un
    diabète du type 2.)
    J’attends avec impatience vos publications prochaines.

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