Mes conseils au Père Noël (partie 1)

Chère lectrice, cher lecteur,

Deux médecins français Philippe Charlier et Nicolas Kluger, ont voulu vérifier l’état de santé du Père Noël.

Et je préfère vous prévenir, ce n’est pas joli joli…

Le pauvre Père Noël serait notamment exposé à de nombreux troubles cutanés à cause du froid et du stress.

Cela vous fait peut-être sourire, mais leur étude est très sérieuse. Elle a même été publiée dans le Journal of the European Academy of Dermatology and Venereology[1].

D’autres chercheurs avant eux s’étaient déjà « inquiétés » des problèmes de santé du Père Noël. Le médecin-journaliste Marc Gozlan a d’ailleurs réalisé une excellente synthèse de ces études (que vous pouvez retrouver ici).

De mon côté, je vous propose d’aller encore plus loin.

J’ai décidé de donner au Père Noël quelques conseils pratiques pour l’aider à se soigner.

Si vous connaissez son adresse, merci de lui envoyer cette lettre, je suis sûr qu’elle pourra lui être utile 😉

Se protéger de l’hiver glacial de Laponie

Vous le savez peut-être, le Père Noël vit en Laponie, dans un village tout au nord de la Finlande.

En hiver, la température peut atteindre -40 °C !

Dans un climat aussi hostile, il est important de bien se couvrir, mais aussi de protéger son visage contre le froid et les gerçures.

Avec le froid, l’épiderme se contracte, la peau se déshydrate et peut s’irriter.

Je donnerais ces deux conseils au Père Noël pour qu’il prenne bien soin de son visage :

  • Ne pas utiliser de savon, car il dégraisse excessivement la peau. Pour nettoyer son visage, le Père Noël devrait se contenter d’un peu d’eau tiède.
  • Après le nettoyage : appliquer du gel d’aloe vera mélangé à de l’huile de jojoba sur son visage encore humide pour bien l’hydrater.

Pour ne pas rester coincé dans la cheminée

Le Père Noël est bien connu pour sa bedaine légendaire. On pourrait d’ailleurs se demander comment il fait pour passer par le conduit étroit des cheminées.

Mais son embonpoint pose d’autres problèmes : l’obésité expose à un risque plus élevé de maladies cardiovasculaires, de diabète et d’autres troubles du métabolisme[2].

La première chose que le Père Noël pourrait faire, c’est passer un peu moins de temps assis dans son traîneau. Ce n’est pas une surprise, mais de nombreuses études ont montré que la sédentarité était un important facteur de surpoids[3][4].

Par exemple, il pourrait aller de temps en temps donner un coup de main à ses lutins pour fabriquer les jouets.

Et à défaut de faire du vélo, pourquoi ne pas remplacer son vieux traîneau par un traîneau à pédales, histoire de faire de l’exercice pendant la distribution des cadeaux ?

Le Père Noël devrait aussi limiter sa consommation de produits riches en glucides, à commencer par la célèbre boisson sucrée dont il est la mascotte.

Stress : des millions de cadeaux à livrer en une nuit

Selon l’UNICEF, il y aurait 2,2 milliards d’enfants dans le monde. On peut estimer qu’environ un tiers de ces enfants a été sage cette année (soyons optimistes…).

Cela voudrait dire que le Père Noël doit livrer plus de 700 000 cadeaux aux quatre coins de la planète, traverser les 5 continents, parcourir des milliers de kilomètres et se faufiler dans des milliers de cheminées, tout en faisant attention à livrer le bon cadeau au bon enfant.

Tout ça en une seule nuit !

Vous imaginez donc bien à quel point son travail doit être stressant.

Voici deux exercices qui ne prendront pas beaucoup de temps dans le planning chargé du Père Noël, mais qui l’aideront à être plus serein dans la nuit du 24 au 25 décembre :

Une technique pour ne pas se sentir dépassé

Le premier exercice que je lui propose de faire avant sa grande tournée, c’est la cohérence cardiaque : elle consiste à suivre un rythme respiratoire particulier à raison de 6 respirations par minute (6 inspirations/expirations) pendant 3 à 5 minutes.

Autrement dit, il faut inspirer pendant 5 secondes, puis expirer pendant 5 secondes, et répéter l’enchaînement pendant quelques minutes.

Il a été démontré que cette technique diminuait l’anxiété et augmentait la capacité à ressentir les émotions agréables[5].

3 points d’automassage qui détendent

Je recommande également au Père Noël de masser régulièrement ces trois points (pendant qu’il conduit son traîneau par exemple) :

  • Deux points (bilatéraux), situés à mi-distance entre le mamelon et la clavicule (points 1 et 2)
  • Un autre au centre du sternum (point 3)

Ces points sont généralement douloureux à la palpation, mais en les massant doucement, il se sentira plus détendu et supportera mieux le stress de son travail.

Gare au travail nocturne et à la fatigue

On sait aujourd’hui que le travail de nuit est néfaste pour la santé. Selon un rapport de l’ANSES, travailler la nuit pourrait augmenter le risque de souffrir d’insomnies, de troubles métaboliques, d’obésité, de maladies coronariennes, de problèmes psychiques et même de cancer[6].

Sans compter les risques d’accidents de traîneau à cause de la fatigue…

Pour mieux supporter son travail nocturne, pourquoi ne ferait-il pas une pause toutes les 4 heures 30, comme les camionneurs ? Mais arriverait-il encore à livrer tous ses cadeaux en une nuit ? Ne faudrait-il pas étaler Noël sur une semaine, afin qu’il ait plus de temps pour mener à bien sa mission ?

Sinon, il peut aussi utiliser ces trois plantes pour bien se reposer avant et après sa tournée.

Le Pavot de Californie est une plante profondé­ment sédative. Il contient un sédatif et un hypnotique na­turel, la californidine, qui aidera le Père Noël à réduire la durée de l’endormissement. En prime, il augmente le temps de sommeil et sa qualité[7].

On peut l’associer à la passiflore (Passiflora incarnata L), une plante particulièrement utile en période de stress professionnel in­tense, qui favorise l’endormissement et aide à mettre ne place un sommeil réparateur[8].

Si le Père Noël se sent nerveux, la valériane (Valeriana officinalis) lui permettra de réduire son anxiété et de faciliter le sommeil[9].

Des risques d’infections

Le Père Noël est particulièrement exposé aux infections hivernales.

Avec tous les bambins qu’il prend sur ses genoux ou qui lui font la bise, il y a peu de chances qu’il échappe à la grippe ou à un gros rhume.

Et ce serait quand même bête de se mettre en arrêt maladie juste avant d’aller distribuer ses cadeaux. Allez expliquer aux enfants qu’ils n’ont rien reçu cette année parce que le Père Noël est malade !

Pour avoir une immunité solide durant tout l’hiver, je lui conseille de faire comme moi : je bois tous les jours des tisanes de romarin et de thym, et je ne suis pas (encore) tombé malade de l’année.

C’est simple il suffit de :

  • Placer au fond d’une tasse une cuillerée à café de feuilles séchées de thym et une cuillère de romarin (si vous en avez dans votre potager, les feuilles fraîches seront encore meilleures).
  • Bouillir de l’eau, puis laissez-la reposer 1 ou 2 minutes.
  • Verser ensuite l’eau chaude dans la tasse et couvrir sans attendre à l’aide d’une assiette. Ne pas laisser trop infuser les feuilles pour ne pas lui donner un goût amer et astringent.
  • Laisser infuser 2 à 3 minutes, puis filtrez.
  • Rajouter un peu de miel qui fournira un effet désinfectant supplémentaire, et buvez bien chaud.

La suite dans quelques jours…

Le Père Noël est exposé à tellement de problèmes de santé que je n’ai pas la place de tous vous les présenter dans cette lettre.

Je vous enverrai la suite dans quelques jours, pour prolonger encore un peu la magie de Noël.

Dans la deuxième partie de la lettre, vous découvrirez notamment :

  • Pourquoi le Père Noël porte des lunettes (et ce qu’il devrait faire pour préserver ses yeux)
  • Une technique pour soulever les cadeaux sans se faire mal au dos
  • Comment garder une belle et longue barbe soyeuse
  • Un curieux problème de sécurité lors des voyages en traîneau

Et si vous avez aussi de bons tuyaux à lui donner, n’hésitez pas à me les envoyer en cliquant ici. Ensemble, nous pourrions ainsi lui écrire une longue liste de conseils pour l’aider dans son quotidien.

Ça lui changera des listes de cadeaux que lui envoient les enfants.

Je vous souhaite un Joyeux Noël…

Et surveillez bien votre boîte aux lettres !

Amicalement,

Florent Cavaler





[1] Philippe Charlier Nicolas Kluger, Work‐related skin diseases of Santa Claus, JEADV, December 2018.

[2] PW Sullivan, EH Morrato, V Ghushchyan, H R Wyatt and JO Hill, Obesity, Inactivity, and the Prevalence of Diabetes and Diabetes-Related Cardiovascular Comorbidities in the U.S., 2000–2002, Diabetes Care 2005 Jul; 28(7): 1599-1603.

[3] K H Pietiläinen,1,2,3 J Kaprio, P Borg, G Plasqui, H Yki-Järvinen, U M Kujala,7 R J Rose,K R Westerterp and A Rissanen, Physical inactivity and obesity: A vicious circle, Obesity (Silver Spring). 2008 Feb; 16(2): 409–414.

[4] Blair SN, Brodney S, Effects of physical inactivity and obesity on morbidity and mortality: current evidence and research issues, Med Sci Sports Exerc. 1999 Nov;31(11 Suppl):S646-62.

[5] « Antistress, la cohérence cardiaque », par Florence Servan-Schreiber et Dr Frédéric Kochman – Topsanté.com mars 2016.

[6] https://www.anses.fr/fr/system/files/AP2011SA0088Ra.pdf

[7] Alain Rolland, Jacques Fleurentin et alii – Behavioural Effects of the American Traditional Plant Eschscholzia californica: Sedative and Anxiolytic Properties – Planta Med 1991; 57(3): 212-216.

[8] Akhondzadeh S. Passionflower in the treatment of generalized anxiety: a pilot double-blind randomised controlled trial with oxazepam. J Clin Pharm Ther 2001; 26:363-367

[9] Herrera-Arellano A. et al. Polysomnographic evaluation of the Valerianaedulis standardized extract suffering from insomnia, Panta Med, 2001, 67: 695-9

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