Le retour des remèdes « Made in France »

Chère lectrice, cher lecteur,

Aujourd’hui, il est facile de se procurer des produits du monde entier.

Durant la même journée, vous pouvez manger thaïlandais, regarder un film américain, conduire une voiture allemande et utiliser un téléphone coréen.

Et c’est pareil avec les plantes thérapeutiques.

En quelques clics sur Internet, vous pouvez commander des herbes issues de la pharmacopée chinoise, de la médecine ayurvédique indienne, d’Amazonie ou d’Afrique.

Nous avons un accès direct à des milliers de remèdes naturels issus de tous les continents. L’avantage, c’est qu’il est alors plus facile, parmi ce vaste choix, de trouver les solutions qui nous conviennent le mieux.

Malheureusement, la demande en plantes exotiques a tellement explosé ces dernières années que cela se fait parfois aux dépens des populations locales.

Le prix du quinoa, par exemple, a doublé en 5 ans à cause de sa forte demande internationale. Cet aliment de base de la culture andine est devenu un produit de luxe en Amérique du Sud. Les habitants locaux, trop pauvres, n’ont plus les moyens de consommer leur propre production.

Certaines plantes sauvages sont aussi menacées de disparition.

C’est le cas du cordyceps, champignon tibétain réputé pour ses vertus aphrodisiaques.

La demande a explosé ces dernières années, la cueillette s’est intensifiée, et le cordyceps se fait de plus en plus rare sur les plateaux tibétains[1].

C’est aussi le cas du Boswellia, l’arbre dont on tire l’encens. En Éthiopie, 90 % des arbres pourraient disparaître d’ici 50 ans[2].

Il est indispensable, à mon avis, de s’ouvrir aux médecines du monde, qui apportent un regard différent sur les maladies et ont parfois des résultats stupéfiants là où les approches occidentales ont échoué.

Mais avant de faire venir des plantes par avion des quatre coins du monde, ne faut-il pas commencer par s’intéresser à celles qui poussent juste sous nos pieds ?

Je suis persuadé que la nature a mis autour de nous tout ce dont nous avons besoin pour nous nourrir et nous soigner.

Ces plantes que nos grands-mères utilisaient ne font peut-être pas rêver autant que la maca ou le ginseng. Elles ne sont pas « tendance » et ne remplissent pas les rayons diététiques des supermarchés.

Et pourtant, leurs bienfaits ne sont plus à prouver.

C’est pourquoi je vous propose de revenir sous nos latitudes pour découvrir des plantes « bien de chez nous » qui n’ont rien à envier aux superstars exotiques.

Salade détox

À le voir pulluler dans les prairies, les jardins et les parcs, on oublierait presque que le pissenlit (Taraxacum officinale) est une plante médicinale. Pourtant, avec tout ce qu’il contient dans ses feuilles (flavonoïdes, sels de potassium…), il mériterait bien le titre de champion du monde du drainage.

Passé maître dans l’art de purifier le corps et d’éliminer les toxines, ce draineur professionnel se rencontre à peu près partout en campagne, mais évitez toutefois les lieux potentiellement pollués par les pesticides, comme les terrains agricoles.

On le conseille généralement sous forme de gélules, mais si vous êtes plutôt « nature », rien ne vous empêche de déguster ses pousses en salade : ajoutez-y de fines lamelles de radis noir, du jus de citron, un filet d’huile d’olive et une pincée de coriandre. Ce sera encore plus efficace contre votre arthrose… et c’est surtout délicieux !

Posologie : 2 gélules (ou extrait liquide en ampoule ou en sachet) le matin pendant 2 mois.

Pour les cocktails et pour la digestion

La menthe poivrée est connue pour faciliter la digestion et pour ses effets antispasmodiques. Plusieurs études ont déterminé que la consommation de 180 mg d’huile essentielle de menthe sous forme de capsules gastrorésistantes 3 fois par jour pendant plusieurs semaines était bénéfique contre le syndrome du côlon irritable[3].

Attention, l’huile essentielle de menthe est contre-indiquée chez les enfants de moins de 7 ans, les femmes enceintes et les épileptiques.

En cas de doute, mieux vaut utiliser l’infusion à la menthe, qui est aussi recommandée contre les troubles intestinaux.

La meilleure amie de vos articulations

L’écorce de pin maritime contient d’importantes quantités d‘un flavonoïde très particulier. On l’appelle (accrochez-vous !) oligo-proanthocyanidine (OPC).

C’est vrai, il a un nom un peu pompeux, mais vous allez voir qu’il est tout à fait digne de le porter. Car son activité antioxydante est de 20 à 50 fois supérieure à celle des vitamines C et E !

Et comme l’OPC est la meilleure amie du collagène, une protéine qu’on trouve dans tous nos tissus conjonctifs (peau, cartilages, tendons, ligaments…), elle se lie à lui à chaque fois qu’elle en a l’occasion. Une fois accrochée au collagène, elle le protège des agressions comme l’arthrose et inhibe les effets de certaines molécules inflammatoires.

Deux études menées sur 258 personnes arthrosiques ont montré que l’extrait d’écorce de pin permettait de réduire l’utilisation de médicaments anti-inflammatoires.

Posologie : 100 à 200 mg d’extrait d’écorce de pin maritime (Pycnogénol) par jour.

La petite fiancée du cardiologue

L’aubépine est un petit arbre feuillu, épineux, dont l’action des sommités fleuries sur le cœur a été découverte à la fin du XIXe siècle. Plusieurs études scientifiques ont confirmé son efficacité en cas d’hypertension modérée[4][5][6] !

Ses principes actifs régularisent le rythme cardiaque en agissant sur les rythmes trop rapides, en diminuant les palpitations chez les personnes anxieuses. C’est pourquoi elle améliore aussi les troubles du sommeil et diminue légèrement la pression artérielle.

Personnellement, je trouve que l’aubépine serait parfaite comme « petite fiancée du cardiologue », à considérer aussi pour son utilité en cas d’insuffisance cardiaque chronique, de tachycardie et même après un infarctus pour en limiter les dommages.

Posologie : prendre 1 gélule le matin et 2 gélules le soir, ou en EPS (extrait phyto-standardisé) ou SIPF (suspension intégrale de plantes fraîches) : 1 cuillère-mesure le matin et 2 cuillères-mesure le soir diluées dans une tisane (limitez le sel alimentaire, remplacez-le par des épices ou un sel limité en chlorure de sodium).

Contre les infections hivernales

Antiseptique naturel, le romarin est capable d’inhiber la croissance de plusieurs souches bactériennes. Il contient de l’acide rosmarinique et carnosique aux propriétés antioxydantes, anti-inflammatoires et anti-infectieuses bien utiles en cas d’atteinte infectieuse de la sphère ORL.

Le romarin en infusion ne présente aucune contre-indication particulière hormis pour les femmes enceintes et les jeunes enfants. En tisane, la combinaison de cette plante avec le thym est remarquable, à la fois pour prévenir les infections saisonnières et pour accélérer la guérison de toute atteinte microbienne dès les premiers symptômes.

Posologie : 2 cuillérées à café dans un bol d’eau 2 à 3 fois par jour.

Antistress « à la provençale »

La lavande vraie est une régulatrice de notre système nerveux grâce à ses qualités stimulantes, antispasmodiques et surtout apaisantes et sédatives.

En cas de stress avec anxiété ou de surmenage, respirez directement l’huile essentielle de lavande au flacon ou sur un mouchoir imprégné de deux gouttes. Un diffuseur non chauffant permet également de traiter une pièce de vie facilement et de « détendre » les atmosphères chargées de tensions nerveuses.

À éviter lors des trois premiers mois de grossesse.

Diabète : une insuline naturelle dans votre jardin

Des études ont prouvé que l’oignon possédait un réel pouvoir hypoglycémiant[7], grâce à l’hormone naturelle qu’il contient : la glucokinine.

La glucokinine stimule le pancréas et permet de jouer le même rôle que l’insuline.

Si ses effets sont plus lents que l’insuline médicamenteuse, ils sont plus durables et non toxiques. Attention, il ne faut cependant pas considérer l’oignon comme un substituant, mais plus comme un stimulant.

Le mieux est de l’utiliser pour agrémenter vos plats, mais vous pouvez aussi le préparer en teinture, ou le consommer en gélule.

Si vous ne digérez pas bien l’oignon, évitez d’en consommer dans un but thérapeutique.

7 fois plus de vitamines que dans une orange

L’ortie est sans doute l’une des plantes les plus fabuleuses de nos régions. Cette mal-aimée est riche en de nombreuses substances nutritives… et en grandes quantités : vitamine A et C, protéines, calcium, potassium, sodium, soufre, fer, silicium, manganèse, cuivre…

L’ortie contient sept fois plus de vitamines que l’orange et trois fois plus de fer que les épinards !

Vous pouvez utiliser les jeunes pousses pour en faire de la soupe, des tisanes ou encore de délicieuses tartes.

Quel remède pousse près de chez vous ?

J’aurais encore pu citer des centaines de plantes extraordinaires, comme la mélisse, le plantain, le persil, le basilic…

La liste est presque infinie !

Mais ma lettre est déjà suffisamment longue comme ça et je préfère m’arrêter là.

N’hésitez pas à compléter cette liste en proposant, vous aussi, les plantes « bien de chez vous » que vous utilisez pour vous soigner.

Vous pouvez les partager en commentaire de ce message en cliquant ici.

J’ai hâte de vous lire.

Amicalement,

Florent Cavaler





24 réponses à “Le retour des remèdes « Made in France »”

  1. galinier anne marie dit :

    bonjour
    l’armoise,très bonne en infusion pour des règles douloureuse et décongestionne.
    les algues :le kombu,aide pour la cuisson,des haricots lentilles ect, les plats sont plus digeste
    le fucus vesiculeux algues stimulante renforce le système immunitaire,coupe faim naturel

  2. Dr bernard dit :

    Je voudrais citer la Vergerette du canada(erigeron canadensis) qui pousse un peu partout en France.Son activité anti inflammatoire a été testée avec succès contre la Butazolilidine en….1954

  3. DEKEYZER Françoise dit :

    Contre la grippe et autres infections virales, le buis est surprenant. Faire une décoction d’une poignée de feuilles dans un litre d’eau. Se mettre au lit bien couvert et boire le plus rapidement possible. Transpiration intense et remise sur pieds rapide. Le buis ne doit pas être utilisé sur une longue période.
    Ma mère a été hospitalisée pour un érysipèle et traitée aux antibiotiques. Le dermato lui a indiqué que les plaques brunâtres seraient indélébiles. Après 3 semaines de cataplasmes d’argiles, elles ont disparues. Ma mère a rechuté un an après , sachant de quoi elle souffrait, elle s’est soignée avec une décoction de buis et des cataplasmes d’argile. Efficace et plus de récidive.

  4. Anne dit :

    Bonjour, Merci j en apprend tout les jours grâce à vous

  5. CLERISSE YVETTE dit :

    bonjour
    tous les matins je coupe en petits morceaux et tout frais
    du gingembre du curcuma et de l’ail et des fois je mets de l’oignon
    et j’ajoute des graines (noix etc) enfin des oléagineux
    je mange un morceau de pain d’épeautre que je fais avec ma machine à pain

  6. delattre dit :

    Merci de remettre à l’honneur les trésors de la phytotherapie locale.Outre les incidences desastreuse que vous mentionnez de ce snobisme exotique, on oublie que des plantes comme l’harpagophytum ne sont pas cultivées dans leur habitat originel.Nous avons aux bords de nos chemins la vergerette(erigeron canadensis)) qu’une étude imparable a montré (en 1954) plus efficace que la butazolidine (l’anti inflammatoire le plus puissant de l’époque)sur l’oedème provoqué de la patte de rat! On n’en entend pourtant jamais parler…….

  7. Marie dit :

    l’ail, l’oignon, le jus de citron et un thé aux épices en cas de refroidissement: 6 clous de girofle, 6 grains de poivre noir, 6 gousses de cardamome et 2 cuillères à café de cannelle à écraser grossièrement au mortier puis faire frémir dans 600ml de lait végétal et 400ml d’eau 10 min, laisser 5 min reposer et filtrer. Ajouter du miel si on le préfère sucré.

  8. Hossen Maudarbocus dit :

    Bonjour,
    le plaintain, bon contre allergie.

  9. Viel dit :

    Bonjour, j’utilise les différents plantains qui est un antalgique pour toutes les piqures (abeilles et autres hymenopteres, ortie , moustique) en malaxant dans la main ou en machant (le plantain peut se manger en salade) et en frottant sur la piqure, c’est efficacement redoutable
    Eric

  10. LISE dit :

    JE SUIS UNE PERSONNE DE 73 ANS ET JE FAIT DE
    L HYPERTENSION EST-CE PEUT PRENDRE PRODUITS NATUREL AVEC MEDICATION.
    UNE REPONSE DE VOTRE PART SERA BEAUCOUP
    APPRECIEE.

    MERCI .

  11. Annette Sauzière dit :

    Je suis très intéressée par toutes les plantes.tout les jours je fais 1l de tisane pissenlits,le lendemain romarin+ thym .par contre je ne trouve pas de l’ortie pour tisane.
    merci de me lire

  12. moreno solange dit :

    le tilleul,la verveine, la sauge,,la guimauve, ,la mauve , et j’en passe , pousse tres bien dans les jardins et dans la nature, et facile a reconnaitre, pas de risque d’intoxication

    elle et pas belle la vie , sans medicaments

  13. GENTY dit :

    Bonjour Florent
    Suite à cette lecture, je voulais vous faire part de 2 plantes qui poussent dans mon jardin
    :la PRELE que je sais être un bon reminéralisant, elle pousse partout, à tel point que je la jette, car je ne saurai quoi en faire, sauf quelques tisanes .
    le PLANTAIN, la même chose il pousse dans mon gazon, devenu un pré, j’en ai partout, et il est fortifié par ma tondeuse à chaque fois que je coupe l’herbe. A part, pour soigner les coupures et problèmes de peau, que puis-je faire, à le stocker ?
    MercI pour la réponse ?

  14. Josette Brousse dit :

    Moi je prépare tous les ans des fleurs de lys blanc que je mets a macérer dans de l’eau de vie qui me servent en cas de plaies infectées et mon mari se fait souvent piquer par les tiques il met deux ou trois jours et ça passe
    Moi c’est plus les problèmes au jardin avec les rosiers et sinon ça marche sur les abcès c’est douloureux mais ça évite une intervention chirurgicale surtout pour les poils qui poussent sous la peau
    Une jeune femme rousse faisait un abcès sur la fesse tous les ans et avait droit a une incision et des soins infirmiers maintenant elle a sa préparation par contre pour remplacer le Levothyrox avez vous une plante ou une algue qui bien dosée pourrait le remplacer car j’ai testé 3generiques et c’est pas ça on ne retrouve pas le confort de vie d’avec l’ancienne formule

  15. Denis Bensaid dit :

    bonjour Mr Cavaler, je voudrais vous poser la question suivante alors que je ne pense pas recevoir de réponse…
    j’ai lu cette dernière lettre et je souhaiterai essayer le pin en HE pour me soulager les articulations après le sport par exemple (j’ai 60 ans et je pratique le tennis de table en compétitions). j’ai de plus en plus de difficultés à récupérer et des douleurs inconnues il n’y a ne serait-ce que 2 ans sont désormais présentes. Donc puis je utiliser l’HE de pin maritime et comment?
    merci d’avance

  16. Perrey dit :

    Grand merci Florent de nous reconnecter à nos « racines »… celles du BON SENS, tout simplement !

  17. Yvanine Garonne dit :

    Merci merci de ce message vous me redonnez confiance en la vie je vois que sans vous nous n’aurions pas possibilité de voir le bout du tunnel car la médecine de maintenant est nulle je vais pouvoir soulager certaines maladies et mieux vivre au quotidien grace à vous cordialement Mme Garonne .

  18. Morisset dit :

    Tout cela , c’est bien beau, mais qui vous dit que les plantes que je vais ramasser autour de moi sont exemptes de tous pesticides! Il faudrait commencer par assainir tous les environs, car, malgré tout ce que l’on dit qui interdit aux agriculteurs d’en balancer partout??

  19. Clairette dit :

    Bonjour. On parle beaucoup de la chélidoine pour éradiquer les verrues, j’en ai mis sur mes verrues du doigt, tous les jours pendant 15 jours (trouvé en Bourgogne) et cela ne m’a rien fait ! De retour en Provence, mon médecin m’a parlé des vertus du lait de figue (la sève qui coule de la tige des feuilles qu’on cueille) et cela a fait des merveille en une semaine ! Mes verrues sont parties DEFINITIVEMENT ! L’homéopathie les avait partir … mais elles étaient revenues.

    • Marie Angéle dit :

      Un remède simple et efficace pour les verrues : faire tremper de petits morceaux de zeste de citron (taille de la verrue) dans du vinaigre blanc pendant une nuit. Appliquer sur la verrue en recouvrant de sparadrap. Garder 24 à 48h. Enlever et laisser faire. Au bout de une à deux semaines la verrue sèche et fait une croûte qui finit pas tomber. C’est définitif.

    • Monique Bloumels dit :

      Exact! Le lait de figue est souverain pour éradiquer les verrues, je l’ai utilise également avec succès!

  20. Biol dit :

    N’allons pas piller les pays les plus pauvres de leurs plantes médicinales et de leurs nourritures !
    La nature est bien faîte, nous avons chez nous toutes les plantes pour se soigner.

  21. Bonnel catherine dit :

    Grog souverain pour combattre les maux d’hiver:
    -Faure une decoctIon avec 3 clous de girofle et un bâton de cannelle éteindre le feu sous la casserole jeter du thym
    Ajouter un ju de citron et sucrer au miel

  22. Chuat Vuissoz Françoise dit :

    Ce qui pousse chez nous est fait pour nous.
    (les Chinois le disaient déjà, il y a fort longtemps)
    Manger, utiliser ce qui est de saisons.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *