Intolérance au gluten (comment s’épargner 12 ans de diagnostic)

Il y a quelques années, vous auriez demandé à quelqu’un pris au hasard dans la rue ce qu’était le gluten, il aurait sans doute répondu avec ce genre de tête :

Intolérance au gluten

« Au-cu-ne idée… »

Aujourd’hui les choses ont changé. On parle du gluten partout et tout le temps. N’importe quelle mère de famille a une opinion sur la question, et probablement ses enfants aussi.

J’exagère à peine en disant qu’un élève de petite section de maternelle sait désormais que le gluten est une protéine naturellement présente dans le blé. Qu’elle est élastique et visqueuse, ce qui permet de faire des brioches gonflées, des pains moelleux, mais aussi des soupes et des sauces.

Et que le problème avec le gluten est que notre système digestif ne possède pas les outils nécessaires pour le digérer facilement. Il va donc produire des acides en excès dans l’estomac pour détruire les composants du gluten, ce qui va provoquer des troubles digestifs comme des remontées acides ou des troubles du transit.

Bref, le gluten aujourd’hui, on connaît. Mais il y quand même un truc…

Epargnez-vous… 12 ans de diagnostic !

Car on continue à nous dire que le gluten ne pose vraiment de problème qu’à 1 % de la population, les fameux « intolérants », victimes de la « maladie cœliaque » (on dit céliaque).

Pourtant les dernières recherches semblent dire tout à fait autre chose… Des chercheurs de l’université John Hopkins du Maryland ont voulu connaître l’impact de la consommation de gluten chez les personnes intolérantes, simplement « sensibles » ou n’ayant aucun problème connu à l’égard du gluten.

Résultat : dans tous les cas, la consommation de gluten a perturbé les jonctions serrées intestinales, c’est-à-dire que l’intestin est devenu poreux, comme une passoire, favorisant l’émergence de très nombreuses maladies [1] (douleurs articulaires, fatigue, troubles gastriques etc.)

On estime aujourd’hui que 2 à 5 % de la population est intolérante et 5 à 30 % sensible au gluten. Cependant, les symptômes de l’intolérance pouvant toucher plusieurs fonctions de l’organisme, la majorité des malades s’ignorent.

Au Canada, la durée du diagnostic a été évaluée à 12 ans [2] !

Une façon de s’épargner cette effarante perte de temps est d’abord de bien connaître les symptômes de la maladie :

  • Digestifs : diarrhée, constipation, ballonnement, reflux gastriques, côlon irritable, perte de poids importante
  • Neurologiques : fatigue, troubles du sommeil, maux de tête, anxiété, dépression [3], autisme
  • Articulaires : arthrose, polyarthrite rhumatoïde
  • Cutanés : eczéma, psoriasis, acné, allergies, dermatite herpétiforme
  • Immunitaires : une maladie auto-immune comme le diabète de type 1, sclérose en plaques ou syndrome de Goujerot peuvent être une conséquence de la maladie cœliaque. On retrouve aussi fréquemment des cancers au niveau digestif.

Si vous êtes une femme, vous avez 2 à 3 fois plus de risques d’être touchée qu’un homme.

Quant aux personnes qui ont dans leur famille un intolérant au gluten, elles ont un risque un peu plus élevé de l’être à leur tour (Il s’agit d’une maladie partiellement génétique).

Faire un test sans gluten

Si certains des symptômes vous correspondent, faites un test en arrêtant le gluten pendant un à deux mois et en observant vous-même les conséquences sur votre santé (fatigue, humeur, évolution des douleurs etc). Sont-elles positives, neutres ou négatives ?

Vous déciderez ensuite d’arrêter ou non le gluten, mais quoi qu’il arrive, cela vous donnera l’occasion de découvrir de nouveaux aliments. Le gluten est présent dans le blé, l’orge, le seigle, l’épeautre ou le kamut : remplacez ces céréales par du riz, des lentilles, des haricots, du sarrasin, des pois cassés ou encore des patates douces.

Evitez les aliments industriels « sans gluten » tels que les biscuits et les céréales : non seulement ils sont très chers, mais leur composition est aussi souvent mauvaise pour la santé (index glycémiques élevés, additifs chimiques, etc.).

Santé !

Gabriel Combris

 




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[1] Justin Hollon, Elaine Leonard Puppa, Bruce Greenwald, and al; Effect of Gliadin on Permeability of Intestinal Biopsy
Explants from Celiac Disease Patients and Patients with Non-Celiac Gluten Sensitivity. Nutrients 2015, 7(3), 1565-1576;

[2] Cranney A, et al. The Canadian Celiac Health Survey. Dig Dis Sci. 2007 Apr;52(4):1087-95.

[3] Peters, S. L., Biesiekierski, J. R., Yelland, G. W., Muir, J. G., Gibson, P. R. Randomised clinical trial: gluten may cause depression in subjects with non-coeliac gluten sensitivity – an exploratory clinical study. Aliment Pharmacol Ther 2014. Vol 39: 1104-1112.

4 réponses à “Intolérance au gluten (comment s’épargner 12 ans de diagnostic)”

  1. JEAN CLAUDE LEMARCHAND dit :

    pas de commentaire particulier pour le gluten, mais j’en profite pour les vaccins.
    Un de mes arrière-petits enfants, superbe garçon né en Décembre 2017 vient de « subir » sa première vaccination afin de pouvoir aller à la crèche. 3 jours après très forte fièvre. Diagnostic: « belle » angine!!! Evidemment aucun rapport avec le vaccin!!! Médecin aveugle ou ignare?

  2. Jacqueline VP dit :

    Vous n’avez pas mentionné une des céréales importantes, très courante et riche en gluten: l’avoine

  3. Anne-Marie dit :

    Le problème pour moi de l’expérience sans gluten est que je digère très mal les légumineuses qui me donnent des crises de foie même à dose très modérée, alors que les céréales contenant du gluten passent comme des lettres à la poste. C’est assez frustrant de savoir qu’on se nourrit « mal » en mangeant les aliments que son organisme tolère bien et qu’il rejette les « bons » aliments – rejette au sens littéral du terme. Pour le couscous je mange donc du quinoa pour remplacer la semoule et rien pour les pois chiches mais de temps en temps je me fais plaisir avec des pâtes à la carbonara, avec des dés de tofu fumé ou des hot dogs vegan. Pour les gateaux, je prends du petit épeautre quand je peux, il parait que le riz est naturellement bourré d’arsenic et encore pire le complet. Quant au régime sans gluten de Dariouch, les ingrédients qu’il propose sont pour moi indigestes, je ne digère pas l’huile de coco et tout ce qui est gras, problème d’insuffisance biliaire ou de déficit en enzymes digestives. Je suis mal barrée et suis obligée de « chipoter » chaque jour car pour mon cas, ma généraliste référente reste évasive et ne peut rien – n’a pas le temps plutôt de creuser le problème, je dois me débrouiller comme je peux. Heureusement qu’il existe internet et des sites comme le vôtre ! Merci à vous donc !

  4. Rugo dit :

    Bonjour,
    Suite à la lecture de votre message, j’aimerais vous poser une question : le petit épeautre est-il sans gluten ?
    Merci d’avance.
    Cordialement
    Yvette Rugo

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