Merci !

Chère lectrice, cher lecteur,

Vous avez été nombreux à réagir à ma lettre « L’heure de la mort » qui abordait le sujet délicat des derniers instants de la vie.

D’abord : un grand merci ! Merci d’avoir accepté de partager vos témoignages, souvent très personnels, avec la communauté des lecteurs de PureSanté.

Cela montre à quel point ce sujet « tabou » de la mort doit revenir au cœur de notre espace public.

Et tant pis si ce n’est pas compatible avec les impératifs de notre société de consommation, qui juge la mort avec les mots du marketing : pas assez « aspirationnelle », pas assez « inspirante » ; pour vendre, mieux vaut parler d’autre chose…

Alors que 75 % des Français meurent aujourd’hui à l’hôpital, loin de chez eux, des lieux et des personnes qu’ils ont aimés, vos commentaires disent toute la tristesse que nous ressentons à cette mort aseptisée, évacuée en catimini, cette mort honteuse et cachée.

Je vous propose de découvrir les très nombreuses témoignages touchants, bouleversants, drôles ou tristes que vous avez laissés sur notre site : www.pure-sante.info/lheure-de-mort/

Quant à moi, je voudrais ici ne publier qu’une histoire, celle de Sylviane, parce qu’elle nous montre quelque chose d’essentiel. La voici :

« L’histoire de l’œuf à la coque m’a rappelé une histoire que j’ai vécue. »

« J’étais alors cadre de santé dans un EHPAD. Une vieille dame demande un œuf a la coque, et même réponse que le cuisinier de votre histoire et de la diététicienne. Les agents me racontent cela et je leur dis “dites lui que demain elle aura ce qu’elle demande”. Le lendemain j’ai apporté un œuf et je l’ai fait cuire et les agents lui ont apporté… Elle était si heureuse ! …Pas la diététicienne mais cela ne faisait rien, pour moi les derniers jours, les dernières heures ne doivent être que du plaisir, accompagner une personne mourante est très difficile, éprouvant mais cela apporte un bien-être et c’est le principal. Il faut savoir passer outre les règlements parfois ! »


« Sous prétexte que le monsieur est cardiaque et qu’il est au régime sans sel, il voit passer les assiettes avec des moules… Il salive, il en a envie mais il essuie un “non, pas pour vous !”. Quand je vois cela je lui apporte une assiette de moules en lui disant “aujourd’hui vous n’aurez pas votre sachet de sel cela ferait de trop, régalez vous”. Il fallait voir la joie dans ses yeux ! Pourquoi refuser des petits plaisirs parce qu’on est vieux ! »

« Je suis à la retraite maintenant mais je ne regrette pas avoir si souvent dérogé au règlement pour le plaisir des pensionnaires, je leur ai apporté un peu de joie dans leur fin de vie et c’est tout ce qui compte ! »

Ce que nous dit Sylviane, c’est que rien n’est jamais figé.

Nous avons tous le pouvoir de changer les choses.

Ce pouvoir est dans nos mains, et nous l’activons lorsqu’au lieu de suivre un règlement idiot, lorsqu’au lieu de penser « utile », « réaliste » ou « pragmatique », nous agissons pour ce qui est beau, grand et juste.

Et parfois, cela prend la forme toute bête d’un œuf à la coque, un œuf interdit qu’on prépare à quelqu’un qui en rêve.

Santé !

Gabriel Combris




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Une réponse à “Merci !”

  1. BLANCHARD dit :

    Pourquoi avoir peur de la mort. Alors que la mort est une récompense contre la souffrance. pour celui qui souffre. il faudrait un détecteur de souffrance pour comprendre. Souvent le corps médical . La justice. Ainsi que nos hommes politiques. Mais aussi le clergé. Qui ont toujours voulu ignorer la souffrance de l’être humain. Du moment qu’ils ont été épargnés de la souffrance par une maladie Incurable. Bien sûr il y a aujourd’hui des traitements contre la souffrance. Mais cela n’empêche pas le patient. De se voir diminuer. Jusqu’au jour où il fermera ses yeux définitivement. Mais la mort n’est pas définitive. Même si on devient poussière. Même si on se fait incinérer. Il y a quelque chose qui appartient au créateur. L’histoire d’un prêtre mort sur la route. Après avoir été percuté par une moto. Après l’intervention rapide des secours. Son cœur est reparti. Trois ans après son accident celui-ci me disait. Pourquoi on m’a fait revenir à la vie. Moi qui doutais dans ma vie de prêtre. Qu’il y avait rien après la mort. Eh bien je me suis trompé . Il y a quelque chose de mystérieux qui nous atteint au moment de notre mort. Son arrêt cardiaque à durée cinq à six minutes. . Et pourtant il a vu dans sa mort de mystérieux personnage qui nous atteint…

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